Tout comme de nombreux islamistes créent des troubles en France, l’Espagne est aussi victime de ce fléau intégriste.

Deux islamistes ont été arrêtés en Espagne sur des accusations de torture et de meurtre de deux musulmans pour « abandon de l’islam radical. » Les arrestations ont eu lieu quelques jours seulement après que les journaux espagnols aient signalé que des djihadistes espagnols ont tenté de se rendre en Syrie pour participer aux bains de sang actuels.

Les autorités espagnoles affirment que ces incidents – les derniers d’une longue série – symbolisent parfaitement l’accélération et la propagation de l’islam salafiste dans le pays. Le National Intelligence Center (NIC), en compagnie de l’Institut espagnol pour les Etudes stratégiques (un organisme lié au ministère de la Défense), vient de remettre un rapport de 43 pages au Premier Ministre, intitulé « les mouvements islamistes en Espagne« . Pour la première fois depuis longtemps, les auteurs de ce très rigoureux rapport affirment que ce radicalisme est la plus sérieuse menace à la sécurité de l’Espagne.

Rachid Mohamed Abdellah et Nabil Mohamed Chaib, tous deux citoyens espagnols d’origine marocaine, ont été emprisonnés après avoir été interrogés par le juge Eloy Velasco de la Cour nationale (Audiencia Nacional) de Madrid le 28 juin.

Nabil Mohamed Chaib, Rachid Abdellah Mohamed

Selon la police, les deux hommes, âgés de 25 et 30 ans, sont membres d’une cellule islamiste basée dans la ville de Melilla, une enclave espagnole sur la côte nord du Maroc. Ils sont accusés d’avoir torturé et tué deux autres membres de la cellule qui « ont adopté un comportement d’Occidental et ont voulu se désengager de la lutte pour le djihad ». Selon les autorités espagnoles, ces crimes ont été mis en place après un jugement sommaire d’un « tribunal islamique » qui appelle au meurtre des infidèles.

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Le ministre de l’Intérieur Jorge Fernández Díaz a déclaré que les suspects sont « capables de mener des attaques particulièrement brutales » et partagent « la même orthodoxie radicale » que les islamistes qui ont perpétré les attentats de mars 2004 à Madrid, lors lesquels 191 personnes ont été tuées et 1 800 blessées.

Lors d’une conférence de presse donnée suite à ces arrestations, le directeur général de la police espagnole, Ignacio Cosidó, a déclaré : « Ils faisaient partie d’un groupe extrêmement radical. Ils ont commis un double assassinat des membres de leur propre organisation qui avaient montré des signes de ‘défaillance occidentale’. Leur idéologie est clairement djihadiste et ils voient le terrorisme comme un moyen d’atteindre leurs objectifs. Par conséquent, ils constituent une menace de premier ordre. »

Abdellah et Chaib ont été arrêtés après une confrontation prolongée avec la police, qui a été agressée par des jets de pierres et de cocktails molotov par la population musulmane locale.

La police espagnole affirme en outre que la cellule était composée principalement de citoyens espagnols venus d’Afrique du nord, principalement de Marocains. Les suspects s’occupaient du recrutement et de l’endoctrinement de jeunes musulmans, pour ensuite les former et les envoyer dans des camps paramilitaires en Afghanistan. La cellule était « particulièrement secrète » et avait adopté des « mesures de stricte sécurité ».

Les membres de la cellule étaient forcés de vivre une vie de soumission à la branche de l’islam takfiri, une émanation violente du salafisme fondamentaliste saoudien, qui cherche à établir un califat islamique au Moyen-Orient et en Europe. Parmi leurs autres croyances, les takfiris considèrent la violence comme un moyen légitime d’atteindre leurs objectifs religieux et politiques.

Par ailleurs, neuf islamistes accusés de planifier des attaques terroristes visant à « libérer » l’Espagne et à y installer l’islam ont été déclarés non coupables par la Cour nationale de Madrid, en avril 2012. Les procureurs espagnols ont déclaré que les hommes, les salafistes djihadistes qui appartiennent à une cellule connue sous le nom d’ »Armée du Messie » (Ansar al-Mahdi) – ont cherché à « libérer » les villes de Ceuta et Melilla de la domination espagnole pour commencer la reconquête de l’Espagne.

Bien que les procureurs aient prouvé que ces islamistes étaient « des djihadistes adeptes du martyr », il « manque des preuves irréfutables que ces hommes ont bien l’intention d’attaquer des intérêts espagnols ». Le juge a ajouté que « le terrorisme est davantage que l’expression d’idées radicales. La liberté d’expression et la diffusion d’idées, de pensées ou de doctrines est une caractéristique du système démocratique que nous devons protéger, même pour ceux qui sont en désaccord et défendent le changement. »

C’est sur la base de cette décision dangereuse pour l’avenir de l’Espagne que le rapport du NIC a été publié officiellement, alors qu’il était tenu secret jusqu’alors. Et le NIC parle de « symptômes alarmants » comme « la présence en Espagne d’un groupe salafiste nommé Takfir wal-Hijra, qui souscrit à la version ‘la plus radicale et violente du salafisme-djihadisme’ ».

La doctrine du Takfir wal-Hijra favorise « le djihad sans règles » en tolérant des pratiques non musulmanes, telles que boire de l’alcool et organiser le trafic de drogues, comme couverture pour des activités extrémistes. Selon le NIC, le groupe aspire à asservir la planète entière en vertu d’un « califat mondial régi exclusivement par la charia islamique ». Les membres du groupe sont maintenant fermement établis à Barcelone, Madrid, Malaga et Valence.

Le document stipule en outre que la police a détecté des activités de ce mouvement dans 4 mosquées de Barcelone et deux autres de Valence. Les mosquées sont « dirigées par des imams radicaux d’Algérie et du Maroc » et sont des centres de « prosélytisme et de recrutement pour les nouveaux membres, en utilisant l’instruction religieuse comme un leurre. »

Le rapport du ministère espagnol de la Défense examine quelques-uns des principaux groupes islamistes opérant en Espagne, comme Takfir wal-Hijra, Tablighi Jamaat et les Frères musulmans, la Justice et la Charité du Maroc, et conclut que l’islam radical est en forte progression en Espagne. Il montre également que le dénominateur commun entre tous ces groupes est leur désir commun d’établir un califat islamique.

Le document précise également : « Le large éventail de libertés dans les pays comme l’Espagne, telles que la liberté d’expression et d’association, et les protections judiciaires étendues, représentent paradoxalement un avantage pour les mouvements islamistes qui souhaitent diffuser des messages opposés à la démocratie ou des messages qui favorisent la radicalisation… Les groupes djihadistes peuvent diffuser une série de principes contraires à nos valeurs démocratiques et constitutionnelles, ou contraires à l’intégration dans la société de résidence, en plus de la mise en œuvre des sentiments de marginalisation ou de victimisation, qui pourraient servir de terrain fertile au recrutement jihadiste. »

Une étude récente menée par le ministère espagnol de l’Intérieur fournit un éclairage supplémentaire sur les croyances des musulmans en Espagne. Intitulé « Des valeurs, attitudes et opinions des immigrants musulmans« , le rapport montre que plus de la moitié des musulmans en Espagne se considèrent comme « très religieux ». Seulement 12 % disent qu’ils sont non-pratiquants.

Plus de 80 % sont opposés à l’interdiction de la burka et seulement 39 % disent qu’ils sont opposés à l’établissement de tribunaux islamiques de la charia au Espagne. Plus de 60 % des personnes interrogées disent obéir aux instructions des imams de leurs mosquées locales.

En mars, les autorités espagnoles ont arrêté un prédicateur islamiste radical qui appelait les musulmans à recourir à la violence physique et psychologique contre les « épouses errantes qui refusent de se soumettre à la charia ou d’obéir à leurs maris. »

Abdeslam Laaroussi

Abdeslam Laaroussi, un imam marocain qui prêche dans une mosquée importante de Terrassa, une ville industrielle à 30 kilomètres au nord de Barcelone, est accusé par la justice espagnole d’« incitation à la violence contre les femmes » et d’avoir « fourni des exemples concrets de la manière dont les femmes doivent être battues, dont on peut les isoler au sein de la maison, ou de les empêcher de refuser des relations sexuelles. »

Plus de 1 500 personnes assistent aux prêches de cet imam chaque vendredi. Ce dernier a refusé de coopérer avec la police espagnole car « il ne reconnaît pas la légitimité de l’Etat espagnol ».

David Da Silva – Inspiré d’un article de Soeren Kern – StoneGate Institutehttp://jssnews.com/2012/07/03/la-propagation-spectaculaire-de-lislam-radical-en-espagne/

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