Éviter un drame comme à Toulouse.

Pour éviter qu’un drame comme celui de Toulouse se produise en Belgique, il faudrait pouvoir interdire le mouvement islamiste Sharia4Belgium, estime Alain Winants. Le patron de la Sûreté de l’Etat réagissait ainsi dans la presse flamande aux déclarations de certains enquêteurs spécialisés dans la lutte contre le terrorisme qui affirmaient qu’un tel bain de sang pourrait se produire à Bruxelles ou à Anvers.

Mohamed Merah, le tueur de Toulouse, était un jihadiste salafiste, un courant extrémiste qu’on retrouve dans l’islam et qui s’oppose à tout ce qui est occidental. Les membres de Sharia4Belgium, dont leur porte-parole Fouad Belkacem (alias Abu Imran), appartiennent à ce courant. Fouad Belkacem (29 ans) a déjà eu à plusieurs reprises maille à partir avec la justice. Le 10 février dernier, le tribunal correctionnel d’Anvers le condamnait pour incitation à la haine, à la discrimination et à la violence envers les non-musulmans, à deux ans de prison ainsi qu’à une amende de 550 euros. L’individu avait déclaré dans une interview que les homosexuels devaient être tués.

Le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme, qui s’était constitué partie civile dans cette affaire, a introduit plusieurs plaintes contre Sharia4Belgium au cours des deux dernières années. Le groupuscule islamiste, dont l’objectif est d’instaurer à terme la loi islamique (la charia) en Belgique, est surtout actif à Anvers, où il multiplie les provocations : manifestations pro-burqa, propos homophobes, appels à brûler les drapeaux américains

Pour Alain Winants, l’islamisme radical et le salafisme sont l’affaire d’une minorité en Belgique : sur une population musulmane de 600 000 personnes, on estime qu’il y a quelques milliers de sympathisants salafistes et quelques centaines de militants.

Mais s’il s’agit d’un mouvement minoritaire, c’est une minorité que la Sûreté de l’Etat juge dangereuse. Pour les enquêteurs anti-terroristes, pas question de quitter ne fût-ce que d’un œil des individus comme Belkacem. Pas seulement parce qu’il s’agit d’un terroriste en puissance, mais aussi parce que cet extrémiste peut, par ses discours, en entraîner d’autres à sa suite.

Dans la presse flamande, le patron de la Sûreté a donc plaidé pour qu’on investigue les possibilités pour interdire les groupuscules islamistes comme Sharia4Belgium. En Grande-Bretagne, c’est le cas du mouvement-coupole Sharia4UK et des décisions dans le même sens sont prises en Allemagne, indique-t-il.

Du côté politique, le président de la N-VA, Bart De Wever, a été le premier à emboîter le pas au chef de la Sûreté de l’Etat. Si la liberté d’expression et la liberté d’association sont utilisées pour appeler à la haine et à la violence, la justice doit intervenir, indique Bart De Wever. Le groupe N-VA de la Chambre déposera une proposition de loi pour étendre les moyens de la justice contre les auteurs de ce type d’infractions. Parallèlement, une condamnation pourrait entraîner le retrait de la nationalité belge, pour que l’auteur puisse être expulsé du territoire

 

 

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