Khairat al-Chater // source : AFP

Le mouvement islamiste des Frères musulmans a annoncé samedi 31 mars que leur numéro deux, Khairat al-Chater, sera candidat à l’élection présidentielle en Egypte.

Depuis la chute du régime de Hosni Moubarak en février 2011, c’est la première fois que l’Egypte organise une élection présidentielle libre. Le premier tour est prévu pour les 23 et 24 mai. »Le bloc parlementaire du Parti de la Liberté et de la Justice (PLJ) va nommer Khairat al-Chater comme son candidat à la présidentielle de mai », a déclaré sur sa page Facebook le PLJ, issu de la confrérie des Frères musulmans.

Khairat al-Chater, numéro deux du parti, est un ingénieur âgé de 61 ans et riche homme d’affaires. Il est considéré comme le premier financier de la confrérie et a rejoint l’organisation islamiste en 1981.

Le dépôt des candidatures s’achève le 8 avril. A partir de ce jour là, les candidats pourront commencer leur campagne. Les partis représentés au Parlement, dominé par les islamistes, peuvent désigner un candidat. Khairat al-Chater va devoir affronter le salafiste Hazem Abou Ismaïl, partisan d’un islam rigoriste, l’ex-secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa et l’ex-membre des Frères musulmans Abdel Moneim Aboul Foutouh. Ces adversaires sont de taille car ils sont populaires et surtout déjà lancés dans la course. Un avantage qui pourrait faire la différence en mai.

Les Frères musulmans affirment leur volonté d’un contrôle total du pouvoir. Ils possèdent déjà une forte majorité au Parlement. Les experts estiment que ce pari risque d’être compromis par les autres candidats. « Les Frères musulmans essaient d’avoir tous les outils du pouvoir dans le pays, il n’est donc pas étonnant qu’ils aient un candidat« , a affirmé Moustafa Kamel Sayed, professeur de sciences politiques à l’université du Caire. Il a également ajouté : « Puisqu’ils ont gagné les législatives, on peut penser (…) qu’ils ont de bonnes chances de se retrouver au second tour de la présidentielle ».

La confrérie a décidé de se lancer dans la présidentielle pour une « bonne » raison : sa frustration de voir les militaires – qui dirigent le pays depuis la chute du président Moubarak – de refuser de révoquer le Premier ministre Kamal al-Ganzouri, issu de l’ancien régime. L’annonce de cette candidature survient dans un climat de crise autour de la commission de rédaction de la future Constitution. Elle a été boycottée par les partis laïques la semaine dernière. Ils accusent les Frères de monopoliser cette instance en s’alliant aux fondamentalistes salafistes.

Khairat al-Chater a donc jusqu’aux 23 et 24 mai pour convaincre le peuple d’élire à la tête de l’Egypte un membre des Frères musulmans.

 

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