Les chrétiens du Soudan sont confrontés à des restrictions et une hostilité croissantes depuis l’indépendance de la partie sud du pays il y a six mois, affirment aujourd’hui des responsables d’Église qui pointent du doigt les arrestations et les enlèvements de chrétiens, ainsi que les menaces proférées à l’encontre du clergé. Par ailleurs, l’application prévue de la charia (la loi islamique) dans le pays laisse selon eux augurer de nouvelles difficultés.

« Les restrictions ne sont pas chose nouvelle au Soudan, mais nous sommes préoccupés par le durcissement de la situation depuis la sécession du Sud. Avec la charia, nous nous attendons à ce que le contexte devienne encore plus difficile », déclare ainsi le pasteur Mark Akec Cien, secrétaire général adjoint du Conseil des Églises du Soudan, à l’agence œcuménique ENINews.

Sur fond de tensions croissantes, le président Omar El Béchir a répété le 3 janvier que la constitution du Nord allait accorder une place plus grande à la loi islamique, puisque le Sud – non musulman – est devenu indépendant.

« Le christianisme considéré comme étranger »

À la même période, le ministre soudanais de la conduite et des fondements religieux a menacé de mettre les responsables d’Église aux arrêts s’ils menaient des activités d’évangélisation, indique Compass Direct News, un service de presse qui dénonce les persécutions de chrétiens, selon qui le ministère a par ailleurs exigé les noms et adresses des Églises. Celui-ci évoque une lettre d’avertissement envoyée à l’Église évangélique presbytérienne du Soudan le 3 janvier par Hamid Yousif Adam, sous-secrétaire du ministre.

« La situation à laquelle est confrontée notre Église au Soudan est critique », a déclaré le pasteur Yousif Matar à Compass Direct News.

John Ashworth, conseiller auprès du Forum œcuménique du Soudan, a expliqué le 19 janvier que la vie de l’Église au Soudan pourrait en pâtir énormément. « Le christianisme est d’ores et déjà considéré comme étranger », a-t-il dit.

Deux prêtres catholiques enlevés

Dans le même temps, les craintes se sont faites plus vives parmi les chrétiens suite à l’enlèvement, dimanche 15 janvier, de deux prêtres catholiques par une milice à Rabak, (260 km au sud de la capitale Khartoum).

Commentant cet enlèvement, Mgr Daniel Adwok, évêque auxiliaire de Khartoum, a déclaré au correspondant d’ENINews que la milice exigeait une rançon de 500 000 livres soudanaises (142 000 €) pour que les religieux soient libérés.

Selon l’agence vaticane Fides, les deux prêtres auraient été enlevés par une milice opposée au nouveau gouvernement du Soudan du Sud et appuyée par le Nord.

 

ProtestInfo et Fides/http://www.la-croix.com

Retour à l'accueil