Le Parlement du Kurdistan a adopté une loi visant à lutter contre la violence envers les femmes. La loi prévoit des peines sévères pour l'excision, définie comme une forme de violence domestique. Bedran A. Habeeb, rédacteur en chef de l'Agence de nouvelles du Kurdistan, dénonce la pétition transmise au président du Parlement et exigeant, au nom de l'islam, que l'excision soit exclue du champ d'application de la loi.

Kurdistan-excision

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[...] Si vous voulez connaître l’opinion de l’islam et des mollahs sur la violence envers les femmes, vous trouverez une réponse claire et évidente dans la pétition signée par le ministre des Affaires religieuses et 550 autres personnes, envoyée au président du Parlement. Cette pétition n’a pas été rendue publique mais j’en ai une copie.

La pétition affirme ce qui suit : «Nous, un groupe de professeurs de religion, de journalistes, d’intellectuels et d’écrivains, croyons que cette loi va à l'encontre de certains versets du saint coran, des commandements justes du prophète ainsi que de la culture et des coutumes kurdes. Par conséquent, nous exigeons que la loi soit modifiée.» Voyez avec quelle insolence ils déclarent que «la loi contre la violence envers les femmes contrevient à la religion». Les signataires commentent ensuite la loi, article par article. Sur l’article concernant l’excision, ils écrivent : «l’excision ne doit pas faire partie de la définition de «violence domestique», elle doit plutôt être qualifiée de Mobah [autorisée], car il existe certains commandements du prophète à cet égard ».

Tels sont les mots des signataires de la pétition, qui comprennent plus de 40 mollahs connus pour justifier l’excision, une pratique pour laquelle le Parlement a prévu une peine sévère. Les signataires de la pétition comprennent des écrivains, des universitaires, des cadres de l'Union du Kurdistan islamique et des partis du Groupe islamique du Kurdistan, ainsi que de hauts responsables gouvernementaux, y compris le ministre lui-même.

Le ministre a préfacé la lettre accompagnant la pétition comme suit : «Nous soutenons leur pétition et je joins également ma voix à celle de ces citoyens. Le ministre a ajouté ceci : «Selon la constitution irakienne, aucune loi ne peut être promulguée dans la mesure où elle contrevient à des principes reconnus de la loi islamique. Il en va de même pour le projet de constitution du Kurdistan». [...]

Sources : Religion involved in violence against women, par Bedran A. Habeeb, Kurdistan News Agency, 16 février 2012. Traduction par Poste de veille

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