La charia de Radio Canada, par Hélios d'Alexandrie

Fayoum3Hélios d'Alexandrie parle de la controverse sur les propos de l’imam Foudil Selmoune à Radio-Canada. S'exprimant sur la charia dans les pays musulmans, l’imam explique sereinement que l’amputation et la lapidation sont des peines prescrites par Dieu « pour créer une société saine », ajoutant que « ce sont des lois de Dieu et on ne peut pas les changer ».

Dans Le Devoir, un groupe d’intellectuels a demandé une enquête sur ces « propos rétrogrades, barbares et inhumains ». Dans une opération de « damage control », Radio-Canada a donné la parole à l’imam Selmoune, qui a présenté ses excuses et dit que personnellement, il ne souscrit pas à ces préceptes de la charia. Les journalistes Céline Galipeault et Azeb Wolde-Giorghis, se transformant en expertes du droit islamique, nous expliquent que tout est une question d’interprétation.

Lire dans les commentaires, pour comparaison, les vues de musulmans libéraux sur la charia.

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La controverse soulevée par les propos de l'imam Selmoune de Brossard au sujet de la lapidation et de l'amputation des mains est un indice des limites que les Québécois ont fixées au multiculturalisme en général et à l'idéologie islamiste en particulier.

La Société Radio Canada a compris un peu tard qu'elle a par mégarde fait exploser une bombe, c'est pourquoi elle a cherché à réparer les pots cassés en pariant sur l'ignorance et la naïveté des gens. Lors d'un second reportage, l'imam Selmoune a tenu à nous assurer de son respect des lois canadiennes, alors qu'au premier reportage il avait déclaré sans ambages que la charia est la loi de Dieu, entendre par là qu'elle est sacrée et qu'elle a préséance sur la loi des hommes. Les Québécois qui ont déposé une plainte à l'endroit de l'imam ne s'y sont pas trompés, ils ont vu la théocratie islamique en marche, d'où leur réaction.

Ce qu'ont dit Azeb Wolde-Giorghis et Céline Galipeau au sujet de la charia est faux. La charia n'est pas sujette à interprétation, ses dispositions sont claires dans le champ pénal et elles doivent être appliquées sans appel, les houdouds (pluriel de Hadd) c'est à dire les châtiments sont clairement définis dans les quatre écoles juridiques de l'islam (hanafite, shafeite, malékite, hanbalite, la dernière, appliquée en Arabie Saoudite, est la plus rigoureuse). Le hadd pour le vol est l'amputation de la main, le hadd du meurtre prémédité est la peine de mort si la victime est musulmane et si la famille n'accepte pas la deya (la compensation monétaire), le hadd de l'apostasie est la peine de mort si l'apostat ne se rétracte pas, le hadd de l'adultère pour une personne mariée c'est la lapidation, le hadd de la sodomie pour les homosexuels est la peine de mort par précipitation du haut d'une falaise ou d'un édifice élevé, le hadd du blasphème est la peine de mort etc.

L'imam Selmoune lors du premier reportage n'a pas exprimé une opinion personnelle, il n'a fait que répéter ce qui est reconnu et promulgué comme une loi immuable et valable pour tous les lieux et tous les temps, par les autorités religieuses et judiciaires islamiques. Cependant en regard des crimes d'honneur il a cherché sans les désavouer explicitement à exonérer l'islam de toute responsabilité. Le procès Shafia, on s'en doute, y est pour quelque chose.

Quand l'imam Selmoune dit que les meurtres d'honneur ne font pas partie de la charia il se retranche derrière une position légaliste, attendu que les houdoud (les châtiments) sont d'habitude appliqués suite à une sentence prononcée par un juriste musulman. Mais tel n'est pas souvent le cas et l'on voit régulièrement des groupes de musulmans prendre la loi (la charia) entre leurs mains et appliquer les houdoud sans autre forme de procès. L'islam le permet s'il n'y a pas d'autorité judiciaire constituée pour juger selon la charia et condamner les transgresseurs.

Or le meurtre d'honneur fait partie de ces sentences que les gens prononcent et mettent à exécution sans en référer à un juriste. Dans le cas d'Aqsa Pervez, des filles et de l'épouse Shafia, les chefs de famille aidés par leur fils respectifs ont appliqué le Hadd de l'apostasie. La volonté des victimes de vivre à l'occidentale, de ne pas porter le voile islamique, de ne pas prier, de fréquenter des non-musulmans, malgré les remontrances répétées et les menaces est assimilée à l'apostasie. Les pères ont fini par comprendre qu'ils ne pouvaient plus ramener leurs filles dans le giron de l'islam, il ne leur restait que le choix d'appliquer le hadd prescrit dans de tels cas. Pour eux la honte aurait été de tolérer l'incroyance et le fassad (le mal et la corruption) au sein de la famille, or le fassad est l'œuvre du démon et tout bon musulman doit le combattre. Le père Shafia, en bon musulman, a exécuté la sentence qu'il a lui-même prononcée, il a éliminé le fassad de sa famille; aux lendemains du meurtre il a déclaré au sujet des victimes: « que le diable aille déféquer sur leurs tombes ! » Cette phrase incroyable ne témoigne pas seulement de la cruauté et de l'absence de culpabilité du père Shafia, elle indique clairement que ce meurtre est le châtiment du fassad. Le diable, après avoir détourné son épouse et ses filles de l'islam se plaît à « marquer » leur tombe de ses excréments et à les vouer ainsi à la damnation éternelle et aux souffrances de l'enfer.

Lors du second reportage, l'imam de Brossard se défend de faire la promotion de l'amputation des mains et de la lapidation, il déclare pour sa défense qu'il respecte les lois du pays. Il semble avoir perdu l'assurance tranquille dont il a fait preuve lors de sa première entrevue, c'est qu'il a compris que ses déclarations avaient ouvert les yeux à plus d'un observateur québécois. Les islamistes se permettent à l'occasion de laisser de côté la taqia (la dissimulation hypocrite mais halal) pour exprimer clairement leurs intentions, et ce dans le but de tester la société occidentale, c'est ce que l'imam de Brossard a fait. D'aucuns croiront qu'à cette occasion les islamistes se sont tirés dans le pied, je ne le crois pas, l'expérience leur sera profitable maintenant qu'ils ont identifié les limites qu'ils ne doivent pas dépasser et la nécessité de poursuivre leur travail sous couvert de la taqia.

Radio Canada sans le savoir a mis dans l'embarras les islamistes qu'elle affectionne, aucun islamiste de « Présence Musulmane » ne s'est offert pour commenter les propos de l'imam Selmoune, que pouvaient-t-ils dire ? que l'imam raconte n'importe quoi, qu'il est dans les patates? Certainement pas, alors ils ont préféré garder le silence (qui ne dit mot consent). Céline Galipeau et Azeb Wolde-Giorgis se sont elles-mêmes chargées du damage control, d'après elles la charia est interprétée différemment par chaque musulman, les propos de l'imam ne représentent finalement que son opinion personnelle ! Des propos rassurants pour endormir les Québécois mais surtout pour mettre fin à la controverse. Tout va bien, passez votre chemin, braves gens, il n'y a rien à voir là !

Suite aux propos de nos « expertes » de Radio Canada nous avons tous poussé un soupir de soulagement. Les islamistes pourront dormir tranquille, au prochain crime d'honneur et qui sait, au prochain meurtre pour apostasie ou pour adultère, nul ne pointera un doigt accusateur en direction de la charia... Quelle charia après tout? Celle de l'imam de Brossard (la seule, la vraie) ou celle de Radio Canada ?

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