"Tout pays où l'antisémitisme est considéré comme une forme de patriotisme est en extrême difficulté."

Jeffrey Goldberg (In Egypt, Anti-Semitism Is Back in Fashion - à lire absolument) donne un conseil aux dirigeants internationaux qui se rendent en Egypte. Si par hasard l'envie leur prenait d'insulter un interlocuteur ce qui est absolument à proscrire c'est de le traiter de juif.

L'antisémitisme, ce socialisme des imbéciles, est en train de devenir l'opium des masses égyptiennes. Mais pas seulement des masses. L'Egypte n'a jamais été particulièrement philosémite (il suffit de demander à Moïse), mais aujourd'hui, il est tout à fait acceptable que les classes instruites et créatives diabolisent les Juifs et défendent les théories conspirationnistes antisémites les plus abjectes. Toute association, aussi éphémère soit-elle, avec des Juifs et des Israéliens est susceptible de porter préjudice à une carrière professionnelle.

Le niveau de l'antisémitisme en Egypte a des conséquences sur la paix au Moyen-Orient et la sécurité des Juifs. Mais il a surtout des conséquences sur le bien-être de l'Egypte elle-même. La révolution qui a renversé le dictateur du pays, Hosni Moubarak, était pleine de promesses, mais elle a également révélé les énormes défis politiques et culturels auxquels le pays fait face. Et l'antisémitisme a toujours été un signe, entre autres, d'une culture profondément dégradée.

Comme l'a écrit Walter Russell Mead sur son blog "les pays où sévit un antisémitisme monstrueux sont presque toujours arriérés et pauvres". Ils ne sont pas arriérés et pauvres parce que les Sages de Sion conspirent contre eux. Ils sont arriérés et pauvres parce que, comme l'affirme Mead, ils n'ont pas la capacité de "voir le monde clairement et de discerner les rapports de cause à effet dans des contextes sociaux complexes." Il appelle l'antisémitisme la "sociologie du confusionnisme" ["sociology of the befuddled"].

Le divertissement pathologique - La télévision égyptienne est remplie de ce type de sociologie. Une série populaire dépeint un diplomate égyptien en poste à Tel-Aviv et qui, comme activité d'appoint, vole les banques israéliennes. Le spectacle a été diffusé sur une chaîne satellitaire moyen-orientale qui a affirmé qu'elle "surprendrait le public avec les blagues les plus douces sur le Juif vulgaire ["the cheap Jew"]."


Une émission de télévision appelée "Il Hukm Ba'd il Muzawla," une sorte de "Camera cachée" au rabais, fournit une preuve supplémentaire que la judéophobie en Egypte est devenue pathologique. Le spectacle attire des célébrités à donner une interview en faisant croire qu'elle sera diffusée sur une station de télévision étrangère, puis tente de les destabiliser en prétendant qu'en réalité elles sont interviewées pour un show israélien.

[Pour visionner l'émission sous-titrée en français voir le site Europe Israel.]

Jeffrey Goldberg ajoute que si le leadership iranien est radicalement antisémite, il n'a jamais, lors de ses voyages en Iran, personnellement ressenti la haine des Juifs au niveau populaire.

Ce n'est pas le cas en Egypte, où le virus s'est largement répandu. Comme on l'a vu dans la région du Sinaï, où des militants ont tué 16 soldats égyptiens et a essayé de prendre d'assaut la frontière israélienne, le 5 août, l'Egypte a de graves problèmes, et ils n'ont pas grand-chose à voir avec ces "cheap Jews".

Tout pays où l'antisémitisme est considéré comme une forme de patriotisme est en extrême difficulté.
 
 
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