Pour souligner la sortie du deuxième livre de Djemila Benhabib, connue pour son essai Ma vie à contre-Coran, le Parti québécois de la circonscription de Mirabel a fait venir l’auteure pour une conférence à la salle municipale Jean-Paul-Carrières, à Saint-Placide, le jeudi 29 septembre dernier. 

 

«Je l’ai vue à Québec et j’ai été épatée par son combat. C’est un modèle pour tous les Québécois, Québécoises. Nous aussi, nous avons mené des combats ici, mais nous n’avions pas peur à notre vie. Nous sommes très fières de l’avoir comme Québécoise», s’est exprimée, en début de soirée, Denise Beaudoin, députée péquiste de Mirabel.

C’est devant près d’une centaine de personnes que la très articulée et solide Djemila a pris la parole en prenant soin de laisser la place aux questions à la fin. «Ce qui m’intéresse, c’est l’interaction avec les autres. On apprend beaucoup en échangeant ensemble», a expliqué l’auteure avant de commencer.

Une histoire qui débute dans une famille de militants progressistes d’Ukraine où le père terminait un doctorat en physique et la mère en mathématiques. «Je suis un fruit de cet amour. Quand on est né dans un couple où l’amour et le militantisme sont au cœur du couple, on en retire des valeurs», a raconté Djemila

En 1975, la famille déménage en Algérie où, petite fille, elle démontre déjà l’esprit critique très peu toléré dans l’éducation coranique. Elle explique que les premières injustices, elle les a vues à l’extérieur de son cercle familial, protégée par son père, où l’homme avait plusieurs privilèges et la femme aucun.

Engagée dans une lutte pour la démocratie avec le Parti d’avant-garde socialiste, elle a vécu ses luttes sous l’oppression d’une «pseudo-dictature», comme elle l’appelle. «Dans les années 1990, un virage important s’est fait, le Front islamique du salut a gagné du terrain. Pour prendre le pouvoir, il leur fallait liquider l’élite en place, donc mes parents. En 1994, toute ma famille a été condamnée à mort».

S’ensuit l’exil en France où Djemila s’est rendu compte que l’islamisme politique était confortablement installé dans les cités au nord de Paris. «Ce que j’ai quitté, je l’ai retrouvé», a déclaré l’auteure. Elle ajoute qu’en banalisant l’islamisme politique en France, ça allait devenir le chaos.

En 1997, Djemila s’installe au Québec dans une reconstruction lente, mais certaine, de sa vie. Depuis, son établissement, en tant qu’intellectuelle scientifique, elle a observé tous les changements dans le système politique.

 

Les attentats de 2001 lui ont fait voir que l’islamisme politique pouvait frapper même la plus grande puissance du monde. Elle a suivi de manière extrêmement critique les accommodements raisonnables, le mépris des inquiétudes du peuple Québécois et comment le gouvernement a courbé l’échine, selon elle, devant le lobby politico-religieux.

Une réflexion étoffée qui prend racine directement dans ses expériences, Djemila tente de dénoncer et de faire voir que le religieux n’a aucunement sa place dans les affaires politiques. Plusieurs personnes en ont profité pour connaître son opinion sur le débat de la laïcité, la question de l’indépendance, l’immigration et la langue et les cours d’éthique et culture religieuse.

 

 

 

 

L'histoire et les luttes de Djemila Benhabib  L'Éveil et La Concorde

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