Source : http://www.debatunisie.com/

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C’est dans ce genre de drame national que l’on se rend compte de la vacuité politique du paysage tunisien. Essebsi comme on l’avait déjà prévu est incapable d’être à la hauteur de l’événement. Ce monsieur élu président est la pire escroquerie du siècle. Dire que l’on en est presque à regretter Tartour. Lui au moins avait le verbe. Feu Chokri Belaid aurait peut-être pu faire l’affaire.

Nouveaux paradigmes

Réfléchissons donc un instant à un nouveau discours possible. Maintenant que la Tunisie produit et exporte plus le Djihad que le phosphate, il y a lieu de révolutionner nos paradigmes culturels et politiques. C’est aujourd’hui que l’on se doit de faire preuve d’imagination et d’innovation. La réponse sécuritaire ne soigne que les symptômes. C’est une réponse court-termiste. Le mal ne se guérira jamais par la matraque. Élargissons donc un peu notre angle de vue :

Rappelons que la barbarie est inhérente à la condition humaine. La civilisation est née de la capacité de groupes humains à mieux canaliser leur barbarie, à la réduire, à la contrôler, voire à l’annihiler. Le contrat social est la manifestation de cette capacité. Il peut s’exprimer au travers d’une constitution, tradition ou religion. L’objectif du contrat c’est d’abord de minimiser l’impact des inégalités et injustices qui sont les moteurs de la barbarie. Il est souvent très triste de reconnaître que notre humanité se construit beaucoup plus par sa capacité à considérer le pire qu’à envisager le meilleur. Ainsi vont les choses.

Tunisie : « Une bonne partie de ces jeunes s’est envolée en Syrie. Les Tunisiens constituent, parait-il, le contingent le plus important de DAECH »

La Tunisie expérience humaine parmi tant d’autres, génère de l’inégalité depuis très longtemps. De la colonisation à la dictature, cette inégalité avait produit son lot de barbarie. Exercée surtout par l’Etat contre ses sujets, à l’aide de milices, armée, ou police, cette barbarie venue du haut, permettait d’entretenir artificiellement l’équilibre social.

La dite révolution avait apporté la promesse d’en finir avec cette fatalité. Après la chute du régime, il fallait se hâter d’écrire un nouveau pacte social (constitution). Nous avons réussi cet exploit, sans pour autant trouver la moindre solution contre la source première de la barbarie, à savoir les inégalités.

L’ironie du sort voudra que dans ce même lieu où fut rédigée la dite constitution (l’assemblée du Bardo), surgisse à quelques encablures (le Musée du Bardo) la plus ignoble barbarie pour nous rappeler nos échecs et notre incapacité à gérer collectivement nos clivages sociaux, nos injustices… nos inégalités. En quatre ans la société a continué à générer du ressentiment et de la frustration. Un bon nombre de jeunes issus des quartiers populaires et des « régions » en veut toujours au monde entier d’être né exclu des aménités de la ville, de ses loisirs, du travail, de l’amour, de l’éducation et de la vie digne *.

Une bonne partie de ces jeunes s’est envolée en Syrie. Les Tunisiens constituent, parait-il, le contingent le plus important de DAECH. Que faut-il encore attendre pour comprendre que les solutions sécuritaires ne pourront rien contre un phénomène de société? Que faut-il encore pour se pencher sérieusement sur la question de la barbarie tunisienne, devenue intrinsèque à nous?

La religion : Pourquoi donc nos historiens, intellectuels et savants, alors qu’ils reconnaissent le caractère éminemment politique et guerrier de l’Islam, continuent-ils encore à défendre les quelques parcelles « sympathiques » de ses textes sacrés?

Si la pauvreté est le moteur de la barbarie, l’Islam serait son carburant.

Cette religion offre suffisamment de symboles et de mythes pour donner du sens au nihilisme destructeur d’une jeunesse complètement déprimée.

L’Islam lui-même est né dans un contexte d’inégalité sociale. Le prophète Mohamed a révolutionné les paradigmes de son temps en inventant une idéologie capable de canaliser la barbarie latente -liée aux injustes de son époque- vers un projet plus global de conquête territoriale. Il offre dans sa mythologie toutes une panoplie de slogans et de symboles capables de mobiliser les foules au nom d’un ordre supérieur (Allah en l’occurrence).

Pourquoi donc nos historiens, intellectuels et savants, alors qu’ils reconnaissent le caractère éminemment politique et guerrier de l’Islam, continuent-ils encore à défendre les quelques parcelles « sympathiques » de ses textes sacrés?

Pourquoi donc devrait-on encore traîner une idéologie qui enflamme une partie de notre jeunesse paumée? Tout ça au nom de la tradition ? au nom des quelques « versets sympathiques »?

Pourquoi donc ne reconnaissons-nous pas, que ces textes sont DANGEREUX tant que notre système éducatif demeure défaillant et incapable d’inculquer l’esprit critique à nos jeunes?

Pitié, que ceux qui continuent à nous défendre l’Islam modéré et ses versets sympathiques fassent preuve d’un peu de modestie et qu’ils reconnaissent que le commun des mortels n’est pas aussi armé qu’eux pour comprendre la subtilité et les métaphores de concepts aussi équivoques que la guerre sainte, le Djihad, l’enfer ou le paradis.

Et puis surtout, l’Humanité n’a-t-elle pas produit suffisamment de chefs-d’oeuvre de littérature, de philosophie, de poésie et de musique, pouvant ainsi nourrir nos enfants et leur offrir tout ce que réclame l’intelligence, la sensibilité et la morale? L’Humanité est riche de savoirs pour éclairer des générations entières sans nul besoin de se farcir des textes équivoques, obscures, sous prétexte qu’il s’agit de la parole de Dieu.

Pourquoi donc cette insistance maladive à vouloir sauver les meubles, à vouloir défendre un héritage qui crée plus de problèmes que de solutions ?

* Parmi les terroristes identifiés, l’un est originaire du quartier populaire cité Ibn Khaldoun à Tunis, et l’autre du gouvernorat de Kasserine (zone économiquement sinistrée)

http://www.memri.fr/2015/03/23/tunisie-un-article-evoque-les-dangers-de-lislam-pour-un-public-vulnerable-et-non-averti/

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