noureddine-khadmi tunisie«Les salafistes contrôlent 400 mosquées sur 5000 en Tunisie. La situation est grave dans environs 50 mosquées». C’est ce qu’a déclaré Noureddine Khadmi, le ministre des affaires religieuses de Tunisie, lors d’une rencontre avec des journalistes d’une agence de presse française. La situation est grave dans ces mosquées là, parce que leur imam a été chassé par la force, poussant les habitués de ces lieux à faire leurs prières ailleurs.

Ainsi, les salafistes ont pris le contrôle depuis plus d’une année de l’une des deux grandes mosquées de Sidi Bouzid, le berceau de la Révolution Tunisienne. Depuis, cette mosquée «salafisée» a été rebaptisée «Kandahar» par les Bouzidis qui semblent garder leur sens de l’humour noir. Kandahar étant le bastion des talibans afghans.

Et pour que nos villes et nos mosquées ne ressemblent pas à des annexes de Tora-Bora, le ministre préconise de dresser l’inventaire des mosquées de Tunisie, de recruter des imams réellement formés en fiqh islamique, et ouverts sur les autres religions. Tout un programme. Mais le ministre des affaires religieuses promet que «tout sera réglé d’ici Ramadan». Le cas échéant, le mois sacré risque d’être brûlant. Et pas uniquement parce que le mois du jeûne coïncidera avec les chaleurs de juillet.

Reste à savoir si entretemps, d’autres prédicateurs importés n’auront pas contribué à envenimer une situation déjà relativement précaire. Les plus cyniques des Bouzidis relèvent «qu’il ne manquerait plus que le Mollah Omar». A Dieu ne plaise.

 

Moez E.K /http://mag14.com

Retour à l'accueil