L’article ci-après a été esquissé fin 2009 suite à un article du Monde mais son thème ressurgit dans l’actualité avec l’ouverture d’un « cimetière musulman public » à Strasbourg.

Dans un article paru dans Le Monde du 5 décembre 2009, sous le titre accrocheur de « Musulmans et européens : une cohabitation d’avenir », M. Fouad Alaoui, vice-président de l’UOIF (1) nous livre une leçon qui se veut magistrale sur l’intégration des musulmans dans les pays européens selon les préceptes préconisés par l’UOIF.

Notons tout d’abord que le titre de l’article de M. Alaoui est éloquent car selon le dicton arabe : « On connaît le contenu de la lettre d’après l’expéditeur ». En effet, titrer : « Musulmans et européens » est déjà une affirmation que les musulmans ne sont pas européens et parler de « cohabitation d’avenir » est un appel au communautarisme ou, à tout le moins, à cohabitation d’intérêts. L’intégration étant l’incorporation de quelqu’un ou de quelque chose dans un ensemble plus vaste, l’assimilation d’un individu dans un groupe, l’auteur ne prône nullement une intégration dans le tissu social européen.

M. Alaoui écrit : « Nous, musulmans européens […], nous nous reconnaissons dans les valeurs qui l’ont fondée (l’Europe), ces valeurs qui sont la démocratie, les droits de l’homme, la liberté de conscience et de religion » et poursuit : « Notre reconnaissance en ces valeurs va jusqu’à puiser sa force dans notre religion ». Disséquons sans scalpel ces allégations et essayons d’y voir clair à travers son art de la dissimulation :

La démocratie

Observons d’abord que la démocratie est reniée par tous les idéologues de l’islam politique dont se réclame l’UOIF. Selon leur doctrine, la démocratie est une invention de l’Occident et ne saurait s’appliquer à la umma musulmane. La démocratie qui est la gouvernance par le peuple est rejetée par Hassan el-Banna et par Sayyed Qotb, qui sont les maîtres de l’islam politique et les maîtres à penser de l’UOIF. Pour eux, la gouvernance ne peut être que d’Allah. Les constitutions nationales des différents pays européens sont bannies par le discours islamique qui veut que, dans un État, le Coran soit la Constitution et la seule source des lois. Pour Qotb, « L’islam […] a pour but d’éliminer les systèmes et les gouvernements qui sont fondés sur la gouvernance du peuple par le peuple et l’esclavage de l’homme par l’homme. […] Le régime qui gouverne les gens sur terre doit avoir la soumission à Allah comme fondement. » (2). Sur le sujet de la démocratie, M. Alaoui nous berne : l’islam est incompatible avec la démocratie.

Les droits et les libertés de l’homme

On ne trouve jamais les droits de l’homme en application dans les 29 pays musulmans. Il n’y a pas d’égalité des droits entre l’homme et la femme par exemple. La liberté de conscience et de religion ne sont nullement acceptées. On naît musulman, on vit musulman, on se marie entre musulmans, on meurt musulman et on est enterré musulman. Du berceau au tombeau, la religion musulmane est omniprésente. Elle est placée sous la surveillance des hommes de religion qui pensent à la place des gens et s’immiscent d’une façon flagrante dans les détails les plus futiles et les plus intimes de leur vie. L’homme est ainsi décervelé, son libre- arbitre est l’otage permanent de la religion. Toute sortie de la religion est par définition une apostasie et l’islam fait appel au meurtre des apostats. Un musulman n’a même pas besoin de recourir à une fatwa, c’est un devoir pour lui d’être l’exécutant. Donc peut-on croire au respect des droits de l’homme par l’islam en Europe ?

Elargissant le sujet, les 57 pays islamiques de l’OCI (Organisation de Coopération Islamique) cherchent, par la résolution 16/18 du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, à bannir la libre expression des peuples des États membres de l’ONU. Comment peut-on croire au respect des droits de l’homme par l’islam dans le monde ? Sur le sujet des droits de l’homme, M. Alaoui nous berne.

En France, l’intégration exige la séparation du temporel et du spirituel. Or, M. Alaoui, axant sa prétendue reconnaissance des valeurs de l’Europe en « puisant sa force dans la religion » (musulmane), commet une autre aberration : dans l’islam, le temporel et le spirituel sont nécessairement inséparables. M. Alaoui nous berne sur la laïcité.

Une double identité

M. Alaoui veut nous faire croire à la possibilité d’une double identité. Il place en premier l’identité musulmane puis en second l’identité européenne. Il veut nous faire avaler que 1+1 font 1. Or, l’identité musulmane implique une allégeance d’une part à la umma musulmane et d’autre part au pays d’origine des parents et des grands-parents. Ce n’est pas une preuve d’intégration que d’effectuer un service militaire dans une armée étrangère en Algérie, en Tunisie, au Maroc. De même, pour ceux qui prétendent avoir une identité juive et européenne et qui effectuent leur service militaire dans l’armée israélienne. Il en est de même de l’apprentissage du maniement des armes dans des groupes terroristes en Afghanistan ou ailleurs. La double allégeance identitaire est une quadrature du cercle.

M. Alaoui veut aussi nous faire croire que la umma est une « communauté spirituelle ». Son double langage est flagrant. La umma pour les musulmans, c’est la nation qui regroupe tous les musulmans du monde et dans laquelle religieux et politique sont indissociables. La umma est politique.

L’apartheid jusqu’à la tombe

Le fleuron de l’hypocrisie de l’article est ce que j’appelle ironiquement l’« intégration post mortem à l’Europe » des musulmans : « Il y a des actes très symboliques par lesquels les musulmans d’Europe manifestent leur identité européenne. Le premier de ces symboles est le nombre croissant de musulmans qui font le choix d’être enterrés sur le sol européen. Les cendres viendront ainsi enrichir la terre européenne ». Peut être que ce stratagème cache en fait l’appropriation du sol européen par les musulmans, marquée aussi par l’implantation des mosquées.

Malicieusement, l’auteur omet de préciser que le problème des inhumations est principalement économique. Le rapatriement des corps des émigrés algériens c’est, dit-on, « Peine, larmes et gros sous ». L’opération est très coûteuse en temps et en argent : environ 4.500 à 5.000 € (selon des pompes funèbres spécialisées), 4.000 à 6.000 € pour transférer un cercueil du nord-est de l’Espagne au Maroc (selon le journal Publico), sans compter les billets A.R. pour les 2 ou 3 personnes proches qui doivent accompagner le défunt et assister à ses obsèques. Seuls, le Maroc et la Tunisie acceptent de régler ces frais mais pas l’Algérie.

Faisons quelques remarques pour fustiger les lieux de sépultures qui séparent les morts selon leur religion. La nouvelle et étonnante autorisation d’un cimetière musulman public de Strasbourg (3), destiné à recevoir uniquement les corps des musulmans décédés sur le sol français, est une preuve d’un apartheid post-mortem de l’islam. N’a-t-on pas dit que la mort est la continuité de la vie ? On comprend alors que le musulman veut rester, même dans la mort, séparé du tissu national comme il l’a été dans la vie. Où est l’intégration, M. Alaoui ?

L’engagement militaire

Revenons au second symbole d’intégration de M. Alaoui, « celui de l’engagement militaire sous les drapeaux nationaux européens ». M. Alaoui interroge ses jurisconsultes musulmans. Il veut laisser le choix à l’engagé de déterminer lui-même la notion de guerre juste ou injuste (licite ou illicite ?) et non pas au gouvernement démocratiquement élu par le peuple et chargé de son avenir. Un sondage récent indique que 7 jeunes musulmans sur 10 refuseront de porter les armes contre des musulmans et de défendre la France et sa République. Où est passée l’intégration ? Ce grave problème agite l’état-major de l’Armée Française mais les politiques refusent de soulever le problème. M. Alaoui où est passée l’intégration ? Arrêtez de nous berner.

Pour M. Alaoui « l’Islam et l’Europe se sont épousés à Cordoue, à Séville et à Grenade ». Le sud de la péninsule ibérique a été colonisée militairement au 8e siècle et par transfert de population suite à la chute de l’empire des Omeyyades. La présence des musulmans dans cette partie de l’Espagne ne s’est pas toujours déroulée à la gloire de l’islam dans ces « épousailles ». Les autochtones étaient qualifiés d’ « étrangers » par les envahisseurs et les pages de la présence islamique en Andalousie furent aussi écrites dans le sang des populations locales et dans les humiliations.

La formation de la jeunesse musulmane

M. Alaoui s’intéresse aussi à l’avenir des jeunes formés dans les mosquées par « une éducation pour avoir un regard critique sur les traditions et toutes les coutumes ». Mais il feint d’ignorer que le problème ne réside pas dans les us et coutumes mais dans la source elle-même de référence de tout musulman, à savoir le Coran et les hadiths. Toute interprétation juridique de l’islam est figée depuis le 11e siècle. Nul ne peut donc avoir un regard critique sur ce sujet.

L’article s’achève sur les vœux d’une « mise en place d’une école juridique musulmane spécifiquement européenne ». M. Alaoui désavoue apparemment le « Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche » dont l’éminence grise n’est autre que l’égyptien Yousef al Qardawi. Pourtant l’UOIF fut un des moteurs de la création de ce Conseil Européen qui est composé de membres de Frères Musulmans ou assimilés. Dans cet article de deux colonnes, M. Alaoui cite 42 fois les mots « islam », « musulmans », « notre religion » « Coran » « hadith ». Le vocabulaire révèle le fond de sa pensée. Comment croire à sa profession de foi déclarant respecter les valeurs de l’Europe ? Pour le musulman, tout est islam, rien que l’islam.

Aucune population immigrée n’a jamais posé en Europe les problèmes que posent l’immigration musulmane depuis quelques décennies. L’islam doit s’adapter à la France et à l’Europe et non la France et l’Europe à l’islam.

Bernard Dick

(1) M. Fouad Alaoui, était vice-président en 2009 de l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) proche des Frères Musulmans.

(2) Sayyed Qotb, Signes de Piste, Dar el-Shourouk, Beyrouth, 2000, p. 71 (en arabe)

(3) Erkin Acikel, le président du Conseil Régional du Culte Musulman cite dans Le Monde du 6/02/2012 : « Ce cimetière […] montre l’enracinement des migrants. On appartient à cette terre : se faire enterrer ici est un signe d’intégration ». (NDT : Les musulmans appartiennent à cette terre ou cette terre leur appartient-elle ?).

Source: Bernard DICK via  http://blog.sami-aldeeb.com/2012/02/19/fouad-alaoui-defend-un-auto-apartheid-musulman-jusqua-la-tombe/

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