Nicolas Sarkozy a fini par emboîter le pas d’Angela Merkel et de David Cameron, en constatant avec une candeur touchante l’échec du multiculturalisme.

Que souhaite-t-on ex­actement ? UNE culture métisse résultant d’un mélange, ou la cohabitation sur un territoire de PLUSIEURS cultures, dans leur diversité ?

Dans le premier cas, le mélange est-il réellement un enrichissement ? La culture du pays Do­gon, en plein cœur du Mali, serait-elle enrichie par l’installation dans les villages de terre de McDonald’s (Américain), d’H&M (Suédois), de Zara (Espagnol), et de la diversité de quelques milliers d’Allemands accompagnés de leur charcuterie à l’ail ? Les guerriers Massaï devraient-ils se débarrasser de leurs parures ancestrales et acheter des colliers en argent chez Agatha pour s’ouvrir à la culture occidentale ? Faut-il enfin que des hommes blancs aillent féconder le ventre des femmes de l’Atlas pour métisser et éclaircir un peu les couleurs et les cheveux de la région, par souci de diversité ?
 

Que le métissage soit une réalité, c’est évident. Il est, en revanche, assez hasardeux d’y voir un appauvrissement ou un enrichissement. On ne saurait préférer une couleur de peau à une autre, fût-elle le résultat d’un mélange.

Dans le deuxième cas, n’y a-t-il pas une tristesse infinie à vouloir supprimer les particularités des régions du monde ? Quoi de plus émouvant que de découvrir, lors d’un voyage, une langue rugueuse, des paysages dilatés, des odeurs camphrées, une gastronomie gluante, des musiques heptatoniques, une architecture, des maquillages, des étoffes, des fêtes, des marchés, des jeux d’enfants, une spiritualité, des traditions…

Désirons-nous vraiment saupoudrer sur toute la planète un vague assortiment de cultures hors-sol et transformer l’humanité en grand salmigondis ? Peut-on sincèrement se réjouir de cette pixellisation culturelle, qui, à force de concentrer et de disperser la diversité, ne produit qu’un ensemble désespérément homogène et terne ?

La beauté du monde est dans ses contrastes et ses différences.
La mondialisation n’est une chance que si elle est la symphonie de toutes ces cultures, sûrement pas si elle devient un mixeur géant, duquel sortira une humanité lisse et uniforme ; mondialisée certes, mais vidée de la formidable variété de ses civilisations. « Une humanité qui s’installe dans la monoculture, et s’apprête à produire la civilisation en masse, comme la betterave », écrit Claude Levy-Strauss


Nous avons la responsabilité de préserver cette sève culturelle, qui nourrit l’Histoire, l’Art, l’Ar­chitecture, la Littérature, la Musique et la Philosophie. Nous avons la responsabilité de prolonger le trésor qu’est notre civilisation. Pleins de curiosité et d’ouverture bien sûr, mais soucieux d’apporter notre voix unique au chant du monde. Que l’Asie, l’Afrique, l’Amérique, continuent à nous éclairer de leur singularité. Et que l’Europe n’abandonne pas sa propre lumière, l’humanité ne grandirait pas de son renoncement !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.les4verites.com/articles/comments.php?articles_id=4041



Auditeur attentif du Président, Alain Finkielkraut a très justement fait remarquer qu’il y a quelques mois seulement, le même Nicolas Sarkozy voulait inscrire la notion de diversité dans la constitution !

Pendant que le groupe de travail piloté par Simone Veil enterrait discrètement le projet de l’Ély­sée, la ville de Lyon se voyait décorée du label diversité, délivré par l’Agence Française de Normalisation (une agence de normalisation qui normalise la diversité est, en soi, tout un programme !).

Il est passionnant de chercher ce qui fait le succès d’une idée. Ce qui fait qu’elle s’impose, et devient une obsession collective. Une forme de sens de l’histoire, dont il faut espérer qu’il n’est pas inéluctable. C’est le cas de cette fameuse diversité. Les festivals, expositions, fêtes, publications, et rassemblements associatifs, et maintenant les labels qualité sont une injonction permanente au métissage. Tous communient à la même coupe : « l’enrichissement culturel ».

Une première question se pose immédiatement. Elle est d’ordre logique :
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