Cet article fait partie de la série publiée par le politologue Salim Mansur sur l'immigration. Suivre le lien sous l'image pour le premier article.

Salim Mansur, professeur de sciences politiques à l'Université Western en Ontario, publie le premier d'une série d'articles sur l'immigration.

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Pour quelles raisons le gouvernement fédéral, indépendamment du parti au pouvoir – conservateur ou libéral – garde-t-il le robinet de l’immigration ouvert sans égard au caractère cyclique d’une économie ouverte ?

Salim-mansur-nomLa réponse tient en partie au rôle du lobby pro-immigration, une industrie profondément enracinée à Ottawa et selon laquelle le bénéfice net de l'immigration pour l'économie excède, avec le temps, les coûts sociaux nets.

Dans son livre Immigrants : Your Country Needs Them (2006) (les immigrants : votre pays a besoin d’eux), Philippe Legrain, un économiste basé à Londres (Angleterre), plaide pour un accroissement de l’immigration des pays moins développés vers les pays développés. Son plaidoyer est basé sur des arguments économiques, citant l’exemple de l’immigration aux États-Unis, et des arguments éthiques de justice sociale.

L’ouvrage de Legrain est un bel exemple de l’argumentaire du lobby pro-immigration en faveur d’une augmentation du nombre d’immigrants. Ce plaidoyer prône l’ouverture des frontières des pays riches pour aider les pays pauvres en laissant ouvert le robinet de l’immigration, ce qui a aussi pour effet de corriger le déséquilibre démographique dans les pays riches dû à la forte baisse du taux de natalité.

En Occident, la majorité des élites politiques, médiatiques, intellectuelles et du monde des affaires appuient le plaidoyer pour les frontières ouvertes, car leur statut les met généralement à l’abri des effets des ralentissements cycliques de l’économie. Ce plaidoyer tend également à démontrer que les partisans de l'ouverture des frontières sont plus sophistiqués que ceux dont les arguments sont fondés sur l’idéologie éculée du nationalisme dans une économie mondialisée.

On ne peut manquer d’observer que c’est dans les pays généralement les plus ouverts à l’immigration que le lobby pro-immigration plaide pour l’ouverture des frontières. En outre, les partisans de ce plaidoyer rejettent généralement avec dédain les préoccupations de ceux qui subissent les effets négatifs du taux élevé d’immigration sur le marché du travail, surtout en période de ralentissement économique.

Au fil du temps, les postulats de la politique des frontières ouvertes sont devenus, dans les faits, la ligne de fracture politique au Canada et dans d'autres pays occidentaux entre l'élite et le grand public de plus en plus inquiet de la transformation, peut-être irréversible, des fondements culturels traditionnels de leur société sous l’effet de l’immigration de masse.

Cette division s’est accrue, et les débats sur le nombre d’immigrants sont devenus acrimonieux. Dans le sillage du 11 Septembre, l’inquiétude sur les effets négatifs de l'immigration de masse est légitime et deviendra de plus en plus une source de divisions.

Source : Pro-immigration rallying cry: Let them in, par Salim Mansur, Toronto Sun, 21 janvier 2012. Extraits traduits par Poste de veille

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