Dans le Toronto Sun, Peter Worthington parle d'un article d'Ayaan Hirsi Ali dans le Huffington Post. Ayaan critique ceux qui prônent l'autocensure pour prévenir la violence des fanatiques. Elle n'est pas la seule. Al Spittoon, le site d'un britannique d'origine pakistanaise, dénonce l'incroyable condescendance de ceux pour qui les musulmans sont des êtres irrationnels incapables de contrôler leurs pulsions violentes. Il cite un article de Aymenn Jawad Al-Tamimi dans The Spectator sur la lâcheté de la gauche progressiste qui capitule devant l'obscurantisme au lieu de défendre ses valeurs.

Charlie-ho-mo____________________________

[...] Selon Ayaan Hirsi Ali, la réaction au plasticage des bureaux du magazine satirique français Charlie Hebdo à Paris fournit un autre exemple de la crainte des sociétés occidentales d’offenser les extrémistes islamiques. [...]

Hirsi Ali note que certains commentateurs rationalisent l’attaque en invoquant le fait que «le numéro offensant du magazine a provoqué une réaction violente prévisible de la part d’extrémistes». Elle cite un article du responsable du bureau du Time à Paris, Bruce Crumley, disant que se moquer de l’islam équivaut à «appeler ouvertement la réponse violente des extrémistes que leurs auteurs se targuent de défier au nom du bien commun. En quoi le bien commun est-il servi en semant la division et la colère et en invitant une réaction belliqueuse ?».

Hirsi Ali souligne que les «dessins grossiers et offensants des leaders du monde ainsi que les caricatures de Jésus et du pape» donnent rarement lieu à des réactions violentes. L'effet du raisonnement du Time est le suivant : «dans une société libre, un journal peut ridiculiser et stigmatiser qui il veut, sauf ceux qui démontrent une volonté de répondre par la violence. Les groupes extrémistes doivent être mis à l'abri de la satire ou de la critique, sinon la publication offensante sera blâmée pour le carnage en résultant».

En d'autres termes, l'autocensure s’impose – une réalité que connaissent les médias canadiens quand il s’agit des extrémistes islamiques. Hirsi Ali cite des exemples d'autocensure aux Etats-Unis : le refus de Yale University Press de reproduire les caricatures danoises de Mahomet dans un ouvrage portant sur la controverse autour de ces caricatures «par crainte de s’attirer les foudres des factions islamiques militantes». Randon House a annulé la publication d'un roman historique sur la vie de la plus jeune épouse de Mahomet, Aïcha. «Comedy Central a censuré un épisode de l'émission South Park montrant Mahomet vêtu d’un costume d’ours».

Hirsi Ali dit que «la crainte de la violence islamiste» a inhibé la discussion critique du coran et «réduit au silence ceux qui voudraient dénoncer le traitement des femmes dans certaines communautés islamiques». Par conséquent, le message est que «les musulmans en général sont violents et mieux vaut éviter de provoquer … accordons-leur un traitement spécial. Quand on y réfléchit, ce message en apparence bien intentionné et louable est en fait dénigrant et raciste.»

La satire et les questions des médias font partie des risques de la démocratie. Pour les militants islamistes, toutefois, « il n'y a aucune différence idéologique entre le plasticage du siège d’un journal et le meurtre d'un cinéaste comme Théo Van Gogh». Cela dit, la majorité des musulmans non-militants n’aiment peut-être pas la satire de Mahomet mais ils comprennent et acceptent la libre expression. Ils sont les premières victimes de la minorité d’extrémistes et de la lâcheté de ceux pour qui la capitulation devant les menaces de violence est une vertu.

 

 

 

 

 

 

Sources  : Extremists hurt non-militant Muslims the most, par Peter Worthington, Toronto Sun, 9 novembre 2011 et Traduction par Poste de veille

Retour à l'accueil