La cour suprême iranienne a confirmé l'application de la loi du talion pour un homme accusé d'en avoir aveuglé un autre à l'acide dans le cadre d'un conflit familial, a indiqué lundi le quotidien Shargh.

L'agresseur, prénommé Mohammad et âgé de 26 ans, avait été engagé il y a cinq ans par le beau-frère de la victime pour l'attaquer à l'acide, selon le journal.
La victime, Vali, est sortie quasiment aveugle --elle a totalement perdu l'usage d'un oeil et partiellement celui de l'autre-- et défigurée de cette attaque.

Oeil pour oeil

Un tribunal de Téhéran a condamné son agresseur à perdre un oeil en application de la loi du talion prévue par la Charia (loi islamique) en vigueur en Iran pour certains crimes. Il a également été condamné à deux ans de prison et à verser des dommages et intérêts à sa victime.

La loi du talion est le plus souvent appliquée en Iran dans les affaires de meurtre. La famille de la victime doit expressément la réclamer, la décision finale étant laissée à l'appréciation du juge.

Deux aveuglements en un an

La cour suprême a confirmé à deux reprises depuis un an des peines condamnant à l'aveuglement les auteurs d'attaques à l'acide ayant entraîné la cécité de leurs victimes.

Dans l'une de ces affaires largement médiatisée, la victime, Ameneh Bahrami, âgée d'une trentaine d'année, a renoncé à réclamer la loi du talion quelques instants avant l'application de la peine à son agresseur dans un hôpital de Téhéran le 31 juillet. Plusieurs attaques à l'acide contre des femmes ont défrayé la chronique ces dernières années en Iran, et la presse avait largement soutenu Mme Bahrami alors que les autorités judiciaires l'incitaient à renoncer à l'application du châtiment.
La cour suprême a également confirmé en décembre 2010 la condamnation à la loi du talion d'un homme reconnu coupable d'avoir aveuglé l'amant de sa femme à l'acide. Aucune indication n'a été donnée sur l'application éventuelle de cette sentence et aucun autre cas n'a été signalé par les médias.

Amnesty International et de nombreuses autres organisations de défense des droits de l'Homme ont condamné ce type de châtiment comme cruel et assimilable à de la torture.

AFP
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