A la paroisse Saint Dominique de Limeté, les policiers ont jeté des bombes à gaz lacrymogènes dans l’enceinte. La brutalité sur les personnes a été observée dans tous les points de départ de la marche. A la Paroisse Saint Joseph de Matonge, des femmes ont été frappées dans tous les alentours de la paroisse. Le bureau des Amis de Nelson Mandela pour les Droits humains a été violé par des policiers à la recherche des marcheurs. Plusieurs personnes ont été arrêtées dont les Abbés Placide Okalema, Bernard Mimbayi, Léon Matiti ainsi que deux religieuses ;

Comme il fallait bien s’y attendre, les chrétiens congolais ont tenu à leur promesse de marcher pacifiquement dans la rue à travers tout le Congo, afin d’exiger le rétablissement de la vérité des urnes et célébrer la mémoire des chrétiens tombés en 1992 sous les balles du régime fasciste mobutiste. Sous l’encadrement de l’église catholique de la rd CONGO, hier jeudi, les chrétiens ont effectivement tenu de manifester leur ras-le-bol et dénoncer pacifiquement contre les résultats des urnes ayant donné, dans la confusion la plus totale, le président sortant Joseph Kabila, vainqueur des dernières présidentielles du 28 novembre 2011.

La consigne était qu’après le culte matinal, de toutes les paroisses catholiques, de chrétiens tenant la bougie, la Bible et le rameau se dirigent en procession et sous la conduite de leurs dirigeants religieux, vers la paroisse de Saint Joseph de la commune de Kasavubu, au quartier Matonge, et où devrait être commémoré la tuerie des chrétiens qui exigeaient jadis la réouverture de la Conférence nationale souveraine ayant en toute transparence élu Etienne Tshisekedi premier ministre de l’ex Zaïre.

Bien qu’ayant pris toutes leurs précautions pour l’organisation de cette marche pacifique en toute légalité, les organisateurs n’avaient pas compté avec la détermination du régime politique mis en cause et qui n’entend pas du tout de voir l’église catholique remettre en cause la réélection de Joseph Kabila. Déjà la veille, le tonitruant Mende avait déjà procédé à al coupure du signal d’un certain nombre des médias jugés proche de l’opposition et ceux ayant commenté la tenue de cette marche chrétienne du 16 février 2012.

Ainsi les chaînes Canal Congo télévision (CCTV), Canal Kin Télévision (CKTV) et la Radio Télévision Catholique Elikya (RTCE), trois médias de Kinshasa ont cessé d’émettre depuis le mercredi 15 février. Et dans la province du Kasaï Occidental ayant massivement voté en faveur d’Etienne Tshisekedi, plus des 10 chaines de médias privés ont vu leur signale être coupé sans aucune autre forme de procès. Et selon les nouvelles qui nous parviennent de ce pays devenu un enfer, dans toutes les provinces, la même mesure arbitraire a été appliquée à l’endroit des toutes les chaines ayant eu à encourager cette manifestation chrétienne.

Et dépit de toutes les protestations des ONG des droits de l’homme et des membres de la communauté international, le régime politique congolais est resté de marbre. Le peuple congolais et l’opinion publique internationale ont ainsi été privés de la vraie information sur cette journée historique. Pour bien d’analystes, cette mesure gouvernementale était dictée par la peur de voir la sensibilisation des chrétiens au tour de la marche mobiliser une grande manifestation. Comme cela avait été déjà été le cas avec la coupure des SMS lors de ces élections présidentielles contestées, une fois de plus, le droit à l’information du peuple congolais a été bafoué.

Et comme si cela ne suffisait pas, le régime politique congolais a recouru à la violence pour réprimer les chrétiens ayant répondu au mot d’ordre de l’église catholique. Déjà la veille, tous les alentours des paroisses et chapelles catholiques étaient pris d’assaut par les forces de l’ordre lourdement armées. Les principales voies d’accès aux lieux de culte étaient occupées par les hommes en armes et avec consigne de ne pas laisser les chrétiens accéder à leurs paroisses. Et les plus courageux de chrétiens qui ont ignoré le mot d’ordre du gouverneur de la ville de Kinshasa ayant interdit la veille cette marche ont été pris en partie et brutalisés par ces bourreaux qui n’ont pas du tout hésité à pénétrer même au sein de lieux de prière. Et il a été également signalé de bandes de voyous proche du régime Kabila et armés d’armes blanches qui ont molesté des chrétiens non armés. Certains prêtres et des religieuses ont même été mis aux arrêts par ces hommes en armes. Les participantes et autres victimes affirment que ces militaires ont tiré le gaz lacrymogène dans l’enceinte même des églises afin d’étouffer les chrétiens réunis pour la prière. Et à cette allure, il y a lieu de craindre que le processus démocratique encours dans ce pays ayant déjà connu plus des 6 millions des morts ne soit carrément supprimé, et avec la montée en puissance d’un régime politique dictatorial et sanguinaire.

Et devant cette brutalité et la violation des droits de culte, un collectif d’ONG des droits de l’homme a publié un communiqué pour protesté contre ce recours à la violence par le régime politique congolais qui vient une fois de plus s’illustrer par les voies de fait et la violence aveugle.

Communiqué du collectif d’ONG des droits de l’homme

Collectif des ONGDH de la RDC

COMMUNIQUE DE PRESSE

Attaques contre les paroisses catholiques et la brutalité policière
Kinshasa, le 16 février 2012.
Les Organisations non gouvernementales de défense des droits de l’homme (ONGDH) dénoncent les attaques contre les paroisses de l’église catholique et la brutalité policière.
Ce 16 février 2012, Les ONGDH ont observé la marche pacifique des chrétiens organisée par le Conseil de l’Apostolat des Laïcs Catholiques Congolais (CALCC) à travers la ville de Kinshasa pour commémorer le vingtième anniversaire du massacre des chrétiens et croyants du 16 février 1992, aussi réclamer la justice et la vérité des urnes et la démission du bureau de la Commission Electorale Nationale Indépendante(CENI).
Tôt le matin les ONGDH ont observé une présence policière aux alentours de certaines paroisses et une circulation des véhicules anti-émeute avec à leur bord des policiers lourdement armés.
Au cours de la marche pacifique, les chrétiens accompagnés de leurs clergés dont certains étaient en soutane blanche portant des bibles, chapelets, crucifix, statuettes de Marie et autres images sacrées, priaient et chantaient des cantiques religieux.
Les ONGDH ont observé des attaques contre les paroisses catholiques à divers endroits de la ville de Kinshasa. A titre illustratif :

  • À la paroisse Saint Joseph de Matonge dans la commune de Kalamu, les chrétiens scandant des cantiques étaient rejoints par les marcheurs venant de la paroisse Sainte Marie Goretti de KAUKA aux environs de 8 heures. Vers 8 heures 40, la Police Nationale Congolaise (PNC) s’est mise à lancer intensément des bombes à gaz lacrymogène dans l’enceinte de ladite paroisse ;
  • À la paroisse Saint Raphaël, sur le Boulevard LUMUMBA, dans la commune de LIMETE, le judoka Munshi alias « Chaleur », de la Ligue des jeunes du PPRD, à la tête d’un groupe des jeunes armés des machettes, menaçait d’entrer dans l’enceinte pour s’attaquer aux chrétiens ;
  • À la paroisse Saint Gabriel à Yolo sud dans la commune de Kalamu, les policiers ont lancé des bombes à gaz lacrymogène pour disperser les chrétiens qui étaient dans l’enceinte de la paroisse ;
  • A La paroisse Saint Kizito au quartier Kingabwa ; quatre camions lance-eau, deux grands camions transportant les policiers ont encerclé l’église empêchant le mouvement des chrétiens ;
  • A la paroisse Saint Dominique de Limete, les policiers ont jeté des bombes à gaz lacrymogènes dans l’enceinte.
    La brutalité sur les personnes a été observée dans tous les points de départ de la marche.
  • A la Paroisse Saint Joseph de Matonge, des femmes ont été frappées dans tous les alentours de la paroisse. Le bureau des Amis de Nelson Mandela pour les Droits humains a été violé par des policiers à la recherche des marcheurs. Plusieurs personnes ont été arrêtées dont les Abbés Placide Okalema, Bernard Mimbayi, Leon Matiti ainsi que deux religieuses ;
  • Le Curé de la Paroisse Saint Raphaël et les chrétiens qui se trouvaient sur l’avenue de l’Université, ont été brutalisés et repoussés dans l’enceinte de leur paroisse par les agents de la PNC ;
  • A la paroisse Saint Dominique de la 13e rue de la Commune de Limete résidentielle, les chrétiens ont été brutalisés, arrêtés et amenés dans la Jeep 02 0076 de la légion PIR commandée par le Colonel Elvis. Il s’agit notamment de : Madame Suzi, messieurs Paul Kitenge, Bilomba François et Constant Kangudi ;
  • Sur l’avenue Kimwenza à Yolo-Sud dans la commune de Kalamu, la PNC s’attaquait à tout passant. M. Robert Ilunga Numbi, Directeur Exécutif de l’ONG Amis de Nelson Mandela pour les Droits humains (ANMDH) a été brutalisé et son téléphone extorqué ;
  • A Saint Benoît au quartier Lemba 9, pendant que les chrétiens sortaient de la paroisse, la police a lancé des bombes à gaz lacrymogènes.
    Les ONGDH condamnent fermement tous les actes de violence, brutalité, arrestations arbitraires commis par les éléments de la PNC.
    Les ONGDH estiment que les éléments de la PNC devraient protéger la population conformément aux prescrits de la constitution garantissant les libertés fondamentales, notamment le droit d’exprimer son opinion sur la gestion de la chose publique, le droit de manifester publiquement et le droit de demander à ce que sa cause soit entendue.
    Les ONGDH font leur, les revendications des croyants et demandent à ce que la leur cause soit entendue, notamment : la démission des dirigeants de la CENI et le rétablissement de la vérité des urnes.
    Enfin, les ONGDH recommandent à ce que toutes les personnes arrêtées soient immédiatement relâchées sans condition.
    Fait à Kinshasa, le 16 février 2012
    Les ONGDH
    Action contre l’Impunité pour les Droits humains (ACIDH)
    ANGES DU CIEL
    Amis de Nelson Mandela pour les Droits Humains (ANMDH),
    Association Africaine de défense des Droits humains (ASADHO)
    CODHOD
    LIGUE DES ELECTEURS
    Observatoire des Droits humains (OCDH)
    Œuvre Sociale pour les Développement (OSD)
    Reseau d’Education Civique du Congo (RECIC)
    TOGES NOIRES
    Voix des Sans Voix (VSV)

 

 

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