Farzana Hassan dénonce haut et fort le politiquement correct des progressistes et des multiculturalistes qui sont davantage préoccupés de ménager la sensibilité des fondamentalistes que de protéger la vie des musulmanes. Elle établit clairement le lien entre la conception dégradante de la femme véhiculée par les fondamentalistes, et les crimes d'honneur.

Dans un récent éditorial dans Le Devoir sur le quadruple crime d'honneur dans la famille Shafia, Josée Boileau écrit que l'islam le plus dangereux n'est pas celui des prédicateurs extrémistes de l'iREA récemment invités à Montréal par l'association des étudiants musulmans de l'université Concordia, mais celui qui se vit en famille et qu'on ne veut pas voir. Ce que Mme Boileau semble ne pas voir, et que les multi/interculturalistes ne veulent pas voir, c'est que l'un mène à l'autre : l'islam radical répandu sur les campus universitaires et dans bien des mosquées et centres islamiques perpétue la culture de l'honneur dans les familles, laquelle mène au crime d'honneur.

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[...] Dans un récent communiqué de presse, le Conseil canadien des femmes musulmanes a appelé les crimes d’honneur des «meurtres coutumiers». Le député libéral Justin Trudeau a également reproché au gouvernement conservateur de qualifier ces crimes de «barbares». [...]

Il y a plusieurs raisons à ces détournements du langage et à l’obscurcissement de la réalité des crimes d’honneur qui en découle. Certains craignent les islamistes et évitent la terminologie établissant un lien entre ces crimes et l’islam fondamentaliste. Les multiculturalistes de gauche croient également qu’il faut respecter chaque sous-culture au Canada malgré l'abus massif des femmes au sein de ces communautés. Ils rejettent donc certains mots vus comme ayant une forte charge culturelle. En outre, ces progressistes promeuvent l'idée selon laquelle ces meurtres se produisent dans toutes les communautés religieuses et ethniques. En voulant paraître ouverts et respectueux de la diversité au Canada, ils tolèrent sans le vouloir des pratiques misogynes au sein de ces communautés.

Le temps est venu d’appeler un chat un chat. Les meurtres des sœurs Shafia (si les accusés sont reconnus coupables), d’Aqsa Parvez et des autres victimes de la fureur islamiste sont des crimes d'honneur ; il ne s’agit pas de crimes coutumiers ou de violence domestique Il est impératif d'utiliser une terminologie précise pour décrire ces crimes et la pathologie qui les inspire. Le lien entre ces crimes et l'honneur comme construction sociologique est indéniable. La notion d’honneur est ancrée dans la conception médiévale des femmes comme propriété des hommes, qui sont responsables de leur conduite. L’islam ultraorthodoxe encourage certainement ce point de vue par l’emphase qu’il met sur la ségrégation des sexes et le port du voile. De plus, les hommes ont la responsabilité de voir à l’application de cette ségrégation, par des mesures punitives si nécessaire.

Selon ce point de vue, une femme ne doit même pas parler à des hommes non membres de sa famille car cela pourrait conduire à l'immoralité et à la promiscuité. Ces rôles sexuels strictement délimités deviennent fermement ancrés dans l’esprit des fondamentalistes. Ainsi, pour ces fanatiques religieux, les femmes ayant bravé les normes sociales, culturelles et sexuelles doivent être sévèrement réprimandées et punies. Les hommes doivent aussi exercer sans hésitation leur autorité et leur contrôle sur les femmes, à défaut de quoi ils seront perçus comme des hommes faibles. Parfois, ils estiment qu’ils doivent tuer une femme pour démonter leur autorité ultime. Pour eux, c’est la seule façon de retrouver leur honneur perdu. C’est leur manière de prouver au monde que peu importe ce que font les femmes, les hommes exercent le contrôle ultime sur leur vie. Bien que les meurtres d'honneur se produisent aussi dans d'autres communautés patriarcales, l’obsession de l’islamisme pour le contrôle de la sexualité des femmes explique que les crimes d'honneur sont beaucoup plus susceptibles de se produire chez les musulmans fondamentalistes. [...]

 

 

 

 

 

 

Sources : Poste de veille  We shouldn't hesitate to call honour killings barbaric, par Farzana Hassan, Calgary Herald, 6 novembre 2011. Traduction partielle par Poste de veille

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