Egypte – Tunisie : des révolutions contre l’islam ? - Les minorités activistes défient les islamistes

Les minorités activistes défient les islamistes

Il ne faut pas s’y tromper. La population est et reste, en Egypte comme en Tunisie, avant tout musulmane et donc favorable aux partis s’en réclamant. Ce qui n’était pas prévu, c’est la poursuite d’une contestation révolutionnaire dans la rue d’un pouvoir ayant confisqué les « révolutions » Ce qui parait se passer en ce moment pourrait bouleverser les équilibres du monde arabo- musulman.
Egypte : un peuple divisé
Il est vrai que se sont des minorités qui font les révolutions. Mais il faut bien voir que les jeunes anti-islamistes des rues arabes sont pour la plupart, des marginaux minoritaires, des laissés pour compte, des adeptes de la sous-culture américaine et des supporters d’équipes de foot. Il y a également, c’est vrai, des démocrates sincères, des femmes inquiètes et des laics révolutionnaires de type nassérien. Mais cette minorité est disparate et il n’est pas sûr qu’elle puisse faire face longtemps au pouvoir qu’elle conteste mais qui a le soutient de la majorité de la population.
Voila un bel exercice de réflexion démocratique
Faut-il soutenir une minorité agissante plus proche des canons occidentaux, contre la volonté exprimée par le peuple dans les urnes ?
Cela étant, les islamistes ne s’attendaient certes pas à une telle contestation. Ils ont confisqué les mouvements qui ont fait tomber des autocrates vieillissant, mais ils n’ont jamais aimé cette jeunesse qui le leur rend bien. Une jeunesse qui est tout de même le fruit de l’évolution de la société sous les dirigeants rejetés. Ces islamistes sont, de plus, à l’épreuve du pouvoir et affrontent les réalités économiques et la pauvreté structurelle.
des femmes inquiètes
C’est en Egypte que se joue l’avenir de l’islamisme politique. Le président Morsi peut gagner. Sa situation est cependant paradoxale, voila les verts qui se tournent vers les kakis et les frères qui appellent au secours l’armée.
Une armée qui jubile
L'armée égyptienne a estimé dans un communiqué que le « dialogue est la meilleure et la seule voie » pour résoudre la crise qui oppose le président islamiste, Mohamed Morsi, à l'opposition depuis plus de deux semaines. « La voie du dialogue est la meilleure et la seule voie qui permette d'arriver à un compromis et de représenter au mieux les intérêts de la Nation et de ses citoyens » a fait valoir le porte-parole des forces armées dans ce texte qui constitue la première réaction officielle de l'armée aux troubles.
Une armée égyptienne en attente
Faute de dialogue « nous emprunterions un sentier obscur qui déboucherait sur un désastre. Nous ne saurions le permettre », ajoute le communiqué qui appelle au « respect de la légalité et des règles démocratiques sur lesquelles nous nous sommes tous entendus ». « L'armée s'est toujours tenue aux côtés du grand peuple égyptien et est déterminée à préserver son unité », souligne encore le texte.
Inquiétudes en Tunisie
Le communiqué ne mentionne pas le président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans. Il souligne cependant que la solution à la crise ne doit pas aller à l'encontre de la « légitimité et (des) règles de la démocratie ». Si les révolutionnaires antis-islamistes ne sont pas massacrés par les Frères, ils ne pourront cependant renverser le nouveau régime. L’armée pourrait, entre un président islamiste contesté et un désordre persistant, reprendre les rênes d’un pouvoir qui lui a échappé.
Les révolutions arabes n’ont pas fini, comme les autres, de dévorer ses enfants.
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