Beaucoup de gens, de gauche comme de droite, se disent « humanistes ». Ils n'ont pour la plupart jamais fait de latin, jamais lu Cicéron ou Aristote dans le texte, ni d'ailleurs Rousseau ou Montesquieu. Moi j'ai fait du latin, mais je n'ai pas lu les grands auteurs antiques et modernes. Je ne les cite pas, je les connais mal. Je ne me prétends pas humaniste. Par contre, j'ai lu les historiens de l'antiquité, Tite-Live et Polybe. J'ai consulté de très nombreux livres écrits par des universitaires ainsi que des encyclopédies sérieuses.

 

Je pose la question : qu'est-ce que l'humanisme ?

L'humanisme est un courant intellectuel du XVI° siècle qui redécouvre l'antiquité et qui, peut-être, commence à percevoir l'idée de progrès. Soit. Mais l'humanisme, c'est aussi les guerres de religion, le fanatisme religieux, le début de la théorisation de la monarchie absolue sur modèle romain et de la raison d'Etat ! L'humanisme, c'est autant Machiavel qu'Erasme ! Etrangement, les manuels scolaires aiment Erasme et Rabelais mais Machiavel est moins là… Trop subversif ?

L'humanisme, c'est comme l'histoire de France, les intellos de mauvaise foi en retiennent ce qu'ils ont envie. Ces grands penseurs orchestrent une arnaque intellectuelle d'envergure. Car enfin, pourquoi s'offusquent-ils dès qu'on parle d' « identité nationale » ? On ne voit pas bien ce qui pose problème dans cette expression.

La vérité est que dans les officines mémorielles, les tripatouilleurs associatifs et leurs savants alliés travaillent activement à changer le contenu de l'identité nationale. Du coup, leur parler de l'identité française, c'est un peu les démasquer. Et ils n'aiment pas ça.

Quel est l'objectif ? Faire passer l'identité nationale d'un modèle du vieux monde à un modèle du nouveau monde. Jusqu'au milieu du XIX° siècle, l'histoire de France s'est appuyée sur deux piliers : une continuité politique, avec une monarchie millénaire, récupérée par les révolutionnaires, et le politique est un fondement de la France ; mais aussi, et il faut le dire, une continuité de peuplement et de population depuis le haut Moyen Âge.

Ce que je veux dire, c'est que l'immense majorité des Français en 1850 descend effectivement des Gallo-romains, ici ou là mêlés à une poignée de Francs, de Burgondes, de Goths, de Vikings en Normandie. Bon. Ces Français forment cette paysannerie millénaire qui est le pilier de la nation. Des grandes migrations jusqu'à 1850, des étrangers sont venus en France, bien sûr : Concini et Mazarin sont italiens, M. Mendès France descendait de Juifs portugais arrivés à l'époque moderne, il y a des Irlandais, des Hollandais, des Maghrébins même, capturés en Méditerranée.

 Mais tout cela, étalé sur des siècles, ne représente qu'un apport minime. Pour une bonne et simple raison : depuis le Moyen Âge, la France est un géant démographique.

Voici les pays les plus peuplés du monde en 1850 : 1) Empire chinois ; 2) Les Indes (Union indienne + Pakistan + Bangladesh) ; 3) Empire russe ; 4) France. Avec 35,5 millions d'habitants en 1850, la France est plus peuplée que la Grande-Bretagne, que l'Allemagne, que le Brésil et compte environ 10 millions d'habitants de plus que les Etats-Unis d'Amérique !

Par conséquent, aucune vague d'immigration jusqu'à cette époque n'aurait été en mesure de modifier en profondeur le peuplement de la France : la France était la Chine de l'Europe. Jusqu'au milieu du XX° siècle, l'immigration provient pour l'essentiel de pays proches : Belges, Italiens, Espagnols, Portugais, tous issus de l'ère culturelle occidentale et catholique. Ajoutons qu'ethniquement, les Belges sont des Gallo-romains mâtinés de Francs, comme les Français du nord. Italiens et ibériques sont, comme les Français, le résultat d'une fusion entre une écrasante majorité romanisée dans l'antiquité et quelques apports ponctuels germaniques, ici lombards, là gothiques.

Je ne dis pas qu'il n'y a pas de différences entre eux et les Français : la langue, la gastronomie, le mode de vie différaient et diffèrent toujours sensiblement. L'histoire est très différente : la péninsule ibérique a subi le joug islamique, l'Italie a longtemps été divisée. Mais je dis que, grosso modo, ces gens venaient d'Etats aux structures proches des nôtres, que leur religion dominante était le catholicisme, le fond de leur culture latine et judéo-chrétienne et leur conception de la famille et de la société comparable. Au demeurant, un Chtimi ne ressemble-t-il pas plus à un Wallon qu'à un Provençal ? Cela vaut aussi, à un degré moindre, pour les Polonais slaves. Pour autant, on ne saurait dire qu'ils furent bien accueillis.

 Je ne conteste pas les faits qu'on nous  présente souvent , mais l'utilisation politique, sous couvert de « citoyenneté », qu'il en est fait et qu'on permet d'en faire. Ces immigrés, sans doute, ont pu revendiquer de meilleures conditions de vie mais ils n'ont pas, à ma connaissance, cherché à « déconstruire » l'histoire nationale pour en établir une autre qui leur aurait donné le beau rôle et à eux seuls !

Certains nous disent, sans rire, qu' « on ne pourra plus faire l'économie d'une réflexion sur l'arabité et l'africanité de la France ». Ah bon ? Mais alors, une fois de plus, allons jusqu'au bout de la logique : discutons de l'hispanité, de la lusitanité, de la belgicité, de l'italianité et de la polonité de la France ! Et pourquoi pas de sa latinité, de sa germanité, de son aryanité, de sa judéité, de sa christianité !

Tout cela est proprement grotesque. Depuis les années 60, l'immigration est devenue majoritairement arabe, africaine et asiatique, la dernière moins visible mais loin d'être négligeable.

Mal accueillie, comme les autres, surtout à partir de 1980 lorsque l'absence de croissance n'a plus justifié l'appel à la main d'œuvre immigrée. Soit. On pourrait au passage leur rétorquer que la France a autorisé le regroupement familial, a continué à les accueillir en période de crise . Passons.

Ces gens ,  voulant échapper à la misère , sont venus  frapper à notre porte, au bout de deux ou trois générations, viennent nous dire : « La France, c'est nous maintenant. Autant que vous. Et même plus que vous parce que nous descendons des victimes, de vos victimes ». Et toc ! Et le Mouvement des Indigènes de la République se déchaîne ! Il faut « dénationaliser l'histoire de France », la loi sur le voile est « une loi néocoloniale, une nouvelle affaire Dreyfus », il faut « rééduquer les souchiens (les blancs) et la société occidentale privilégiée ». Privilégiée ? Privilégié, le poilu français de 1916 pataugeant dans la boue et voisinant avec les rats ?

Privilégié, le travailleur français qui quitte sa campagne pour venir bosser à l'usine ? Privilégié, le jeune prof « blanc » qui a arraché difficilement un concours très sélectif au bout de la deuxième fois, sans passe-droit ni piston ?

Aujourd'hui, des historiens sont menacés de mort et traînés devant les tribunaux pour avoir fait leur travail sur des sujets « sensibles », et pendant ce temps-là, Houria Bouteldja, la porte-parole de ce mouvement « leucophobe » (il paraît en effet, selon la Tribu K de Kémi Séba, « l'Etoile Noire », si c'est pas beau la modestie, que les natifs sont des « leucodermes », qui en grec, signifie en effet « peaux-blanches »), déverse sur les plateaux d'émissions sérieuses sa rhétorique haineuse faite de mensonges et d'amalgames inacceptables. Et tout le monde trouve ça normal. Pourquoi ?

 Une fois de plus, la liberté d'expression en France, c'est l'interdiction de dire la vérité pour les uns et la permission de mentir pour les autres. A l'émission de M. Ruquier, « On n'est pas couché », j'ai vu le public huer M. Zemmour alors même qu'il défendait des idées pertinentes et applaudir les menteurs « humanistes » débitant leurs insanités habituelles. Rideau. Un tel niveau d'endoctrinement, un tel niveau de refus du débat, ça me rappelle un régime à l'est avec un drapeau rouge…

S'appuyant sur le modèle américain, les penseurs des nouvelles « Lumières » veulent donc bâtir une nouvelle identité nationale, non plus fondée sur la continuité de peuplement, mais sur l'immigration. Et de nier de plus en plus le rôle des natifs dans le pays qu'ils ont édifié seuls jusqu'à une date récente.

Allons jusqu'au bout : décidons de faire de l'arabe et du zoulou des langues officielles en France ! Et à nouveau, changeons le nom de ce pays ! Détruisons les châteaux, les palais, les beffrois, les églises, les vieilles fermes ! Faites donc ce qu'ont fait les Albanais du Kosovo pendant un demi-siècle, à savoir effacer toute trace de présence serbe afin de pouvoir déclarer aux ignares à galons de l'OTAN : « Vous voyez, le Kosovo est à nous, il n'y a pas de Serbes… ». Sûr, on les a tous chassés !

 

 

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