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En Australie, la sharia avance à grands pas. On s’en fiche : l’Australie c’est loin !

Connaissez-vous Ibrahim Siddiq-Conlon ? Non ?

Vous avez des excuses : c’est un prêcheur musulman australien.

Dans son pays, il est célèbre pour plusieurs raisons. D’abord, ce n’est pas un imam venu d’ailleurs, mais un Australien converti à l’islam. Autrement dit, même s’il prêchait des horreurs, on ne pourrait l’expulser puisque c’est un autochtone.

Réfléchir au lieu de réagir par réflexe

Ah ben on vous l’avait bien dit, chez Primo, ce sont des extrémistes de droite islamophobes : voilà-t-y pas que dès qu’ils évoquent un musulman, ils parlent de l’expulser !

Tut, tut, du calme, amis internautes. Lakemba, vous connaissez ?

Dommage, car dans un reportage du JT australien, c’est à Lakemba, une banlieue de Sydney, que le prêcheur ci-dessus a annoncé son intention de faire appliquer la sharia.

Pourquoi Lakemba ? Parce que c’est le Saint-Denis (de la Désunion, pas de la Réunion, autrement dit du 9-3) local, celui où vit la plus importante communauté musulmane d’Australie.

Ibrahim Siddiq-Conlon n’étant pas un rigolo, il dit ce qu’il va faire et il dit qu’il se donnera les moyens de faire ce qu’il dit, en créant une milice musulmane chargée de faire respecter strictement la loi islamique.

Volonté ségrégationniste avouée

Cela devrait nous faire froid dans le dos : l’Australie n’a rien à voir avec la Malaisie ou l’Indonésie. C’est une démocratie à l’occidentale, un territoire 14 fois grand comme la France pour une population 3 fois inférieure.

Sur les 20 millions d’Australiens, 370 000 environ sont musulmans, soit moins de 2%. Le recensement effectué en août 2011 n’est pas encore analysé, mais le précédent (2006), avait chiffré à 340 000 le nombre de musulmans vivant en Australie, dont plus du quart (129 000, soit 26%) étaient nés sur place.

En France, nous sommes 110 habitants au kilomètre carré, les Australiens ne sont que 2,5 sur le même espace.

La motivation du Tariq Ramadan australien n’est pas issue d’un réflexe protectionniste contre la surpopulation ou la xénophobie, mais bien d’une volonté ségrégationniste visant à empêcher les musulmans australiens de se fondre dans la population nationale.

Dans quel but cette « ségrégation positive » ?

Un début de réponse est apporté par le site www.myjanaty.com, consacré à la diffusion de l’islam sur le continent australien.

On peut y lire que « Le lobi (sic, NDLR) sioniste, qui exerce une grande influence sur les organisations ayant un pouvoir décisionnel, a joué un rôle important dans la déformation de l’image de l’Islam et des Musulmans, à travers les mass médias et les moyens d’information qui demeurent sous le monopole sioniste surtout après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis. »

Le Lobi sioniste (re-sic) a heureusement été contré, explique Myjanaty, par des associations en tête desquelles l’Association Mondiale de l’Appel Islamique, qui « ont réussi à avoir la confiance du gouvernement et à faire face aux campagnes d’information sioniste qui déformaient l’image de l’islam, et ce à travers des rencontres, colloques et conférences, montrant la véritable image de l’Islam, réfutant toutes les accusations erronées contre l’Islam de ces mass médias.»

Notez cela, internautes bien informés, un « lobi » est une chose haïssable qui donne une mauvaise image de quelque chose (l’islam, en l’occurrence), alors qu’une association qui utilise exactement les mêmes outils pour faire exactement la même chose (donner une bonne image de l’islam en l’occurrence) est une institution qu’il convient de révérer.

Le « vivre ensemble » serait un objectif malfaisant ?

C’est en tout cas ce que prétend le site Myjanaty qui explique que la plupart des musulmans arrivés au XIXème siècle en Australie venaient de colonies britanniques et que « ces premiers Musulmans se sont assimilés aux Européens vivant en Australie. »

Et alors ? C’est grave, Docteur, si des immigrants s’assimilent à la population de leur terre d’accueil ?

Mais oui, mon gros bêta, s’ils ne le faisaient pas, ils pourraient s’occuper de l’au-delà au lieu de s’intéresser à leurs petites individualités ici-bas !

Les vilains Européens s’en étaient sûrement rendu compte, qui avaient « suivi un plan bien préparé pour faire perdre aux immigrés musulmans leur identité. Ces Musulmans ont essayé en vain de préserver leur identité musulmane... »

La communauté musulmane vivant en Australie était, jusqu’au 11 septembre, regrette le site consacré au Dernier Prophète, « d’un haut niveau et jouissait d’une place privilégiée parmi les citoyens. Ce caractère s’est accentué après l’augmentation du nombre d’immigrés, ces dernières années et du nombre d’organisations et d’associations islamiques… »

Pourquoi regretter le haut niveau de vie de ses coreligionnaires quand on les défend ?

Parce que ce qui compte avant tout, c’est « de les empêcher de s’assimiler aux autres cultures environnantes. Pour ce faire, on a construit un grand nombre de mosquées, de centres islamiques et d’écoles et on a demandé le soutien financier des Organisations islamiques mondiales afin de nous aider à préserver les valeurs islamiques chez les générations d’immigrés musulmans, à travers les centres islamiques créés dans les différentes villes australiennes. »

Cela ne vous rappelle rien ?

Dans l’imaginaire des « élites » françaises, les musulmans vivant dans l’Hexagone sont en butte à une ségrégation aussi violente que rampante, dont le seul but est de les stigmatiser et de les empêcher de s’intégrer harmonieusement à notre société.

Une attitude non seulement malfaisante, mais suicidaire, puisque le multiculturalisme est l’avenir de l’homme.

Marcher sur la tête, aux Antipodes, c’est normal !

En Australie, c’est peut-être parce qu’ils sont très loin de l’Hexagone et de sa morale ubuesque que les musulmans eux-mêmes revendiquent avec fierté le poids de leur lobby.

Il « s’adonne à répandre les vrais concepts de l’islam et à l’éducation de la nouvelle génération de musulmans nés en Australie, dans le but de leur inculquer les valeurs et les dogmes de l’islam pour éviter leur assimilation dans cette société de contradictions. L’Association Mondiale de l’Appel Islamique déploie tous ses efforts pour préserver l’identité musulmane de ses membres et d’unir les Musulmans de différentes nationalités sous l’étendard de l’islam.

Il existe également une station de radio diffusant le Saint Coran, l’appel aux différentes prières (Adhan) et des leçons sur les dogmes et la jurisprudence islamiques. »

Un lobi, quand il n’est pas sioniste, ça ne coûte pas cher et ça peut rapporter gros !

Le Onze Septembre n’a pas profité qu’aux révisionnistes

Ce n’est pas Primo qui le dit, mais Myjanaty, « les événements du 11 septembre ont été à l’origine de la conversion de beaucoup d’Australiens à l’islam, surtout parmi les intellectuels, les journalistes et les universitaires. Ceux-ci ont lu beaucoup sur l’islam, ils l’ont compris alors Dieu a ouvert leurs cœurs et les a guidés vers l’islam. Ils ont commencé à défendre l’islam et réfuter toutes les accusations mensongères propagées par le lobi sioniste (re-re-sic) qui exerce un pouvoir et une influence considérable sur les mass média et les institutions économiques du continent australien. Ces convertis sont devenus les meilleurs prédicateurs islamiques, parmi la population australienne, parce qu’ils étaient plus aptes à convaincre grâce à leur maitrise de la langue et à la méthode adoptée dans leurs discours. »

Sans commentaire.

Enfin de notre part, car de la part des intéressés, on apprend que « Les statistiques avancent le chiffre de deux milles convertis australiens, qui ont embrassé l’islam suite à ces événements. L’Australie est une terre propice à la prédication islamique si la prédication jouit d’une bonne orientation et de prédicateurs bien formés maitrisant la langue du pays et comprenant la nature et la composition de ses habitants. »

Cela vous fait peur, cette recette de lavage de cerveau ? Islamophobes, va ! Pire, même : Sarkozystes !

Les petits accommodements font les grands pas de la sharia

Le Dr Ghena Krayem est professeur de droit à l’université de Sydney. Elle a mené un projet de recherche sur la mise en œuvre de la sharia en Australie, en se concentrant sur la Nouvelle Galle du sud, l’état dans lequel résident 50% des musulmans australiens. Ses conclusions ne seront surprenantes que pour les adeptes de la non voyance à la française.

Tout d’abord, les musulmans de cet état souhaitent intégrer la sharia au corpus de lois australien plutôt que de le remplacer par un système légal rival.

« Les outils législatifs existant, comme l’Accord prénuptial ou les accords financiers islamiques, qui sont déjà présents dans la Loi sur la Famille, permettent à la sharia d’être respectée au sein du système législatif australien», explique Madame Krayem.

Il est beaucoup plus efficace de noyauter le système existant en créant des exceptions pour une catégorie spécifique de la population que de chercher à le remplacer frontalement par un système différent pour l’ensemble de la population, surtout quand ce nouveau système va à l’encontre des valeurs des administrés.

Ce sont les nutritionnistes qui s’opposent au grignotage. Les intellectuels français, eux, s’y soumettent avec un délice masochiste.

Carotte et bâton, les deux versants du combat légal

En mai 2009, un extrémiste modéré (l’islamiste modéré est à la pensée française ce que l’andouillette-frites est à sa cuisine), Keysar Trad, porte-parole du sheikh Taj Din al-Hilali, attaquait en justice une radio de Sydney pour diffamation, au motif que les opinions islamiques sur les femmes et les homosexuels qu’il avait proférées avaient été qualifiées d’incitation à la violence, de mensonge et de racisme.

L’opinion de l’animateur de la station 2GB, était aussi celle du juge de la Cour suprême d'Australie chargé du jugement en appel.

Il a estimé que quand quelqu’un tient des propos « totalement répugnants », quand il défend la lapidation d'une Nigériane accusée d'adultère, quand il approuve les attentats-suicides et l'utilisation des enfants pour les perpétrer, quand il considère l'homosexualité comme « une quête dépravée de sexe » qu’il faudrait criminaliser, quand il plaisante sur les viols commis par un gang, quand il approuve ceux qui qualifient les attentats du 11 septembre de « bénédictions» et qui estiment que les viols de femmes vêtues comme « de la viande offerte » sont excusables, quand il héberge une page web menant vers des sites antisémites et vers Mein Kampf, alors il est normal qu’on dise qu’il « incite à la violence, à des attitudes racistes, qu'il est un individu dangereux et sans honneur ».

Rassurons-nous : ce n’est pas en France qu’on ferait ainsi la différence entre agressé et agresseur !

La sharia ne s’appliquera jamais en Occident et d’ailleurs, c’est une chance pour le monde.

« La loi religieuse de l’islam, ou charia, est souvent dénigrée alors qu’elle est basée sur la liberté et la tolérance », a déclaré le grand mufti d’Australie, dès son élection, en septembre 2011.

Dommage que la Saoudienne Amina Bent Abdelhalim Nassar, condamnée à mort pour sorcellerie, ait été décapitée le 12 décembre 2011, comme l’a annoncé l’AFP d’Arabie Saoudite, la SPA. Sinon, elle serait certainement venue conforter les propos du saint homme récemment élu en Australie.

Lequel, au bout de vingt ans dans le pays s’exprime toujours par le biais d’un interprète, mais cela prouve juste que l’anglais est une langue difficile, pas que c’est la religion musulmane qui pose problème dans l’intégration de ses adeptes.

Prendre l’Arabie Saoudite ou l’Australie comme exemples, quelle mauvaise foi !

En France on n’a pas de pétrole, mais on a plein d’idées préconçues.

Imaginons, par exemple, que des millions de citoyens essaient de fuir un pays où règne un système qui interdit tout au peuple et permet tout aux dirigeants.

On ne peut pas croire qu’il y aurait, dans les pays libres – le nôtre, par exemple – des intellectuels, des journalistes ou des artistes qui passeraient leur temps à tenter de nous convaincre qu’il serait souhaitable d’instaurer ce système chez nous.

Oups, c’est déjà arrivé, cela s’appelait communisme là-bas et idiots utiles ici.

Et oups, ça recommence avec des gens qui fuient la tyrannie de la sharia pour venir s’installer dans les pays de liberté religieuse, où ceux qui les poursuivent sont aidés par d’autres idiots utiles cherchant à nous convaincre que l’islam-religion-de-paix-et-de-tolérance n’est en rien incompatible avec la démocratie occidentale ou les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

Il ne le serait d’ailleurs certainement pas s’il procédait à son aggiornamento en s’adaptant au monde tel qu’il est au lieu de vouloir transformer le monde en ce qu’il était il y a treize siècles.

En attendant, il serait légitime que les sociétés démocratiques érigent le cadre législatif qui trace les limites de leurs valeurs et qu’elles sanctionnent ceux qui les dépassent.

Mais au lieu de ça, nous, on s’en fout parce que l’Australie, c’est loin, l’Arabie Saoudite c’est des fanatiques, Theo Van Gogh avait un nom imprononçable, Robert Redecker l’avait bien cherché, une femme avec un foulard, c’est très joli et le vin et le saucisson, on peut très bien s’en passer !

 

  © Primo, 11-02-2012
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