La division au nord du Mali

Les voisins du Mali, s’inquiètent du contrôle d’une partie du territoire par les hommes d’Aqmi, qui se sont rapprochés à présent, à tel point qu’on ne les distingue plus vraiment, du mouvement islamiste local Ansar Dine.  Dirigé par Iyad Ag Ghali, un chef historique des dissidences touaregs, Ansar Dine est entré en croisade au nom de l’islam. Il entend imposer la charia mais, fidèle à l’idée du califat mondial qui doit dominer la planète, n’exige pas la création d’un nouvel État. Ces hommes reçoivent le renfort du mouvement islamiste Boko Haram, venu du Nigéria. Les islmaistes se distinguent clairement du MNLA “Mouvement national pour la libération de l’Azawad” qui réclame l’indépendance et se veut d’obédience laïque, ce sont surtout des militaires.
 
 
 
La montée islamiste au Mali
 
Une fois de plus, les experts se sont trompés. Ceux qui, comme toujours, ont tendance à minimiser la présence islamiste (ils ont fait le coup pour la Tunisie, pour l’Egypte, pour la Lybie, ils le font aussi aujourd’hui pour la Syrie), les chercheurs de tous les instituts de géopolitique (à l’image de l’IRIS), ont affirmé que le rapport de force était clairement en faveur du MNLA, quoiqu’avouant toutefois  pour certains ne pas bien connaître la force des troupes d’Aqmi au Mali. Mais c’était une fois de plus, sous-estimer les islamistes qui ont su se regrouper derrière Ansar Dine, le mouvement local qui partage l’idéologie djihadiste qui seule, suffit à réunir. Et Ansar Dine monte en puissance, contrôlant notamment Kidal, leur fief, et surtout Tombouctou, dont ils ont chassé le MNLA.
 
Le Mali et ses voisins
 
Au Sahel, se renforce une «zone grise» où s’installent terroristes et trafiquants, qui pousse aujourd’hui les États voisins à intervenir. Le chef d’Etat mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, engagé dans la lutte contre Aqmi, a appelé dimanche la communauté internationale à agir vite car “tous les ingrédients sont là pour faire du Mali un Afghanistan. […] Les États qui vont combattre les [terroristes, NDLR] feront face à une armée.” Et, face à la peur du péril islamiste, lui aussi comme d’autres, s’est déclaré favorable à un dialogue, à un accord avec les Touaregs du MNLA. Sans être gagnant sur le terrain, le MNLA pourrait gagner politiquement s’il parvient à assurer qu’Ansar Dine ne contrôlera pas le nord du Mali.

 

 

 

 

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