Introduction.
« Vous avez tout l'avenir derrière vous ! » C'est avec ce genre d'expression, étrange de prime abord, qu'un homme parlant aymara, pourrait rassurer l'un de ses semblables quant à son avenir. La langue aymara est une langue partagée par 2 millions d'individus, les indiens Aymara, habitant la Cordillère des Andes (Bolivie, Chili et Pérou). Dans cette population andine en effet, la vision du temps est inversée par rapport à la nôtre. Là où un Européen, un Asiatique ou un Africain imaginerait son futur se déroulant devant lui, un Aymara le considérerait plutôt placé derrière lui. Face à lui, il ne verrait que le passé. Démontrée pour la première fois par les anthropologues en 2006, (R. Núñez et E. Sweetser, Cognitive Science, 30, 401, 2006), cette « bizarrerie » constituerait le premier contre-exemple avéré d'une conception du temps que l'on pensait commune à toutes les cultures humaines.
Une découverte tunisienne.
Les anthropologues américains se sont lourdement trompés. En effet, des anthropologues tunisiens, de l’Université de Bab Souika, viennent de découvrir, en octobre 2011, une population locale ayant exactement la même perception du temps que les Aymaras. Cette race s’appelle, en latin savant, l’Homo Barbus-Islamicus, ou Barbicus en abrégé, ayant deux sous espèces, le Nahdus Obsoletus et le Salafus Tyrannus.
D’après les paléontologues de cette Université, ils seraient les descendants directs de l’homme de Neandertal, un représentant fossile du genre Homo qui a vécu au Paléolithique moyen. Cette découverte contredit les historiens occidentaux qui croyaient que les Néandertaliens avaient complètement disparu, il y a plusieurs milliers d’années, au moment de l'arrivée de groupes d'Hommes modernes, issu de plusieurs révolutions (sociales, industrielles, politiques, etc.). Ces hommes modernes sont parfois appelés « Homo Démocratus», et parfois « Homo liber », c'est-à-dire hommes libres. Le neandertalien est considéré, dans l'imagerie populaire, comme un être méchant, fruste, borné et attardé. Les évènements courants en Tunisie confirment cette appréciation. En effet, des hordes de Barbicus, au nez et à la barbe d’une police terrorisée ou complice, attaquent tout ce qui bouge et qui ne leur ressemble pas : artistes, journalistes, écrivains, penseurs, hommes libres, femmes libres, etc. Dopé par une impunité complice des autorités tunisiennes, le Barbicus se sent plus robuste qu'Homo liber, alors que son cerveau est infiniment plus réduit.
Tout comme les Aymaras des Andes, le Barbicus a une vision du temps inverse de la majorité de la population. Au-delà de l'anecdote, cette découverte montre que l'abstraction humaine n'est pas figée dans le cerveau. Il n'y a pas qu'une façon d'y parvenir, même pour une chose aussi fondamentale que le temps. Dans la plupart des cultures, les métaphores liées au temps sont traitées en termes d'espace et orientées. Quoi de plus logique : si je me mets à marcher, j'atteindrai dans le futur un point situé devant le moi, laissant derrière moi ma position initiale. Les Barbicus cependant, alors qu'ils marchent de la même façon que le reste du monde, montrent une conception du temps radicalement différente de la nôtre. Pourquoi ? Parce qu'il semble qu'en matière de conceptualisation du temps, ce ne soit pas tant l'expérience corporelle du mouvement dans l'espace qui soit recrutée chez eux, que celle de la vue. Ce qui est vu - et donc connu - se trouve devant l'individu et non derrière. Or, le passé est connu, l'avenir non. Ainsi, chez le Barbicus, la perception visuelle semble être le principal domaine concret utilisé pour soutenir la pensée temporelle abstraite.
Pour lui, le passé est une source permanente de connaissances et d'inspiration. Il oriente l'action et les décisions alors que le futur n'est, pour ainsi dire, jamais évoqué. Étant inconnu et incertain, tout ce qui est dit à son sujet relève de la spéculation. De plus, des notions aussi communes que le progrès (un mot issu du latin progressus, qui signifie action d'avancer) n'ont aucun sens pour le Barbicus commun. Dans sa conception du monde en effet, l'on n'avance pas vers des événements qui n'ont pas encore eu lieu. S'il est concevable de changer d'état, cela n'est pas vu comme un déplacement frontal. Les événements ont lieu quand ils ont lieu. Ils sont attendus avec fatalité, mais avec opportunisme. Une fois l’évènement arrivé, comme une révolution, il sait en tirer tout le bénéfice à l’avantage de sa race. De même, cette conception du temps explique la grande patience dont le Barbicus est capable. Une patience qui avait surpris plus d’un politologue. « Le Barbicus peut attendre des siècles pour prendre le pouvoir, tapi dans l’ombre des espaces de prière. Une fois qu’il s’est accroché au pouvoir, et installé son califatus, il vous sera impossible de le déloger pacifiquement, à l’exemple des tiques appelées tyrannus-arabicus» affirme un autre politologue, ex vétérinaire.

Tentative d’explication scientifique.


1- D'après les savants maghrébins, En permanence, de l'information lumineuse bombarde nos yeux. Comment lui donne-t-on un sens ? La vision commence dans l'œil, qui détecte et code la brillance, la couleur... Mais c'est le cerveau qui utilise ces propriétés pour fournir une description unifiée des objets. Grâce aux progrès effectués en imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, nous commençons à découvrir où et comment ce traitement de l'image est réalisé par le cerveau du Barbicus. C’est ainsi qu’on a découvert une petite différence entre son cerveau et le cerveau du commun des mortels : le cerveau du Barbicus est doté non pas d'une, mais de deux aires dévolues à la vision. A elles seules, ces aires occupent une surface impressionnante : plus de la moitié des deux hémisphères cérébraux. Ce qui ne laisse pas grand-chose aux autres facultés cervicales, surtout que nous savons que son cerveau est plus petit que le nôtre. Grâce à cette découverte, on peut enfin comprendre ce cas clinique déconcertant. Ses illusions d'optique correspondent à des erreurs de jugement de son cerveau sur le monde réel, et non à une mauvaise représentation de l'image par son œil. Ainsi, le fait que le Barbicus fasse toujours « face » à son passé a des conséquences sur son mode de la vie. Dans son milieu en effet, les ancêtres sont particulièrement respectés, et plus ils sont lointains dans le temps et dans l’espace, plus ils sont respectés. Ainsi, ses ancêtres les plus respectés ne sont pas tunisiens, mais ils seraient nés quelque part au Moyen Orient, il y a environ 14 siècles. C’est pour cela qu’il a des affinités fortes avec le Diplodocus Qatarius et le Wahhabus Saouditum.

2- D'après les savants américains. Des chercheurs de l'Université Duke (USA) ont observé, sur huit ans, et 268 adultes, un rétrécissement de l'hippocampe, une région du cerveau, chez les sujets atteints de dépression, de démence ou d'Alzheimer. Ils ont découvert aussi, que les sujets ayant vécu un retour à la foi avaient le même phénomène de rétrécissement de l'hippocampe. (Dina Spector, Business Insider, May15, 2012.). Cette découverte peut suggérer que la petitesse du cerveau du Barbicus est le résultat de 14 siècles de rétrécissements continus.

3- D'après les savants européens. Dans une étude publiée dans le dernier numéro de la revue « Arab Society », des paléontologues du département d'évolution humaine de l'Institut Max-Planck, à Leipzig (Allemagne), rappellent que ce n'est pas la taille du cerveau qui importe le plus. Plus que le volume de matière grise, c'est l'organisation interne du cerveau qui importe. Or l'équipe franco-allemande de cet institut vient de montrer qu'il y a, dans le développement du cerveau d'Homo sapiens, une phase spécifique que l'on ne retrouve pas chez Barbicus. En analysant, au moyen de techniques d'analyse sophistiquées (scanner, réalité virtuelle), le développement du crâne chez les enfants barbicus, les chercheurs ont découvert que l'empreinte (ou endocrâne) laissée par leur cerveau à l'intérieur de la boîte crânienne est très proche de celle d'un bébé moderne, mais que la croissance s'effectue ensuite selon un mode plus primitif. Dans l'année qui suit, en effet, seul le cerveau du petit Homo Sapiens prend une forme globulaire caractéristique qui n'existe pas chez Barbicus. Le fait que cette phase intervienne à un stade aussi précoce suggère qu'elle influe sur l'organisation neuronale et synaptique du cerveau en cours de croissance. Et donc sur les capacités cognitives de l'homme moderne. Par contre, chez le Barbicus, cette phase a lieu beaucoup plus tard, ce qui introduit chez lui un comportement analogue à celui du bonobo africain, avec une fixation maladive sur le sexe des anges (d’où ses tendance pédophiles) et sur le sexe des femmes (d'où son attitude schizophrénique envers les femmes).

Conclusion


Le Barbicus ne veut pas changer le monde, puisque celui-ci a été conçu une fois pour toutes, et de manière parfaite, par ses ancêtres. Il se contente donc d’en avoir une idée toute faite : même à onze ans, ses idées sont déjà arrêtées, définitives, et non susceptibles d’être discutées. Le Barbicus peut même être cultivé : la preuve est qu’il utilise les moyens modernes pour diffuser son galimatias et imposer sa vision du monde (Internet, TV, haut parleur). Lorsque ces moyens ne suffisent pas, il en vient à des moyens plus archaïques pour convaincre les réticents (épées, couteaux, gourdins, kamikazes). Après un rapide lavage de son cerveau réduit, le barbicus est lancé sur sa cible pour la trucider. Cette cible est souvent l'homo liber ou l'homo sapiens, quelques fois un laïc, un francophone ou un un juif.
Comme les savants ont constaté que le Barbicus déteste le genre féminin, ils se demandent comment peut-il se reproduire à si grande vitesse. Des études sérieuses sont en cours, nous vous en tiendrons informés. Certains chercheurs, de l'hôpital Aziza Othmana de Tunis, soupçonnent la CIA américaine et le Mossad israélien d'être derrière cette prolifération incontrôlée de Barbicus, résultat d'une attaque biologique lancée contre le monde dit "arabo-musulman", une région où l'islamisme constitue une grave maladie endémique. Aux dernières nouvelles, des savants algériens auraient trouvé un remède efficace contre ce fléau : le nombre de barbicus est en train de chuter chez eux. Un espoir pour tous les Homo Sapiens normaux, qui attendent la mise sur le marché du vaccin algérien.
 
 
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