Démosphère est un agenda, présenté comme "alternatif", de réunions et d'actions politiques à vocation sociale en région parisienne. Les sujets se distribuent dans un panel large : écologie, anarchisme, sans papiers, anticapitalisme, antimilitarisme, victimes de la police, etc. Naturellement, le féminisme est au cœur des préoccupations de l'équipe de Démosphère mais ce cœur ne penche pas franchement du côté d'un féminisme réellement émancipateur (pléonasme), celui qui doit considérer tous les ressorts de la domination par le patriarcat, toutes les barrières à la liberté et à l'autonomie des femmes. A cela Démosphère préfère un féminisme vidé de sa substance pour n'être plus qu'une enveloppe flasque ouverte aux détournements : le "féminisme islamique". Si vous n'êtes pas sûr d'avoir bien lu, risquez une deuxième tentative en fixant bien ces deux mots : "féminisme islamique".

Pour la seconde fois, Démosphère fait la promotion d'une conférence de Zahra Ali intitulée "Les féminismes islamiques" qui sera organisée le 30 novembre à Paris : http://www.demosphere.eu/node/31403. Le texte de présentation est une propagande grossière pour s'indigner de l'"opposition trompeuse entre mouvements émancipateurs et pratiques religieuses" et agiter l'épouvantail du racisme. Toujours accuser son chien de la rage. Les commentaires de lecteurs et lectrices sont plus riches d'enseignements. Du côté des "pour", on crie à l'islamophobie, à l'intolérance. Pire, une lectrice ne craint pas de se présenter comme une "meuf" alors que la vulgarité de ce terme est une production typique de l'étroitesse cérébrale des jeunes machos. Qu'une femme l'adopte en dit long sur le gouffre qui la sépare d'un féminisme qui refuse de ployer sous la conformation d'une société, avec ses codes de langages, par des mâles dominants ou qui se rêvent tels.

Du côté des "contre", la notion de "féminismes islamiques" est présentée comme un oxymore. Plus intime, une lectrice ose orienter la discussion sur la sexualité, un sujet qu'éviteront toujours les militantes voilées pudibondes. Clamer haut et fort son "féminisme islamique" est une chose, franchir le pas d'une sexualité qui ne soit pas strictement délimitée par la religion imposerait de briser les tabous fondateurs de l'ordre islamique, conçus par et pour des mâles affolés par le plaisir. Impensable.

La conférence du 30 novembre est la seconde partie d'une précédente qui s'est tenue le 9 juin 2012 et qui avait aussi été annoncée dans l'agenda : http://www.demosphere.eu/node/30305. Mais l'ouverture de Démosphère à la pratique démocratique du débat s'était rapidement avérée être une imposture : après seulement deux commentaires défavorables, Démosphère avait bloqué autoritairement l'ajout de nouveaux messages ! De plus, ces étranges démocrates ont oublié d'être rebelles en présentant ces deux contributions comme des "débordements", un mot typique du vocabulaire policier pour discréditer la contestation. "Dogmasphère" conviendrait donc mieux à cette équipe d'hypocrites. A ce jour (16 septembre 2012), les commentaires pour la conférence du 30 novembre sont toujours ouverts : une raison supplémentaire pour y apporter votre contribution...

 

 

sources ; http://www.demosphere.eu/node/31403.

 http://atheisme.org/

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