Sur Twitter, un membre britannique de l’EI conseille les femmes sur le mariage avec des djihadistes

Le 18 mars, le combattant a téléchargé une photo de lui-même avec des enfants brandissant des AK-47 dans une école.

Le membre de l’État islamique (EI) Omar Hussain, alias Abou Said Al-Britani, de High Wycombe, en Angleterre, a publié un article dans lequel il donne des conseils sur le choix de leur futur conjoint aux jeunes femmes souhaitant se marier à un guerrier djihadiste, avant d’entreprendre tout voyage en Syrie. L’article, intitulé « Conseils de la hijrah aux sœurs se mariant aux moudjahidines sur Twitter », avertit les femmes des dangers du choix d’un conjoint en ligne. Il recommande aux femmes intéressées de ne pas succomber trop facilement au charme de l’image glamour de certains membres de l’EI sur les médias sociaux, précisant que les hommes qui postent des photos d’eux avec des fusils ne sont pas tous de réels guerriers.

En outre, il avertit que certains hommes se vantent de leur participation héroïque dans la lutte alors qu’en fait, ils n’étaient pas sur le front.

Abou Said enjoint les femmes à poser des questions précises à ces hommes pour se faire une idée plus précise de leur caractère. Des questions comme : la durée de leur séjour en Syrie, la durée de leur garde la plus longue, la dernière fois qu’ils se trouvaient sur le front et leur rôle dans l’État islamique. Il souligne que nombre de parfaits candidats au mariage en Syrie ne sont pas actifs sur les plateformes des médias sociaux, ainsi, les femmes ne doivent pas « se hâter d’accepter une proposition sous prétexte qu’il a une arme ». Au contraire, elles devraient s’attacher à des traits de caractère plus significatifs, comme l’ardeur pour le combat et le martyre, et la volonté de mériter une récompense divine de leur mari potentiel.

Abou Said Al-Britani réside dans la ville d’Al-Baab, au nord-est d’Alep, en Syrie. Il utilise sur Twitter le pseudonyme d’Abou Awlaki (@_abu_awlaki_5). Sa signature Twitter révèle qu’il est un ancien combattant de Jabhat Al-Nusra. En octobre, il est apparu dans une vidéo de l’EI, dans laquelle il menaçait les États-Unis et la Grande-Bretagne. Voir British ISIS Fighter Abu Said Al-Baritani Calls on Muslims to Carry Out Terror Attacks in the West.

Abou Said Al-Britani

Extraits :

Il semblerait que le nombre de sœurs qui font la hijrah [émigration] après avoir établi des liens avec des gens au Sham [Syrie] sur Twitter augmente. C’est une chose positive, si ces contacts sont d’autres sœurs. Toutefois, de nombreuses sœurs ont tendance à épouser des frères avec lesquels elles ont pu interagir sur Internet.

S’il n’y a rien de mal à épouser un frère qui est constamment en ligne, j’aimerais seulement préciser qu’il vaut mieux ne pas se précipiter dans un contrat de mariage.

Je demeure au Sham depuis un peu plus d’un an maintenant et je vois beaucoup de magnifiques frères, fidèles à leur ibaadah [culte], des guerriers en première ligne, dotés d’étonnants esprits militaires, généreux envers les autres, humbles, drôles, etc., et qui sont pourtant inconnus sur les médias sociaux.

Le mariage n’est pas une mince affaire, c’est un élément important de la vie, aussi je conseille sincèrement à mes sœurs de ne pas se précipiter pour choisir un frère [pour le mariage].

Par exemple, je connais personnellement un frère qui s’est enfui de la ligne de front, alors que nous étions seuls à défendre un poste. Je me souviens de lui avoir crié de revenir quand il a pris la fuite, me laissant seul à défendre la position. Ironiquement, ce frère s’est connecté le lendemain et a loué la façon dont la Dawlah [l’EI] a réussi à se défendre contre une attaque de l’ennemi, et ajouté que les Occidentaux devaient « cesser d’être des lâches ».

En d’autres occasions, j’ai remarqué que certains frères louent « notre » attaque de tel ou tel village, racontent à quel point la bataille était dure pour « nous », etc., alors qu’ils n’y étaient même pas. [Cette vanité est] une forme de tadlis (déformer la vérité pour obtenir un éloge), et non une caractéristique découlant de l’humilité et de la sincérité.

Donc, chères sœurs, soyez prudentes et réfléchissez bien avant de choisir un conjoint. Nous ne sommes que des êtres humains, nous nous trompons et faisons des erreurs. Les intentions de certaines personnes peuvent s’avérer trompeuses, surtout sur les plateformes de médias sociaux…

De nombreuses sœurs ressentent de l’enthousiasme lorsqu’elles arrivent au Sham et cette excitation devant la perspective d’épouser un moudjahid peut brouiller l’esprit et la logique. Tous les moudjahidines ne répondent pas à l’image que l’on s’en fait. Si quelqu’un est toujours sur Twitter à publier des photos de lui-même, demandez-vous pourquoi il n’est pas en ribat [tour de garde], en particulier compte tenu du fait qu’il est interdit d’emporter du matériel électronique sur le front.

Un frère peut être constamment sur Twitter, Facebook, Instagram ou d’autres plateformes de médias sociaux, tout simplement parce qu’il n’est pas sur le front. Et les raisons pour lesquelles un individu n’est pas [présent] en permanence sur le front sont limitées. Soit il est blessé, soit il travaille dans l’administration, la police, le département de fabrication de bombes ou quelque chose de ce genre.

Le fait d’être au Sham et de détenir une arme à feu ne signifie pas être un moudjahid. L’immaturité peut surexciter un homme, et être surexcité pousse à publier des photos en ligne avec une arme à feu. Quel en est l’avantage concret ? Je vous laisse méditer à ce sujet.

Alors, quelles sont les questions que vous devriez poser à un conjoint potentiel avant de l’épouser ? Pour en énumérer quelques-unes, je dirais :

1) Quel est son rôle dans l’État [islamique].

2) Pourquoi n’est-il pas actuellement sur le front.

3) Combien de temps s’est écoulé depuis la dernière fois qu’il était sur le front.

4) Quel est le plus long laps de temps qu’il a passé en ribat [tour de garde].

5) Depuis combien de temps est-il au Sham [Syrie]…

Profil Twitter d’Abou Said

Voici maintenant un rapide aperçu de ces cinq questions.

Question 1 : Son rôle dans l’État vous permettra de savoir s’il est un moudjahid ou un auxiliaire de l’État. Les deux sont respectables, sans nul doute, mais l’honneur d’un moudjahid, qui se trouve aux premières lignes et tire sur l’ennemi, est en effet un rôle plus noble. Mais la simplicité d’esprit de beaucoup de sœurs les porte à croire, à tort, que quiconque ici détient une arme à feu est un moudjahid. Chaque « frère du Dawlah » a un fusil, qu’il soit mourabit[combattant sur le front], agent de police, gardien aux postes de contrôle, médecin, juge, ou gardien des abris. Ainsi, ne vous hâtez pas d’accepter une proposition [de mariage] simplement parce qu’il a une arme.

Question 2 & 3 : Savoir pourquoi il n’est pas actuellement sur le front, et depuis combien de temps il n’est pas en service vous aidera à évaluer sa volonté à combattre et mourir [pour Allah]. Quelques-uns viennent ici et après avoir connu les difficultés du ribat et de la guerre, ont tendance à chercher d’autres postes. Aucun amir [commandant] de bataillon ne permet à ses soldats de quitter le ribat pendant de longues périodes sans excuse valable, alors intéressez-vous à la raison pour laquelle il n’est pas sur le front. N’ayez pas peur de poser des questions franches qui le mettent sous le feu des projecteurs. C’est votre droit de savoir…

Question 4 : Connaître la plus longue durée où il était en ribat vous aidera, de nouveau, à évaluer son empressement et son amour pour recevoir l’ajar [récompense divine]. Car la vie en ribatpeut devenir très difficile parfois et c’est un véritable test de patience. La [rotation] habituelle est soit deux semaines de ribat et 2 jours de congé, soit trois semaines de ribat et trois jours de congé. Toutefois, cela dépend du bataillon. Sa réponse vous donnera une indication pour savoir s’il aime le ribat ou s’il le voit comme un fardeau.

Cependant, ne soyez pas rebutées par quelqu’un qui reste longtemps en ribat, en pensant qu’il n’aura pas de temps pour vous. En fait, les rotations de garde diffèrent entre frères mariés et célibataires. Ainsi, le temps que vous passez avec votre mari sera finalement le même…

Question 5 : La durée de son séjour au Sham [Syrie] n’est pas nécessairement un problème majeur, mais la plupart des frères ont tendance à mûrir proportionnellement au temps qu’ils passent ici. Un an au Sham est une bonne durée pour gagner en expérience et devenir un moudjahid. Et il aura probablement dépassé le stade de l’auto-admiration…

Conclusion : Je conclus en répétant ce que j’ai dit ci-dessus ; ne soyez pas pressées de choisir un conjoint. Il y a beaucoup de frères ici au Sham. Que votre empressement à épouser un moudjahid ne vous amène pas à être trop hâtive sur cette question…

N’ayez pas peur de rejeter une proposition, il y a beaucoup de frères ici, au Sham. Et certains des plus magnifiques sont ceux qui sont toujours au ribat et restent totalement inconnus sur les plateformes des médias sociaux.

Réfléchissez, prenez votre temps et [demandez l'avis d'Allah] sur la question.

En outre, mon intention n’est pas de rabaisser un quelconque frère ici, au Sham. Allah connaît mes intentions et récompense d’après les intentions. Sans doute faire la hijrah et le djihad sont de grandes qualités chez un homme. Mais ils ne sont pas les seules caractéristiques d’un mari parfait.

[1] Twitter.com/_abu_awlaki_5, 4 mars 2015.

http://www.memri.fr/2015/03/31/sur-twitter-un-membre-britannique-de-lei-conseille-les-femmes-sur-le-mariage-avec-des-djihadistes/

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