Les premiers résultats partiels des élections législatives en Egypte montrent que les Frères musulmans arrivent en tête de la première phase du scrutin organisée lundi et mardi dans neuf provinces du pays, ont annoncé mercredi les juges chargés de superviser le dépouillement.

Le puissant parti islamiste, formation politique la mieux structurée du pays, arrive ainsi en tête au Caire, la capitale, à Alexandrie, la deuxième ville du pays, ainsi qu’à Louxor, Port-Saïd et Kafr el-Cheikh, rapportent les juges de chaque région.

Le parti al-Nour (salafiste), et le Bloc égyptien, alliance de partis libéraux laïcs, se disputent les 2e et 3e place avec des scores similaires, selon les juges, qui n’ont pas donné de chiffres. Entre 50% et 80% des voix ont été dépouillées dans les circonscriptions citées, ont précisé les magistrats sous le couvert de l’anonymat.

Neuf des 27 provinces du pays étaient appelées aux urnes lundi et mardi afin de désigner environ un tiers des 498 sièges de l’Assemblée du peuple, la chambre basse du Parlement.

Les autres régions voteront lors des deux dernières phases du scrutin, prévues à la mi-décembre et début janvier. Ce sont les premières élections depuis la démission le 11 février, sous la pression de la rue, du président Hosni Moubarak.

Le dépouillement se poursuivait mercredi et il était encore trop tôt pour dire si les Frères musulmans, grands favoris du scrutin, se dirigeaient vers une victoire plus large ou au contraire moins nette que prévu.

Les résultats définitifs doivent être annoncés le 13 janvier et la nouvelle Assemblée se réunir le 17 mars. Les pouvoirs de la chambre seront très limités. En théorie, la principale tâche des députés consistera à désigner les 100 membres d’une Assemblée constituante chargée d’élaborer une nouvelle loi fondamentale.

Mais le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirige le pays depuis la chute de Moubarak, a indiqué qu’il nommerait la plupart des membres de la Constituante. Les militaires doivent également former un nouveau gouvernement que les députés ne pourront faire tomber.

Les Frères musulmans réclameront probablement que la chambre basse soit dotée de pouvoirs plus importants, ce qui pourrait provoquer des frictions avec l’armée.

Le scrutin devrait en tout cas offrir le premier véritable baromètre des forces en présence sur l’échiquier politique égyptien. Durant les 29 ans de règne d’Hosni Moubarak, les élections étaient largement manipulées pour assurer la victoire de son Parti national démocratique. Les Frères musulmans, principale force d’opposition, étaient alors interdits et leurs candidats se présentaient comme indépendants.

La confrérie avait obtenu son meilleur résultat aux législatives en 2005 en remportant 20% des sièges. Le mouvement islamiste espère cette fois en obtenir jusqu’à 40%.

Le CSFA n’a pas fixé de date précise pour le transfert du pouvoir à une administration civile, s’engageant seulement à organiser l’élection présidentielle, dernière étape du processus, avant la fin juin 2012. Depuis une dizaine de jours, des manifestants campent sur l’emblématique place Tahrir du Caire, épicentre des manifestations qui ont conduit à la chute du raïs en début d’année, pour réclamer le départ des militaires. AP

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE CAIRE (AP)http://www.kabyles.net

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