La plupart des gens considèrent que l’antiracisme est un mouvement d’une grande pureté incarné par des anges, à l’abri de toute récupération. Pourtant, toutes les grandes associations antiracistes françaises sont structurellement les alliés du pouvoir politique et économique.

Prenons SOS-Racisme :

 Selon la légende, cette association fut créée en 1984 à l’aide de deux prêts étudiants de 50000 francs. Pour Philippe Juhem, cette fable ne tient pas ; il considère au contraire “plus probable que l’association ait reçu au moment de sa création de l’argent provenant du cabinet de l’Elysée […] Ce versement a évidemment été tenu secret pour ne pas écorner l’image d’autonomie apolitique du débiteur[1]”.

 Pourquoi le gouvernement socialiste d’alors aurait-il sponsorisé la création de la plus importante association antifasciste de France ?

Serge Malik, membre fondateur de l’association, nous livra quelques éléments de réponse lorsqu’il la quitta en 1990. Il se déclara écœuré par la mainmise de la majorité et du show-business sur SOS-Racisme, qui fut immédiatement transformé en instrument politique destiné à servir des intérêts précis, à savoir : conférer à Mitterrand (et d’autres célébrités) une légitimité auprès de la jeunesse, promouvoir l’image du PS sur le terrain et en particulier auprès des populations immigrés, mais aussi assurer une propagande pro-israélienne dans les médias [2].

Lionel Jospin, Ministre de l’Education en ce temps-là, admettra que l’antiracisme de la gauche n’était qu’un outil de communication : “pendant toutes les années du mitterrandisme nous n’avons jamais été face à une menace fasciste. Tout antifascisme n’était que du théâtre [3]”.

Voilà pour la création de l’association. Mais aujourd’hui, SOS-Racisme a-t-elle gagné une crédibilité, un soutien populaire ?

 

En fait, non. Il semblerait que personne mandate cette association pour parler en leur nom ; ses comptes officiels [4] nous indiquent que ses adhésions ne financent ses activités qu’à hauteur de 2% (ce qui signifie que l’association ne possède pas plus de 500 adhérents à jour de cotisation). Le fonctionnement d’SOS-Racisme est en fait très largement assuré par les subventions publiques (à hauteur de 64%), ainsi que l’argent des donateurs privés Pierre Bergé (propriétaire de Le Monde) et la fondation américaine Ford, que plusieurs observateurs[5] considèrent comme “l’un des habituels faux nez des services secrets américains”.

A ce sujet, François Asselineau aime rappeler que “que le syndicat Force Ouvrière fut créé et financé par la CIA” et que “la CIA a soutenu certains milieux se réclamant du trotskysme ou du maoïsme, certains syndicats étudiants, la construction européenne, etc.” Si l’antifascisme fait le jeu des Etats-Unis, le bon sens voudrait que l’on se demande s’il fait encore celui de la France.

 

Les autres associations antifascistes ne sont pas aussi transparentes quant à leur budget, mais tout laisse penser qu’elles ne possèdent pas plus d’adhérents qu’SOS-Racisme et que leurs principaux apports proviennent directement du gouvernement.

 Par exemple, le président du CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires) reconnait que son organisation n’existe que grâce à l’argent de l’Etat, de Pierre Bergé et de la fondation Ford (une fois encore), ainsi que d’un certain nombre de grandes entreprises françaises [6].

La LICRA, elle non plus, ne dévoile pas publiquement ses comptes. Mais cette association antifasciste (en réalité, il s’agit plutôt d’une association pro-israélienne) a signé en 2010 une convention [7] avec le ministère de l’intérieure prévoyant une coopération renforcée entre les deux organismes. La LICRA s’engage par exemple à “former la police à la lutte contre le racisme”, à “échanger des informations” et des “statistiques”, à “coopérer en matière de veille sur Internet”, etc. Par cet accord, la LICRA devient de facto l’informatrice de la police nationale.

Mais il existe des mouvements encore plus soumis au pouvoir.

Par exemple le collectif antifasciste REFLEXes, probablement le plus important de France, fait partie du réseau européen UNITED. Ce réseau est financé par la Commission européenne, le Conseil de l’Europe, le Conseil mondial des Eglises, le Conseil culturel de Suède, des groupes parlementaires européens vert, socialiste et communiste, le Ministère des affaires étrangères suisse, mais aussi au moins deux ministères de la police (ministères de l’intérieur britannique et néerlandais)[8].

Il s’agit là d’une contradiction inquiétante pour des militants se réclamant de l’anarchisme. La même réflexion peut être faite au sujet des “anarcho-libertaires” responsables du réseau Indymedia, un site particulièrement actif dans la chasse-aux-sorcières d’extrême droite, grassement financé par le gouvernement américain ainsi que des fondations américaines telles que la fondation Rockefeller ou la fondation Ford [9].

Ces quelques faits laissent dubitatif. Pourquoi des associations qui possèdent si peu d’adhérents sont à ce point surreprésentées dans les médias et les débats publiques ?

Pourquoi l’Etat finance-t-il des associations politiquement partisanes (puisqu’elles luttent contre “l’extrême droite”) ?

Quel crédit accorder à des associations qui se revendiquent de la gauche, du libertarisme ou de l’anticapitalisme, alors qu’elles sont financées par l’Etat, la police, des puissances étrangères et des multinationales ?

En réalité, ces associations ne sont plus des moyens d’action mais des fins en soi. Elles naissent, tissent des réseaux politico-économiques et deviennent des lobbys au cœur de la République. Elles tentent ensuite de survivre et de se faire connaitre pour au final ne  représenter personne sinon elles-mêmes. Leurs cadres justifient leur salaire en traquant le fascisme et le racisme partout, y compris là où il n’existe pas, ce dont s’excuse Serge Malik : “Au début de l’association, on avait vraiment envie que tous les crimes contre les arabes soient des crimes racistes. […] On faisait une pseudo-enquête, on allait voir la famille, on tirait trois larmes, on organisait une manif sur place – ça se passait pas toujours très bien d’ailleurs – et puis on remontait à Paris et on disait Oui oui, c’est un crime raciste”. Difficile de ne pas être touché par tant d’humanisme.

 

 

Sources :

Benjamin Stock/ http://tu-penses-comme-tout-le-monde.tumblr.com/article4

[1] Gérald Andrieu, Perquisition chez Julien Dray: le père des potes aurait-il touché? , Marianne 2, 19 décembre 2008

http://m.marianne2.fr/index.php?action=article&numero=94503&com

[2] Serge Malik répond aux questions de Thierry Ardisson dans l’émission “Lunettes noires pour nuits blanches”, 1990 : http://www.dailymotion.com/video/xdssi6_l-imposture-sos-racisme-devoilee-pa_news

[3] Lionel Jospin dans l’émission “Répliques” sur France-Culture, 27 octobre 2007 : http://www.dailymotion.com/video/x3erk3_jospin-lantifascisme-netait-que-du

[4] Rapport de vérification et de contrôle de l’année 2009 : http://www.journal-officiel.gouv.fr/publications/assoccpt/pdf/2009/3112/335186631_31122009.pdf

[5] François Asselineau - Union Populaire Républicaine, QUI VEUT NUIRE À L’UPR ? Dr JEKYLL & Mrs HYDE : « L’ANTIFASCISTE » BOUTOLEAU ET LA TRÈS AMÉRICANOPHILE « PROFESSOR » GUYET, Billet publié sur Facebook, 14 juin 2011

http://www.facebook.com/notes/fran%C3%A7ois-asselineau-union-populaire-r%C3%A9publicaine/qui-veut-nuire-%C3%A0-lupr-dr-jekyll-mrs-hyde-lantifasciste-boutoleau-et-la-tr%C3%A8s-am%C3%A9r/10150201715007038

[6] Tefy Andriamanana, Le lobbying du CRAN, au service des Noirs … ou du CRAN ?, Marianne 2, 11 Janvier 2011

http://www.marianne2.fr/Le-lobbying-du-CRAN-au-service-des-Noirs-ou-du-CRAN_a201398.html

[7] Site officiel du ministère de l’intérieur, 7 décembre 2010, http://www.interieur.gouv.fr/sections/le_ministre/interventions/signature-convention-licra/view

[8] Site de la CNT-AIT, Quelques questions de principe…, 23 août 2008 : http://cnt-ait.info/article.php3?id_article=1553

[9] François Asselineau - Union Populaire Républicaine, QUI VEUT NUIRE À L’UPR ? Dr JEKYLL & Mrs HYDE : « L’ANTIFASCISTE » BOUTOLEAU ET LA TRÈS AMÉRICANOPHILE « PROFESSOR » GUYET , Billet publié sur Facebook, 14 juin 2011

http://www.facebook.com/notes/fran%C3%A7ois-asselineau-union-populaire-r%C3%A9publicaine/qui-veut-nuire-%C3%A0-lupr-dr-jekyll-mrs-hyde-lantifasciste-boutoleau-et-la-tr%C3%A8s-am%C3%A9r/10150201715007038

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