Les peines infligées ne font pas peur aux petites frappes qui passent à la vitesse supérieure.

Image: Laurent Guiraud

Les multirécidivistes arrêtés samedi après l’agression d’une septuagénaire affichent un parcours révélateur d’un phénomène observé par la police: les petits délinquants venus du Maghreb passent la vitesse supérieure en termes de délits et de violence. Les peines infligées ne leur font pas peur. Et ils ne peuvent être refoulés.

«Depuis un ou deux ans, certains menacent leur victime avec un couteau ou l’agressent pour obtenir le butin recherché: un sac, une chaîne en or ou un smartphone», décrit François Schmutz, chef de la police judiciaire (PJ). Si le nombre de «brigandages de rue» reste stable, ils sont commis avec plus de violence. Autre constat: «Certains se sont reconvertis dans les cambriolages, en employant la violence, à l’instar de celui commis samedi dernier», relève-t-il. Ils s’introduisent dans les appartements, de jour comme de nuit. S’ils tombent sur une personne, ils n’hésitent pas à la menacer, voire à la frapper pour obtenir argent, cartes de crédit ou valeurs. Si le nombre de brigandages violents est stable, «c’est le degré de violence qui s’accentue».

Les cas de cambriolages ont par ailleurs explosé l’an passé par rapport à 2010. En clair, la moyenne de trente opérations par jour a largement été dépassée. Ces statistiques seront dévoilées en détail à la fin du mois de mars. A travers ce sordide fait divers, la question des peines infligées aux multirécidivistes se pose. Olivier Jornot, futur procureur général, rappelle que «depuis la réforme du Code pénal suisse en 2007, la récidive ne figure malheureusement plus dans la liste des circonstances aggravantes. Néanmoins, il est parfaitement possible de prendre en compte les antécédents et de requérir une sanction plus lourde contre ceux qui violent sans cesse la loi. Je veux que le message soit clair: on ne peut admettre que des gens s’installent durablement dans la délinquance.»

Mais les sanctions pénales restent parfois sans effet. Des mesures d’expulsion peuvent alors être prononcées par l’autorité administrative. Leur application reste pourtant hypothétique: la Suisse peine à négocier des accords de réadmission ou à obtenir leur ratification avec certains pays, comme l’Algérie. «Depuis plusieurs années, nous avons affaire à des ressortissants de pays d’Afrique du Nord issus de certaines banlieues, qui ne peuvent pas être refoulés», observe François Schmutz. Et depuis le Printemps arabe, leur nombre s’accroît. Il est évalué à plus de 200, selon des sources policières.

Source (TDG)

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