Le 9e congrès du parti du mouvement islamiste Ennahdha, qui a clôturé ses travaux lundi soir, a appelé, notamment à criminaliser «l’atteinte au sacré» et «la normalisation avec l’entité sioniste».

Le congrès a reconduit Rached Ghannouchi à la tête du mouvement avec 72,58% des voix, soit 744 voix sur un total de 1.025 exprimées.

Préserver l’unité du mouvement

Suite à l’annonce des résultats, M. Ghannouchi s’est adressé aux participants au congrès pour leur affirmer sa détermination à œuvrer en vue «de diffuser une culture du consensus et de la modération nécessaires en cette étape de l’histoire du pays en partant du mouvement Ennahdha qui a su préserver son unité et n’a connu aucune division sauf quelques rares exceptions», a-t-il dit.

«J’ai accepté de me représenter à ce poste après avoir été sollicité par des frères et amis qui m’ont demandé de rester à la tête du mouvement», a assuré Rached Ghannouchi, en allusion à sa décision annoncée en 1989 de ne plus se représenter à la présidence du mouvement.

Ne pas imposer un mode de vie particulier

Les efforts de l’Etat doivent se concentrer aujourd’hui sur la sécurité tout en veillant à assurer les prestations aux habitants des zones démunies et à leur garantir l’emploi et une vie décente sans leur imposer un mode de vie particulier, a dit M. Ghannouchi.

«Le projet d’Ennahda n’est pas seulement le programme d’un parti mais c’est un projet civilisationnel pour l’ensemble des Tunisiens et des Tunisiennes», a-t-il affirmé, rappelant la longue lutte des militants d’Ennahdha pour «un projet civilisationnel, synthèse d’un islam modéré et des réformes engagées dans la société tunisienne», a-t-il encore ajouté.

La motion générale du 9e congrès d’Ennahdha a affirmé la nécessité de mettre en place les fondements d’«un Etat civil ancré dans son identité arabo-musulmane», «en rupture totale avec le régime autoritaire de dictature», un Etat «qui criminalise l’atteinte au sacré».

Ennahdha a aussi estimé que «le régime parlementaire est le régime politique le plus proche des attentes du peuple tunisien», appelant l’Assemblée nationale constituante (Anc) à soutenir cette orientation.

Passant en revue les différents aspects du programme politique du parti, la déclaration finale du congrès a affirmé l’impératif de mettre en œuvre l’amnistie générale, d’engager une réforme globale de l’enseignement, de placer l’enseignement zeitounien au cœur de cette réforme tout en garantissant la liberté d’expression et d’information.

Pour ce qui est des relations extérieures, le mouvement Ennahdha a affirmé son appui à l’édification d’un Maghreb arabe et à l’unité arabe et musulmane tout en appelant à «criminaliser la normalisation avec l’entité sioniste».

 

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