Introduction

Dans cet article, je soulignerai une contradiction problématique dans les constitutions des pays islamiques. En effet les pays islamiques adoptent dans leurs constitutions l'islam comme religion officielle tout en instaurant ou essayant d'instaurer l'égalité des droits entre tous les citoyens.

Ce que prétendent les constitutions islamiques

La toute nouvelle constitution libyenne instaure l'islam comme religion officielle dans son article premier et l'égalité entre les citoyens dans son article 6.

Instaurer à la fois l'islam comme religion officielle et l’égalité de tous les citoyens devant la loi n'est pas un phénomène récent qui serait apparu avec les nouvelles constitutions de l'Irak et de la Libye. C’est un phénomène ancien qui caractérise tous les pays qui ont une population à majorité musulmane. Voici par exemple deux articles de la Constitution jordanienne:

Article 2: L'Islam est la religion de l'état et l'arabe est sa langue officielle.

Article 6: (i) Les jordaniens seront égaux devant la loi. Il n’y aura aucune discrimination entre eux en ce qui concerne leurs droits et devoirs en raison de la race, de la langue ou de la religion. (Ii) Le Gouvernement veillera à assurer le travail et l'éducation dans les limites de ses possibilités, et assurera un état de tranquillité et d'égalité des chances pour tous les Jordaniens.

Analyse critique

Une constitution qui établit à la fois une religion officielle (l'islam dans notre cas) et l'égalité de ses citoyens instaure une contradiction insoluble (qui ne peut être résolue que par l’effacement total de l’islam de la constitution).

D'abord instaurer l'islam comme religion officielle n'est rien d’autre que de la discrimination envers toutes les autres religions. Pourquoi les autres religions ne peuvent-elles pas jouir du même statut que la religion islamique et être aussi des religions officielles ? Après tout, ce genre d’Etat prétend assurer l'égalité de tous les citoyens. Si c'est le cas, alors pourquoi leurs religions (autres que l'Islam) ne sont-elles pas aussi considérées comme religion officielles? Ces constitutions n’établissent-elles pas une discrimination envers tous les autres systèmes de croyance?

Deuxièmement, ces constitutions des pays islamiques ne sont pas discriminatoires qu’en «théorie» envers les autres cultes. Elles sont, en pratique, discriminatoires envers les adeptes de toutes les autres religions. Par exemple, la forme sunnite de l'islam est enseignée à tous les niveaux dans les écoles de Jordanie (écoles élémentaires, moyennes et supérieurs). Les enseignants qui enseignent "l'islam sunnite" sont des employés de l'État. Ils sont payés par l'État comme les autres professeurs qui enseignent les mathématiques ou les sciences. Aucune autre religion n’est enseignée dans ces écoles. Par exemple, aucun enseignant de religion chrétienne n’est employé par l'état pour enseigner la Bible et les enseignements chrétiens dans les écoles publiques. N’est-il pas une discrimination de l’État envers la communauté chrétienne de Jordanie? Le lecteur peut généraliser cet exemple de la Jordanie à d'autres pratiques en Jordanie et dans d'autres pays islamiques.

Cette contradiction dans les Constitutions des pays islamiques se traduit par de nombreuses discriminations envers les non-musulmans. Par exemple, en Egypte, ceux qui quittent l'islam et deviennent chrétiens ne peuvent pas changer leurs noms, leurs cartes d’identité ou leurs passeports pour refléter ce changement. Ils sont également menacés de mort par les musulmans car dans l'islam l'apostasie est passible de la peine de mort. La même chose ne s'applique pas lorsque qu'un chrétien devient un musulman. Nul n'est autorisé à lui nuire. Ils peuvent changer leurs noms et documents d’identité pour refléter leur changement de religion.

Les constitutions islamiques établissent des discriminations légales envers les citoyens non-musulmans et parler d'égalité de tous les citoyens dans ces pays est non seulement une contradiction mais une farce sinistre

 

 

 

 

 

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