La gauche a toujours produit ses propres électeurs grâce à diverses inféodations (aux syndicats, aux immigrés, aux associations antiracistes, aux universalistes absconts et droits-de-l’hommistes de tout poils). Elle produit alors sa propre “culture » qui s’insinue dans les idées les plus personnelles, dans l’éducation et dans les gestes les plus banaux de la vie quotidienne des français. Stratégie vicieuse, mais payante. Mais il y a quand même des limites. Notamment lorsqu’elle s’attaque à des personnes incapables de se défendre et de riposter : l’enfance et la jeunesse, ces âges où tendresse et ingénuité sont la meilleure terre pour y semer ses graines idéologiques… Les grandes dictatures du XXème siècle l’avaient bien compris. Le parti socialiste aussi.

 

Le manuel de la parfaite propagande idéologique de gauche se présente sous la forme d’une feuille de route « pour les 5, 10 et 15 ans », adoptée par le bureau national du PS en décembre 2011 : voici la « convention égalité-réelle du parti socialiste » qui, en sa première partie, présente les mesures pour l’éducation des jeunes français. Ce document propose non pas d’éduquer, mais de rééduquer. Ce n’est qu’une longue stratégie d’implatation durable de l’idéologie gauchiste dans le système éducatif : le “social résoudra tout”, le sport, l’art et la « culture » doivent remplacer les enseignements classiques, et la “mixité sociale” est l’ultime but de l’école. Car l’idée profonde, c’est que ce n’est pas aux élèves de s’adapter à l’école républicaine, mais bien plutôt que « l’école s’adapte à la personnalité et aux besoins de chacun des élèves« . Plongée dans un document stupéfiant.

Une science du “progrès social” qui nous sauvera tous

Et les socialistes ressortent leur épistémologie politique obsolète, usant de termes inopérants aujourd’hui sans une sérieuse auto-critique : « Nous, socialistes, voulons faire en sorte que reprenne la marche du progrès social. » – “progrès social”, tout est dit : le social est à la base de tous les problèmes, donc il est aussi la clef de tous les problèmes. On nous ressert la dialectique matérialiste marxiste qui ramène tout à l’immanence d’une lutte des classes, et donc, in fine, à de l’argent – car l’argent est finalement la grande obsession de la gauche, bien plus que de celle la droite, qui le croirait ? Et pourtant, il faut en convenir, et avec conviction, je cite : « notre conviction est que la mobilité dans la hiérarchie sociale sera d’autant plus facilitée que les barreaux de l’échelle sociale seront proches les uns des autres. Moins la distance est grande entre les différentes catégories sociales, plus il est aisé de circuler entre elles. ». D’où la création d’un indispensable « indice de mixité sociale« .

Source de tous les maux, l’inégalité les justifie tous, et nous replonge dans la culture de l’excuse : « La difficulté pour certains jeunes d’identification à l’institution scolaire, l’échec scolaire, les inégalités sociales, les discriminations, le mal-être sont autant de vecteurs alimentant les violences quotidiennes. ». Évidemment, puisque c’est entièrement de la faute d’une société pas assez “sociale” que certains jeunes décrochent du système éducatif, il faut pallier aux insuffisances de cette société et remettre un coup de social. Par exemple en créant « un dispositif nouvelle chance, ouvert dès la sortie du système scolaire, comprenant un revenu et un suivi avec un référent unique et une prise en charge d’une formation complémentaire ». Il faut évidemment récompenser d’emblée le jeune récalcitrant en lui fournissant un revenu et toutes l’armée sociale à disposition (éducateurs laxistes, grands-frères, psychologues de l’excuse, etc.). Je me rappelle d’un ami qui travaillait comme surveillant dans deux collèges : l’un tout à fait classique, et l’autre en ZEP. Ce dernier mobilisait quasiment plus d’« acteurs sociaux » que d’élèves. Sans aucun résultat. En plus de l’inégalité de traitement entre les établissements, il y a l’absence totale de résultat probant. Plus d’argent ne veut pas dire plus de résultat ; l’argent ne résout pas tout… La gauche ne semble toujours pas l’avoir compris.

Une dé-formation par la “culture” bien choisie

« Le génie de la gauche fut d’introduire le ver idéologique dans le fruit de la vie quotidienne. Tout, loisir, fête, divertissement, rencontres, tout désormais allait faire tripe culturelle. », rappelait génialement Philippe Tesson en septembre 2009 dans le Figaro magazine. Nos grands utilisateurs d’argent public dans les collectivités et les mairies – celle de Paris en tête – sont très friands de « culture » et d’ « art ». Nul ne s’en cache désormais. De fait, l’art n’est plus « délibérément écartées des procès de consommation et d’utilisation», comme le disait Hannah Arendt, mais il est désormais « délibéremment encarté dans le procès de propagande idéologique de la gauche ».

Sans sourciller, les socialistes proposent donc « une nouvelle architecture des enseignements, plus transversaux, plus ouverts sur les activités artistiques, culturelles et sportives » ; puisque nos enfants sont beaucoup trop gavés de littérature, de mathématiques et d’histoire – évidemment – il faut bien les ouvrir aux activités « artistiques » telles les concoivent les élus de gauche par exemple, à l’ouverture à la culture – qui doit surement vouloir dire « aux autres cultures », à la “culture” de gauche, ouverte, neuve, moderne – et au sport, qui permettrait de mettre fin à cette discrimination terrible entre les intellos, bons en maths et en français, et les sportifs, bons pour courir et taper dans un ballon…

 

Cœur et principe de l’éducation des français : la « mixité sociale et ethnique »

Cette « convention égalité réelle », censée traiter des problèmes éducatifs, n’est en fait qu’un panégyrique de la « mixité sociale », une expression fourre-tout qui revient plus d’une vingtaine de fois dans le court document. Plus préoccupé d’égalitarisme et de mixité que d’excellence et de mérite, le socialisme se fait un devoir de »traiter les inégalités à la racine« . L’égalitarisme devient la finalité ultime de l’éducation nationale. Évidemment, si « l’évaluation chiffrée est facteur de stress et de compétition« , il est préférable de faire autre chose, tout en modifiant ces évaluations : mettre tout le monde sur un pied d’égalité forcé, ce n’est surtout pas permettre aux bons de se différencier et aux mauvais écoliers d’avoir de mauvaises notes. L’évaluation portera donc sur les « compétences » et le « progrès » des écoliers, afin de niveler au maximum les différences entre les élèves. C’est ça aussi, l’égalitarisme.

Cela commencera par la formation des enseignants, que la gauche a en main depuis si longtemps déjà : « Accompagner et former les enseignants en intégrant à leur formation initiale et continue des modules permettant d’appréhender les mécanismes de domination et de les déconstruire avec les élèves. ». Rééducation à la diversité éthnique et sexuelle qui s’insinuera jusque dans les programmes, accrochez-vous bien :

- »Nous veillerons à ce que les manuels scolaires ne véhiculent d’aucune manière que ce soit les stéréotypes sexistes, racistes, homophobes ou transphobes ».

- « Il est nécessaire de montrer que la France a toujours été traversée par des vagues de migrations » .

- « Pour tous les élèves, de la classe de CP à la terminale, et tous les ans, 6 heures d’éducation à la sexualité, à l’égalité et au respect mutuel, seront assurées. »

(sic.)

Vous pensez encore avoir une chance d’y échapper, grâce à l’enseignement libre ? Vous vous trompez. Même l’enseignement privé ne sera pas préservé de cette idéologie de l’idéologie de la mixité ethnique et sexuelle : « Par ailleurs, une juste contrepartie du financement public dans les établissements privés sous contrat impose qu’ils soient également soumis à des objectifs de mixité sociale. ». En gros, si vous avez réussi à avoir plus de 50% de jeunes de banlieue dans vos classes – si possible d’origine africaine ou maghrébine, c’est mieux – vous avez rempli entièrement votre mission éducative ; vous pouvez remballer et partir à la retraite.

Bref, la mixité n’est ni un fait, ni un moyen : c’est une fin en soi. Et utiliser des êtres humains pour une fin, c’est une idéologie plus que douteuse, et certainement dangereuse. La mixité passe avant la qualité, la couleur de peau ou l’adresse postale avant le mérite ou l’excellence, donc, finalement, l’idéologie avant l’éducation républicaine.

  Lorsqu’on apprends que les socialistes « feront de la première année de leur mandat une année « Grande cause nationale pour la jeunesse » », il y a de quoi être effrayé… Entre temps, je vous donne rendez-vous pour le second volet consacré au programme éducation de la gauche, avec un second volet : « 2° – comment le PS a déjà réussit à rééduquer nos enfants ».

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PS : Je vous offre quelques autres pépites pour patienter (parmi beaucoup d’autres) :

« Nous souhaitons également que la maternelle devienne obligatoire dès l’âge de 3 ans.. »

« relancer l’élévation du niveau de qualification en atteignant enfin l’objectif de 80% d’une classe d’âge au niveau du bac (contre 63% aujourd’hui) et 50% au niveau licence. »

« Nous souhaitons que les mineures et les mineurs aient accès à une contraception gratuite et anonyme auprès des médecins généralistes. »

 

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