Encore une primaire entachée d'irrégularités


Dray tente d'écarter son fils Malek Boutih de la succession

Le divorce s'engage lorsque Julien Dray demande au PS de geler la circonscription.
Le cofondateur de SOS racisme dit vouloir se donner le temps de la réflexion, car il craint de "briguer le mandat de trop". Mais il ne renonce pas non plus. Le hic ? Son ancien "fils le plus proche" (l'Express) a toujours eu des vues sur le siège, une fois son "père" éjecté.

Boutih se déclare plus légitime dans les colonnes du Nouvel Obs.
"Je suis adhérent de la fédération de l'Essonne depuis 20 ans. Naturellement, j'ai envie d'être candidat dans cette circonscription. J'ai milité sur le terrain dès 1988. J'ai implanté l'équipe de Julien Dray au niveau local. Les gens me connaissent. Les militants me font confiance. Je veux bousculer tous ses vieux crocodiles. Il faut laisser la place aux nouvelles générations."


"Dans la cité, les jeunes l'ont surnommé Malek Bounty"
Et il ne recule devant rien. Début décembre, il envoie une lettre à la direction du PS, accusant Julien Dray de fraude électorale. Dans sa dénonciation, il réclame la suspension par le PS de son ancien mentor. "Malek Boutih est en perdition. Je suis triste de le voir réduit à cela, mais je ne le laisserai pas entraîner les militants et la 10e circonscription dans sa chute. Je n'ai évidemment rien à me reprocher" avait alors rétorqué l'intéressé, un brin énervé.

Pour trancher dans le vif et ne pas ébruiter cette nouvelle affaire de fraude en pleine campagne présidentielle, le PS décide début janvier d'exclure Julien Dray de la course. L'équipe de  Brochen-Aubry décide de réserver la circonscription à un "candidat de la ...diversité" et de soumettre la désignation de celui-ci au vote des militants.

Mais Dray ne se laisse pas effacer
Malek Boutih croit avoir gagné la partie quand Fatima Ogbi présente sa candidature. Selon Le Nouvel Obs, Dray est alors soupçonné de manigancer son retour: si son adjointe gagne, avec Julien Dray comme suppléant, elle pourrait lui laisser sa place une fois élue. "Ce n'est qu'une rumeur! Mon suppléant est un adjoint au maire d'une commune de l'Essonne. Et cela ne changera pas", rétorque Fatima Ogbi.

Et la victime du Premier secrétaire Brochen-Aubry redouble de combativité pour ne pas se laisser écraser par le favori de la patronne du PS. "Boutih n'est pas militant à Grigny, seulement adhérent. Ici, il ne vient jamais, les trois quart des gens de la section ne le connaissent pas. Et dans la cité, les jeunes l'ont surnommé Malek Bounty, parce qu'il est blanc à l'intérieur", stigmatise la candidate.

Comment le fils veut tuer le père
La violence des rivalités contraste avec la force de la relation passée des frères ennemis. "C'est l'incompréhension. Ils passaient leurs vacances et jouaient au poker ensemble. Malek est le parrain du fils de Julien", observe Fodé Sylla, lui aussi ex-patron de SOS racisme.
"Il y a plusieurs cercles autour de Julien, et Malek était le seul qui faisait partie de tous", ajoute un autre proche dans Libération. "J'étais son homme de confiance. Tout ce que je sais, c'est lui qui me l'a appris", confirme même au Monde Malek Boutih.

Les deux hommes se connaissent depuis 1984, et l'arrivée de Boutih à SOS racisme, fondé un an plus tôt par Julien Dray avec le concours de François Mitterrand. À l'instar de nombreux autres jeunes, Dray le trotskiste le formera au militantisme. Ils se suivront au PS, en soirée et dans les salles de ciné. Peut-on résumer la fin de trente ans d'amitié par une querelle politique ? "C'est une affaire psychologiquement dure et politiquement compliquée", explique à Libé la sénatrice Laurence Rossignol, qui pris son envol depuis le nid de Dray. L'ambition, elle ne peut imaginer ce que c'est, puisqu'ils ne pensent qu'à défendre les intérêts des défavorisés, pensait jusqu'ici la population.

Vers un marchandage ministère ou présidence de l'Ile de France ?
Ce n'est pas la première fois que le gourou Julien Dray s'attire l'hostilité de ses anciens adeptes. "Il exerce une sorte d'emprise sur eux. Il forme les gens. Mais paraît se satisfaire ensuite de les bloquer", accuse dans Le Monde Olivier Leonhardt, ancien assistant parlementaire de Dray et maire de Sainte-Geneviève-des-Bois. Aurait-il eu à souffrir du sadisme de Juju Dray ? "On ne tourne pas la page Dray. On l'arrache" va jusqu'à nous confier un dirigeant socialiste anonyme qui ne veut pas se faire éclater les deux genoux.
Raquel Garrido maintenant dans l'équipe de campagne du trotskiste Jean-Luc Mélenchon, François Delapierre, directeur de campagne du candidat des communistes, ou encore Sergio Coronado, directeur de campagne d'Eva Joly, candidate des altermondialistes d'Europe Ecologie..., tous sont d'anciens poulains de SOS racisme qui lui ont tournés le dos et acceptent à peine de lui adresser la parole dans les couloirs de l'Assemblée.

"Je suis d'une nouvelle époque, je ne sais pas pourquoi ils lui en veulent. Tout ce que je peux dire, c'est que moi il m'a toujours laissé beaucoup de responsabilité. Il fait attention à moi, il est affectif, mais il n'est pas paternaliste", assure quant à elle Fatima Ogbi.

Le jeu des chaises musicales reprend
À un tournant crucial de sa carrière, l'intrigant reste pour le moment tapi dans l'ombre et se fait rare désormais dans les media. Certains murmurent qu'il attend une victoire de la gauche et un éventuel ministère, ou une passation de pouvoir entre Jean-Paul Huchon et lui à la tête de l'Ile-de-France, aux prochaines élections régionales.


Culture socialiste de la tricherie, culture inférieure ?...

Des soupçons de bourrage d'urnes entachent la désignation du candidat à la succession de Julien Dray aux prochaines législatives à Grigny-Sainte-Geneviève: une "poignée" de votes a bloqué la régularité du dépouillement dans la 10e circonscription de l'Essonne, ce vendredi.

La démocratie a des ratés au PS
Jeudi soir, une primaire devait départager les postulants (ceux que ce pauvre Montebourg appelle des "impétrants" !) à la succession de Julien Dray, député PS sortant qui ne se représente pas, à la suite de ses nombreuses affaires de justice.

La triche - élevée au rang de science politique - n'a pas permis à la commission électorale du PS réunie ce vendredi de trancher entre l'ex-président de SOS racisme Malek Boutih et Fatima Ogbi, la suppléante de Julien Dray, que la direction du PS désavoue.

La commission fait obstacle à la candidate de Julien Dray
Ils refont en Essonne le coup du congrès de Reims où la maire de Lille et l'amère Royal se déchirèrent !


Jeudi soir, Boutih a clairement revendiqué la victoire après avoir devancé sa rivale d'une courte tête à la fin du dépouillement (154 voix contre 151). Mais à la suite d'un recours de dernière minute de l'ancien président de SOS Racisme, neuf bulletins n'ont pas été comptabilisés, provoquant la colère du camp d'en face. La commission électorale devait décider ce vendredi si elle ouvrait les dits bulletins - ce qui aurait pu donner la victoire à Fatima Ogbi - ou si elle validait le premier résultat favorable à Boutih.

A ce jour, les commissaires ont décidé de ne rien faire...
Les bulletins n'ont pas été ouverts, ce qui redonne espoir à Malek Boutih. "Il n'y a pas vainqueur officiel à cette primaire pour l'instant, confie un membre de la commission électorale. Il y aura une investiture mardi."

"Touche à mon pote"
Le feuilleton - qui se déroule sous fond de tensions vives entre Julien Dray et son ex-"pote" Malek Boutih - continue: suite au prochain numéro !

Tricherie ordinaire, indécision permanente.
 
 
 
 
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