APPhoto/Rebels Battalion of Baba Amro

L’Armée Syrienne Libre est supposée être une organisation démocratique, combattant à la fois les djihadistes et l’armée de Bachar Al-Assad, ce qui justifierait l’engagement de la Coalition à ses côtés. Le doute est permis. 

Fondée officiellement en 2011, l’Armée Syrienne Libre (ASL) se présente comme la principale force d’opposition au régime de Bachar Al Assad. Elle serait composée de déserteurs de l’armée régulière et aurait pour objectif de mettre en place une démocratie à l’occidentale. Outre le fait que l’expérience des « printemps arabes » passés pourrait nous mettre en garde contre ce type de « mouvement providentiel », la nature de cette entité aurait dû empêcher les pays occidentaux de lui venir en aide.
 
La patte de la Turquie
L’état-major de cette armée est basé en Turquie, et c’est là aussi que le premier camp d’entraînement est situé, strictement contrôlé par Ankara. Selon Georges Malbrunot, « le service de renseignements turc contrôle ses mouvements tandis qu’un agent du ministère des Affaires étrangères répond aux demandes d’entretien que les journalistes souhaitent réaliser avec le chef de l’ASL ». Or le pouvoir Turc a un intérêt direct dans le renversement de la Syrie, vieil ennemi et allié de la Russie. On peut douter de la pureté de ses intentions (voir Aleteia). Plus grave, la structure de cette organisation semble pour le moins difficile à appréhender. Le manque de coordination sur le terrain entre les différents groupes tend à prouver qu’il s’agit plutôt d’un nom que se donne des groupes d’opposants pour se distinguer des djihadistes. Mais selon le chercheur suédois Aron Lund qui a publié un article sur la question, « sur le terrain, ils font ce que bon leur chante ».

Des liens louches avec les djihadistes
Ouvertement ou non, de nombreux membres de l’ASL ont rejoint les rangs des djihadistes, notamment le front Al Nosra, une filiale d’Al Quaeda dédiée à la chute de Bachar Al Assad. Pendant longtemps, disposer d’un « sigle ASL » offrait de bonnes chances d’être soutenu par l’occident. En certaines circonstances, les membres de l’ASL ont été soutenus par les forces spéciales de certains membres de la Coalition (Jordanie, Israël, Etats-Unis, Grande-Bretagne et France). Ils ont ainsi obtenu des armes sophistiqués, comme des missiles antichars TOW ou antiaériens Stinger. Mais leurs actions sur le terrain auraient dû prévenir les pays occidentaux contre le fait de les soutenir.

Des exactions dignes de l’EI
Une série de vidéos sont notamment venues ternir la réputation de l’ASL, comme le révèle un article du Huffington Post titré « la face obscure de l’Armée Syrienne Libre ». Outre qu’ils ont été condamnés par Human Wright Watch pour avoir utilisé des enfants soldats, plusieurs cas d’exécutions sommaires, voire d’actes de barbarie ont été relevés, sans que le soutien de la Coalition pour cette organisation ne cesse pour autant. Leur attitude à Alep, où ils ont cherché à punir la population pour son soutien à Bachar Al Assad, évoque peu celle de combattants de la liberté : ils ont volé les récoltes de blé pour les revendre en Turquie, se sont emparés des médicaments… Et dans les quartiers qu’ils ont investis, la charia a été instaurée peu après leur prise de contrôle, et cela dans un pays qui n’a jamais connu la charia !

Peut-on imaginer que la nature profonde de cette organisation polymorphe ait été ignorée par les services de renseignements occidentaux lorsqu’ils ont décidé de soutenir l’ASL ? Il est possible, voire urgent, d'en douter.
http://www.aleteia.org/fr/international/article/ce-que-lon-nous-cache-sur-les-democrates-syriens-5868919038410752
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