AP
- Des partisans des Frères musulmans et des protestataires laïques se sont lancés des bouteilles et des pierres et en sont venus aux coups à la place Tahrir, au Caire, vendredi, lors d'une autre manifestation de dizaines de milliers de personnes marquant le premier anniversaire du soulèvement ayant écarté Hosni Moubarak du pouvoir.

Les affrontements, qui n'auraient pas fait de blessés, seraient les premiers entre les deux groupes dont les divergences politiques ont enflé depuis la fin de leur collaboration dans les 18 jours de protestation contre Moubarak il y a un an.

Ils s'opposent désormais dans leur volonté de forger la transition. Les divergences ne s'attardent pas à l'ordre du jour religieux de Frères musulmans — bien que ce soit une source d'inquiétude pour plusieurs dans l'autre camp. Plutôt, les divisions portent sur les militaires, qui ont mené aux destinées du pays depuis la chute de Moubarak, et ultimement sur la possibilité de changements draconiens dans le système autocratique de longue date.

Les «révolutionnaires», des militants progressistes et laïques qui ont lancé la révolte anti-Moubarak, réclament que les généraux quittent le pouvoir immédiatement. Les Frères musulmans, qui ont remporté les législatives, ont accepté de laisser les militaires établir leur propre échéancier de retrait.

Depuis le début de la semaine, les deux clans avaient été en mesure de se partager la place Tahrir, mais vendredi, les esprits se sont échauffés.

«Dehors, dehors, dehors!», ont scandé les «révolutionnaires» à l'endroit de rassemblement des Frères musulmans, tenant leurs souliers dans les airs en signe de protestation devant des partisans du parti formant une chaîne humaine.
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