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Afin de mieux cerner qui est le chef du parti Ennhada séduisant 40% de l'électorat tunisien, l'Observatoire de l'islamisation révèle les écrits passés de Ghannouchi, dont certains jusqu'alors indisponibles en langue française, afin que les journalistes et politiques aient matière à réflexion :

Sur l'apostasie:

Rached Ghannouchi a écrit en 1993 dans un livre : « L’apostasie, est le reniement [de l’islam] après qu’on l’a embrassé de plein gré ; un reniement, ou les formes lui ressemblant, des constantes de l’islam, tels ses dogmes, ses charia et ses rituels… Comme porter atteinte à la dignité de Dieu ou à la dignité du Prophète, l’autorisation de braver les interdits [de la charia] ou la négation des devoirs religieux, etc. Des versets du Coran ont énoncé à plusieurs endroits le caractère affreux de ce crime, et menacé quiconque s’en rend coupable du plus atroce des supplices, sans toutefois édicter une peine précise ici-bas. Quant à la tradition, la sunna, elle a exigé la mise à mort [conformément au hadith] : « Tuez quiconque change de religion. » » (Rached Ghannouchi, Les libertés publiques dans l’État islamique, Centre d’Études de l’Unité Arabe, Beyrouth, 1993, p. 48).

Sur la charia comme "source principale de legislation" :

« Comment ne pas stipuler l’islamité d’un chef [de l’Etat], dont la tâche essentielle est d’accomplir la religion, d’orienter la politique de l’Etat dans les limites de l’islam, d’éduquer l’umma selon l’islam, d’être son imam pour la prière, de la prêcher ex cathedra […] et d’être pour elle l’exemple à imiter ? Le Coran a tranché. Il a stipulé que le souverain devait être musulman : « Ô vous qui avez cru ! Obéissez à Dieu, obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui détiennent le pouvoir » (sourate IV, verset
59). Il est absurde, et cela revient à demander l’impossible, de demander à un non musulman d’assumer le dépôt [la magistrature suprême], de veiller sur la religion et la gestion des affaires d’ici-bas – ce qui est la fonction du chef de l’Etat –, et nous, dit M. Ghannouchi, pour la clarification théorique, nous affirmons l’islamité du chef de l’Etat. Car au niveau pratique, le pouvoir islamique que nous réclamons se trouve dans les pays islamiques, et la majorité de ceux qui y habitent sont des musulmans. [Et M. Ghannouchi d’ajouter, dans une note de bas de page : « Il est à noter que la plupart des constitutions arabes, y compris la constitution tunisienne, ont stipulé l’islamité du chef de l’Etat, il s’agit en effet d’une stipulation abusive et vide de contenu, tant que ces constitutions ne contiennent pas d’articles imposant la charia comme source principale de toute législation, et tant qu’elles ne contiennent pas non plus d’institutions constitutionnelles contrôlant la constitutionalité des lois. Aussi bien le chef de l’Etat lui-même et le degré de son engagement à respecter, dans sa vie publique et privée, la loi et les normes morales, pour ne pas donner le mauvais exemple de ce qui ne plaît ni à Dieu, ni à ses créatures soumises. »] (Rached Ghannouchi, Les libertés publiques dans l’État islamique, Centre d’Études de l’Unité Arabe, Beyrouth, 1993, p. 54)

Sur la laïcité :

A une question d’un quotidien algérien : « Quelle est la place de la laïcité dans la société islamique ? », M. Ghannouchi répond : « La société islamique est fondée sur l’interprétation des valeurs organisant la vie des individus et des communautés. De plus, elle organise le côté spirituel de ces derniers. C’est pourquoi on ne saurait concevoir de société islamique laïque, ou de musulman laïc que si ce n’est en renonçant à ce qui est essentiel en islam. Car la foi en Dieu n’est pas essentielle en islam ; l’essentiel, c’est la foi en l’unicité de Dieu. Par conséquent, toute législation qui s’inspire d’autres sources pourrait porter atteinte à cette unicité. Une société ne saurait être islamique qu’à condition de ne pas être laïque et d’accepter l’unicité de Dieu. » (Interview accordée par M. Ghannouchi au quotidien algérien Algérie actualité du 12 octobre 1989).

Les critiques émises par M. Ghannouchi à l’encontre des anciens manuels de philosophie pour le baccalauréat :

« L’enseignement de la philosophie devient, écrit-il, si nous ne définissons pas notre appartenance culturelle, non seulement inutile pour traiter les problèmes dont nous souffrons, mais aussi un élément de sabotage et de destruction dans le domaine psychologique et social, comme c’est le cas aujourd’hui [1989]. » (Rached Ghannouchi, « La génération perdue », revue Forqan, février 1989, Casablanca). Au lieu d’enseigner aux élèves les textes d’Averroës et d’Avicenne, M. Ghannouchi proposa ceux des chefs islamistes contemporains, dont Sayyed Qotb, maître à penser des djihadistes, dont ceux d’Al-Qaïda. Pour Sayyed Qotb, déclencher le djihad à l'encontre d'un état non musulman est légal à partir du moment où cet état fait barrage à la diffusion de l'islam sur son territoire. La paix n'est envisageable avec les pays de la "terre d'infidèlité" (Dar el kufr) seulement si ceux-ci laissent le champ libre aux musulmans pour construire des mosquées, des écoles islamiques et la création de médias destinés au prosélytisme (Dawa').

Ghannouchi et le psychopathe Youssef El-Qaradhawi :

Sur le site internet Ashihab, Ghannouchi a donné une interview où il encense un cheikh connu pour enseigner le meurtre des apostats et des homosexuels, partisan des attentats du Hamas contre des civils israeliens, en le qualifiant ainsi : "le savantissime prédicateur le cheikh Youssef El-Qaradhawi" (R. Ghannouchi, « J’ai voué ma vie à la défense de la liberté », interview conduite par Ala Iddin Al-Rachi, 5 octobre 2005).

Youssef El-Qaradhawi, ami intime de Said Ramadan (père de Tariq mort en 1995) est sûrement le cheikh contemporain le plus influent du monde sunnite. Voici ce qu'a affirmé Qaradawi le 28 janvier 2009 sur Al-Jazeera TV:

"Tout au long de l'histoire, Allah a imposé aux [Juifs] des personnes qui les puniraient de leur corruption. Le dernier châtiment a été administré par Hitler. Avec tout ce qu'il leur a fait - et bien qu'ils [les Juifs] aient exagéré les faits -, il a réussi à les remettre à leur place. C'était un châtiment divin. Si Allah veut, la prochaine fois, ce sera par la main des musulmans. (…) Pour conclure mon discours, je voudrais dire que la seule chose que j'espère est qu'à l'approche de la fin de mes jours, Allah me donne l'occasion d'aller sur la terre du djihad et de la résistance, même sur une chaise roulante. Je tirerai sur les ennemis d'Allah, les Juifs, et ils me lanceront une bombe dessus et ainsi, je clorai ma vie en martyr. Loué soi Allah, Roi de l'univers. Que la miséricorde et les bénédictions d'Allah soient sur vous."

M. Ghannouchi est le vice président du Conseil européen de la fatwa et de la recherche que Qaradhawi préside, institution de production juridique de l'Union des organisations islamiques d'Europe, dont l'UOIF est la branche français. Vu l’âge et la santé chancelante de Qaradhawi, Ghannouchi est devenu le président de fait.

Sur une visite de Jean-Paul II :

A propos de la visite officielle du Pape Jean Paul II en Tunisie en Avril 1996, M. Ghannouchi écrivit : « Ce qui me transperce le coeur aussi que le coeur d tout Tunisien c’est que la visite du chef d l’Eglise catholique coïncide avec la réception du représentant commercial de l’entité sioniste à Tunis ; que comprennent les Tunisien de tout cela ? Peuvent-ils chasser de leurs esprits qu’il y a une invasion croisée et sioniste de leur pays ? » (R.Ghannouchi, l’hebdomadaire islamiste marocain ARRAYA du 23
Avril 1996).

Selon l'intellectuel tunisien Lafif LAKHDAR, à qui on doit les traduction des textes cités, "Assurément, en se taillant un profil avantageux, M. Ghannouchi ne croit pas à ce qu’il dit et se moque du monde, profil qui est en fait l’exact opposé de son profil véritable. Il se présente comme un homme immaculé. A l’en croire, c’est un modéré, qui souhaite que la politique en Islam soit laïque, qui cherche à introduire les principes démocratiques dans la pensée islamique ; qui préfère que le voile soit un choix personnel qui ne saurait être imposé par l’État ; qui cherche à concilier l’islam avec le progrès et la modernité, qui est contre la violence, « toute forme de violence » affirme-t-il ; qui croit que l’islam est compatible avec la pensée occidentale ; qui, enfin, est pour le droit à la liberté d’expression. Tous ceux qui ne l’ont pas lu dans le texte vont peut-être le croire sur parole" (Témoignage : M. Ghannouchi est-il un instigateur de violence ? Par Lafif LAKHDAR, lettre au tribunal de première instance de Milan)

Lire aussi notre article retraçant l'histoire du parti MTI, devenu Ennahda en 1989, démontrant que Le Figaro se trompe lorsqu'il écrit que le parti islamiste "n'a jamais basculé dans la violence"

 

 

 

 

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