Des chrétiens de Nutangram un village du Bengale occidental sont encore meurtris par les coups portés par des musulmans radicaux le 30 mars dernier, rapporte un article de Bos News Life du 12 avril. Une centaine de fondamentalistes avaient interrompu leur réunion de prière, les avaient molestés et leur avait donné la chasse sous le regard d’environ 500 musulmans. Les assaillants avaient encouragé leurs coreligionnaires femmes à frapper les protestantes. Bien que la police soit intervenue, il n’y avait pas de nouvelles quant à d’éventuelles arrestations deux semaines après.

Nutangram est un village majoritairement musulman, et les pressions sur les chrétiens y sont vives. Déjà le 9 mars dernier, Rekha Khatoon, une jeune femme de 22 ans, avait été bannie du village après avoir été battue par les islamistes et ses parents et traitée de païenne parce qu’elle s’était convertie au christianisme. L’agence Fides précise que les parents de la fille sont, eux, hindous. Dans cette localité, il ne restait alors plus que 5 foyers chrétiens après que les musulmans radicaux avaient menacé de mort 25 familles de cette religion ou intéressées par elle. Aimazan Bibi, une protestante qui avait accompagné la jeune femme dans sa conversion avait été harcelée. C’est dans sa maison et celle de son mari Gaffar Shaike qu’étaient réunis les chrétiens du village le 30 mars pour un repas et un moment de prière, quand la foule a surgi.

Aimazan Bibi a été frappée à la tête, à l’estomac et sa main a été profondément entaillée. Après s’être acharnée sur elle, les islamistes ont agressé d’autres chrétiens et les ont poursuivis, armés de couteaux et menaçant de les tuer. Autour de 500 spectateurs musulmans ont observé, amusés ou simplement curieux, la scène, dans la rue, devant leurs maisons et depuis les toits des maisons, tandis que les chrétiens, dont des enfants en pleurs, couraient dans tous les sens. Les adultes étaient sans cesse arrêtés à tous les coins par des islamistes qui jetaient des déchets sur eux, les insultaient et les frappaient. Les chrétiens ont supplié les radicaux de les laisser s’en aller pendant que ces derniers les menaçaient de souffrances plus grandes s’ils ne reniaient pas leur foi dans le Christ. En fuyant le village pour se réfugier chez l’un des leurs à deux kilomètres de là, des victimes ont croisé des policiers qui sont alors intervenus. Une chrétienne a demandé plus tard aux forces de l’ordre pourquoi les islamistes pouvaient toujours les attaquer.

Loin du poète bengali, Tagore

Parlant des dogmes et institutions des religions, le célèbre poète du Bengale occidental, l’hindou humaniste en recherche de la transcendance et opposé à la violence religieuse, Rabindranath Tagore, a écrit dans les années 1880 : « Les temples et les mosquées obstruent ton sentier, et j’échoue à entendre ton appel ou à bouger quand les maîtres et les prêtres me cernent avec colère » (1), et c’est, en un sens plus concret, ce qu’ont vécu ces chrétiens bengalis privés de liberté de mouvement, entourés par une foule plus ou moins hostile, et à la liberté religieuse tronquée.

Si le Bengale occidental est connu pour avoir été le lieu de vie de Mère Teresa, appréciée par les divers croyants, les chrétiens n’y représentent qu’une infime minorité dominée par les hindous et dans certaines régions par les musulmans qui constituent respectivement 71 et 27% de la population de l’Etat. Les attaques répétées de musulmans sont cependant une affaire récente contrairement à ce qui se produit dans d’autres Etats indiens. A Nutangram, les musulmans radicaux ont interdit aux chrétiens d’acheter et de vendre dans le village et les empêchent d’utiliser les bains publics et l’eau en général. En décembre 2009, après avoir été chassés de leur localité plus d’un an auparavant, d’autres chrétiens du Bengale occidental n’avaient toujours pas pu revenir chez eux. Les chrétiens bengalis attendent toujours la liberté tant espérée par Tagore.

(1) Rabindranath Tagore, « The Religion of Man », Unwin Books, 1963, p. 69.

 http://fidepost.com/

Retour à l'accueil