Envoyer l'article à un ami

Les Frères musulmans et les salafistes ont largement remporté la première phase des élections égyptiennes, selon les résultats partiels qui devraient être officialisés aujourd'hui.

Réprimés pendant le règne de Hosni Moubarak, renversé, en février, sous la pression de la rue, les Frères musulmans, s'appuyant sur des résultats partiels, ont d'ores et déjà annoncé que leurs listes avaient remporté plus de 40 % des voix lors du scrutin qui s'est déroulé lundi et mardi.
Les premières indications montrent aussi une percée des fondamentalistes sunnites du parti salafiste Al-Nour, qui fait frémir les milieux laïques et la communauté copte, les chrétiens d'Égypte.
Selon les estimations avancées par la presse, Al-Nour, fondé à Alexandrie après le soulèvement populaire de janvier-février, obtiendrait, en effet, 20 % des voix dans cette première étape de législatives - qui ne concernait que neuf des 27 governorats du pays, dont ceux du Caire et d'Alexandrie - qui doivent s'achever le 11 janvier.

Laïques et chrétiens inquiets
Le premier tour, salué par la presse comme un «test de la démocratie» réussi, s'est achevé sans accroc après dix jours de manifestations massives hostiles aux généraux du Conseil suprême des forces armées (CSFA) au pouvoir depuis la révolution. Ces manifestations avaient été émaillées de violences qui ont fait 42 morts et plus de 3.000 blessés.
Alors que les Frères musulmans réclament que la principale force du Parlement soit chargée de former le prochain gouvernement en Égypte, où l'armée est aux commandes depuis la chute d'Hosni Moubarak, leurs opposants - laïques et chrétiens notamment - ne cachent pas leurs craintes. «Si les courants islamistes dominent le Parlement, cela pourrait aboutir à un système non démocratique, autoritaire sous couvert religieux», affirme ainsi Hassan Nafaa, professeur de sciences politiques à l'Université duCaire. «Nous ne voulons pas remplacer Moubarak par un régime théocratique autoritaire», ajoute-t-il.
Dans la foulée du Printemps arabe, les islamistes ont été les grands vainqueurs des élections qui se sont tenues récemment en Tunisie et au Maroc.

«Bonne organisation»
Après les États-Unis et l'Onu, les ministres européens des Affaires étrangères, réunis à Bruxelles ont salué, hier, la bonne organisation des législatives en Égypte et appelé l'armée à transférer le pouvoir aux civils dès que possible. Ils ont relevé «la forte participation, qui démontre l'engagement du peuple égyptien dans la transition politique». Les ministres ont aussi souligné la nécessité pour le CSFA d'assurer que «le pouvoir soit transféré dès que possible à un gouvernement civil représentatif qui sera doté de l'autorité nécessaire» pour mener la transition.                

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.letelegramme.com

Retour à l'accueil