Une initiative louable !
Voir ou revoir la vidéo , produite par Amnesty sur le ton de l'humour noir, et qui explique à la femme Saoudienne qu'elle est la propriété d'un homme, qu'elle n'a aucun droit, et qu'elle ne peut rien faire par elle-même sauf se déplacer à l'intérieur de sa maison.
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Il n'y aura pas d'athlètes féminines aux JO de Londres en 2012. Une décision injuste du président du Comité national olympique saoudien selon Annie Sugier, présidente de la Ligue du Droit International des Femmes.
Une nouvelle violation "annoncée" du droit des femmes en Arabie Saoudite : le 22 novembre, pratiquement à la veille de la journée internationale contre les violences faites aux femmes, lors d’une conférence de presse, le président du Comité national olympique (CNO) Saoudien, le Prince Nawaf bin Faysal, a fait savoir que l’Arabie Saoudite n’enverrait aucune femme aux Jeux Olympiques de Londres en 2012.
Dans ce pays où la ségrégation entre les hommes et les femmes est la règle, les femmes n’ont même pas le droit de faire du sport dans les écoles et les collèges publics. Cette pratique est en contradiction formelle avec les termes de la Charte olympique qui stimule que "toute forme de discrimination (y compris de sexe) est incompatible avec l’appartenance au Mouvement olympique".

Pour une exclusion de l'Arabie Saoudite

Il faut savoir que c’est sur ce fondement que l’Afrique du Sud avait été exclue pendant 30 ans des JO pour cause d’apartheid racial.
Depuis vingt ans, la Ligue du Droit International des Femmes et son Comité Atlanta +, avec l’appui aujourd’hui du Lobby Européen des Femmes, demandent l’exclusion de l’Arabie Saoudite des JO ainsi que celle de tous les pays qui ne respectent pas les termes de la Charte olympique. La déclaration du président du Comité national olympique saoudien est une provocation directe à l’égard du Comité International Olympique dont la mission principale est de faire respecter sa charte.
Anticipant cependant sur l’éventuelle décision d’une sanction en cas d’absence de femmes dans la délégation saoudienne - leitmotiv qui se fait plus insistant ces dernières années - le Prince Nawaf bin Faysal a déjà préparé sa parade :
"Dans l’hypothèse d’une éventuelle participation, celle-ci aura lieu sous l’angle islamique, conformément aux préceptes de l’Islam et aux lois et règlements de l’Arabie. De nombreuses étudiantes boursières saoudiennes à l’étranger pratiquent des activités sportives et nous ont contactés dans ce but".
On ne peut annoncer plus clairement que ces "éventuelles" participantes ne seront pas formées en Arabie Saoudite, donc que cette concession aux pressions extérieures ne signifiera par la levée de l’interdiction "de fait" du sport dans les collèges et écoles publiques de filles.

La Charte olympique bafouée

Deuxième façon de bafouer la Charte olympique, le président du Comité national olympien saoudien, précise, qu’en tout état de cause, la loi islamique sera la référence à respecter, autrement dit les "éventuelles" athlètes, porteront le vêtement islamique. Or, c'est aussi contraire à la Charte olympique qui stipule dans sa règle 51 qu’"aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique".
Ces diktats du président du CNO Saoudien sont en contradiction avec l’engagement pour l’égalité inscrit la Charte olympique ("mettre en œuvre le principe de l’égalité entre hommes et femmes"). Or chaque membre du Mouvement olympique jure de respecter les termes de la Charte en tant qu’ambassadeur des valeurs universelles de l’olympisme et non en tant qu’ambassadeur de ses valeurs politiques, nationales ou religieuses.
Il est temps que le mouvement olympique, tout comme les instances internationales, se souviennent que la Charte olympique est une loi unique qui s’applique à toutes et tous. Tout comme devraient l’être les principes universels des Nations Unies.
Signataires
- Annie Sugier, présidente de la Ligue du Droit International des Femmes
- Fazal Ur Rehman Afridi, journaliste, écrivain pakistanais
- Anne-Marie Lizin, présidente honoraire du Sénat Belge, coordinatrice du réseau contre les crimes d’honneur de la Ligue du Droit International des Femmes
- Marc Naimark, Officer Sports, Federation of Gay Games
- Nicole Raffin, membre de République et de Regards de Femmes
- Olga Trostiansky, présidente de la coordination française du Lobby Européen des Femmes
- Linda Weil-Curiel, avocate au barreau de Paris, Secrétaire Générale de la Ligue du droit International des Femmes
- Brigitte Martel-Baussant, secrétaire générale de la Coordination Française du Lobby Européen des Femmes
- Françoise Morvan, vice-présidente de la Coordination Française du Lobby Européen des Femmes
Source : Le Plus, 8 décembre 2011 via Poste de veille

 

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