Louise Mailloux écrit sur les crimes d'honneur, dans le contexte de l'ouverture hier en Ontario du procès d'un père, d'une mère et de leur fils, jugés ensemble pour avoir éliminé d'un coup les trois filles du couple et la première épouse du mari.  

Les anti-racistes n'osent pas parler des crimes dits d'honneur, ancrés dans des traditions culturelles et religieuses, pour éviter de stigmatiser l'Autre. Les racistes ne veulent pas non plus qu'on en parle, ils se félicitent de l'élimination des "pondeuses". Pendant ce temps, il n'y a pas de stratégie de prévention ciblée, et on compte les mortes.

En matière de prévention, on pourrait commencer par dénoncer haut et fort le discours de musulmans obscurantistes tels que Abdur Raheem Green, invité à prendre la parole à l'Université Concordia dans quelques jours. Il y a un lien direct entre l'image dégradante de la femme qu'il véhicule et les crimes d'honneur.

Shafia
Mohammed Shafia, son épouse Tooba Mohammed Yahya et leur fils Hamed accusés de meurtre prémédité

 

 

 

En juillet dernier, quatre montréalaises d’origine afghane dont trois soeurs Zainab (19 ans), Sahar (17 ans) et Geeti Shafia (13 ans) ainsi que Roma Amir Mohammed (50 ans) ont été retrouvées mortes dans le canal Rideau à Kingston en Ontario.

On a d’abord retenu la thèse de l’accident puis le père, la mère et le fils de 18 ans ont été arrêtés et accusés de meurtre prémédité et de conspiration.  Selon les autorités policières, même si la chose n’a pas été confirmée publiquement, il pourrait s’agir d’un crime d’honneur. [...]

Les meurtres de Kingston ne sont pas les premiers crimes d’honneur à se produire au Canada. Rappelons-nous en décembre 2007, le cas de la jeune ontarienne Aqsa Parvez assassinée par son père parce qu’elle refusait de porter le voile. Mais au Québec, la frilosité des médias et le silence embarrassé de la gauche et des groupes de femmes lorsqu’il s’agit de dénoncer ces crimes d’honneur ont pour effet d’étouffer le scandale et de donner un appui aux assassins plutôt qu’aux victimes.

 

On ne peut pas, sous couvert de lutter contre la mondialisation ou le racisme, encourager par notre silence, ces pratiques ignobles à l’égard des femmes et des jeunes filles, et abandonner à leur sort toutes celles qui aspirent à l’autonomie et souhaitent vivre comme nous. Il faut, bien au contraire, donner à ces pratiques le plus de visibilité possible parce que la loi seule ne suffit pas pour changer les mentalités, apporter un support et protéger ces femmes. Et s’il s’agissait de NOS FILLES, ne serions-nous pas plus nombreuses à CRIER ?…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Au nom du Père et du Fils…, par Louise Mailloux, 11 octobre 2011 Poste de veille

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