Emprisonnée pour «adultère» - Une Afghane relâchée devra épouser son violeur

© AFP
 

KABOUL - Le président afghan Hamid Karzaï a ordonné jeudi la libération d'une Afghane incarcérée pour «adultère» après avoir été victime d'un viol, mais celle-ci va devoir probablement épouser son agresseur, dont elle a eu un enfant, selon la présidence afghane.

Quelque 5 000 personnes avaient signé une pétition demandant la libération de Gulnaz, qui a croupi pendant deux ans en prison, après avoir été violée par un proche à son domicile. Elle élevait son enfant dans sa cellule à Kaboul.

Après le tollé provoqué par cette affaire, M. Karzaï a convoqué une réunion de responsables judiciaires, qui ont décidé de gracier cette femme, a indiqué un porte-parole de la présidence afghane, Aimal Faizi.

Mais, selon M. Faizi, ces responsables ont également estimé que Gulnaz devrait épouser son violeur, pour éviter d'être en danger après sa libération, en raison de la stigmatisation qui frappe les femmes victimes de viols dans ce pays.

«Elle a consenti à cette union, seulement si la soeur (de son agresseur) épousait son frère» à elle, a-t-il ajouté, expliquant que cette exigence visait à s'assurer que son époux ne l'agresserait pas à l'avenir.

M. Faizi a assuré que sa libération était indépendante de sa décision d'accepter de se marier.

Dix ans après la chute du régime ultra-rigoriste des islamistes talibans, chassés du pouvoir par une coalition emmenée par les Américains, la condition des femmes afghanes a évolué, surtout dans les villes, mais la société afghane reste très traditionaliste et patriarcale, et des pratiques telles que les mariages forcés et les «crimes d'honneur» restent monnaie courante.

Selon un récent rapport commun de la Mission de l'ONU en Afghanistan (Unama) et du Haut-commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, aucune statistique officielle n'est disponible sur les cas de violences contre les femmes, et la plupart ne sont pas signalés.

Dimanche soir, une adolescente de 17 ans a été aspergée d'acide dans le nord du pays par des hommes masqués qui ont également agressé sa famille. Son père a accusé un potentat local, à qui la famille avait refusé la main de la jeune fille, d'être à l'origine de l'agression.

 


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