OLJ/Agences | 29/03/2012

"Al-Azhar annonce qu'elle ne participera pas à cette commission où elle n'est pas correctement représentée", peut-on lire dans un communiqué publié par a plus haute institution sunnite.
Crise Les coptes pourraient suivre…

L'institution d'Al-Azhar, la plus haute autorité de l'islam sunnite, a déclaré jeudi qu'elle se retirait de la commission chargée de rédiger la future Constitution de l'Egypte, dominée par les Frères musulmans et déjà boycottée par les partis laïques.

"Al-Azhar annonce qu'elle ne participera pas à cette commission où elle n'est pas correctement représentée", peut-on lire dans un communiqué publié par l’institution. Al-Azhar ne dispose que d’un siège au sein de la commission.

L'église chrétienne copte orthodoxe, la religion de 6 à 10% des Egyptiens, pourrait elle aussi s'en retirer, selon des informations de presse.

Cette commission de 100 membres a été formée par les députés et les sénateurs du nouveau Parlement égyptien, où les Frères musulmans et les fondamentalistes salafistes bénéficient d'une écrasante majorité.

Le président de l'Assemblée du peuple (chambre des députés), Saad Katatni, issu des Frères musulmans, a été nommé à sa tête mercredi. Une nomination qui ravive les craintes, notamment dans les milieux libéraux et de gauche, de voir la future loi fondamentale taillée sur mesure pour servir les objectifs politico-religieux des islamistes. Une loi fondamentale dans laquelle d’aucuns craignent que la place de la charia soit renforcée.

Mercredi, seuls 74 des 100 membres de la commission constituante, en très grande majorité des islamistes, ont participé à sa séance inaugurale.

Les islamistes, eux, estiment que leur large victoire électorale aux récentes législatives légitime leur majorité au sein de cette commission.

L'institution théologique et universitaire d'Al-Azhar, autrefois proche du pouvoir de Hosni Moubarak, affiche une volonté de promouvoir un islam modéré et le dialogue avec les chrétiens. Elle garde ses distances avec les Frères musulmans et se démarque des fondamentalistes salafistes.

La Constitution précédente a été abrogée à la chute du président Moubarak l'an dernier par le conseil militaire qui dirige aujourd'hui le pays.

Cette crise survient alors que le pays doit connaître dans deux mois sa première élection présidentielle depuis le départ de M. Moubarak, à l'issue de laquelle l'armée doit remettre le pouvoir aux civils.

 

 

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