Plus de soixante punks participant à un concert de rock ont été arrêtés et placés en "rééducation" dans la province indonésienne d'Aceh, où la loi islamique est en vigueur, a-t-on appris aujourd'hui de sources officielles. La police en charge de l'application de la charia a interpellé 64 punks, 59 hommes et cinq femmes, qui participaient samedi soir à un concert de rock, destiné à lever des fonds pour des orphelins, dans la capitale provinciale Banda Aceh, dans l'extrême nord de l'île indonésienne de Sumatra.

"Nous craignons que leurs actions viennent perturber l'application de la charia", a expliqué Illiza Sa'aduddin Djamal, maire adjoint de Banda Aceh. Les punks ont été transférés à une soixantaine de km de là, à Seulawah, où ils ont entamé mardi un stage de "rééducation" de dix jours, sous contrôle policier, a-t-elle précisé, ajoutant: "nous espérons qu'ils se repentiront". Les jeunes hommes et femmes ont été immédiatement tondus à leur arrivée au centre de rééducation, faisant disparaître crêtes et chevelure péroxydée, avant de devoir se baigner dans un lac naturel. Ils ont par la suite été revêtus d'habits neufs plus conformes à la charia, en lieu et place des t-shirts vantant "l'anarchie" ou un groupe de rock, puis ont été contraints de participer à une séance de prières.

"Le but est de les arracher à leur comportement déviant... On doit les réhabiliter afin qu'ils aient un comportement convenable. Un traitement sévère est nécessaire", a indiqué le responsable provincial de la police, Iskandar Hasan. Un militant local des droits de l'Homme, Evi Narti Zain, a condamné l'arrestation. "Etre punk est un mode de vie et les punks vivent de par le monde sans porter préjudice à qui que ce soit", a-t-elle déclaré. La province d'Aceh a adopté la charia en 2001, quand une autonomie lui a été accordée afin de mettre un terme à un mouvement séparatiste meurtrier. Le reste de l'Indonésie, plus grand pays musulman de la planète avec 240 millions d'habitants, pratique très majoritairement un islam modéré.

 

AFP Publié le 14/12/2011  via  http://www.lefigaro.fr/flash-actu/

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