Alors qu’était organisée vendredi 23 mars à Vienne une « marche silencieuse pour les chrétiens persécutés », à laquelle a participé le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, la Conférence des évêques autrichiens a vivement condamné vendredi l’appel à la destruction des églises en Arabie Saoudite lancé récemment par le grand mufti saoudien, le cheikh Abdul Aziz bin Abdullah.

Le cheikh Abdul Aziz bin Abdullah, grand mufti d’Arabie saoudite, a déclaré récemment à un groupe de députés koweitiens qu’il était interdit de construire sur la péninsule arabique, et donc dans les États du Golfe, de nouvelles églises. Il a également appelé à la destruction de l’ensemble des églises de la péninsule, « où il y en a beaucoup trop ».

« Une telle déclaration est pour nous, évêques, complètement inacceptable et incompréhensible, alors qu’il existe différentes initiatives de dialogue interreligieux sur la péninsule arabique », déclare la conférence des évêques autrichiens dans un communiqué publié à l’issue d’un rassemblement à Tainach (sud). Elle estime qu’une telle déclaration ne menace pas seulement les chrétiens sur la péninsule arabique, mais dans le monde entier. « Dans une période comme celle-ci, où les révolutions arabes créent des troubles dans toute la région, de telles déclarations n’aident pas les gens. »

Droit d’exister des églises et des chrétiens

« Nous demandons une explication officielle et une affirmation claire du droit d’exister des églises et des chrétiens dans cette région », exigent les évêques autrichiens.

Kathpress rappelle que le roi Abdallah a participé en 2008 à Madrid à un congrès pour le développement du dialogue interreligieux. En octobre dernier, l’Autriche et l’Arabie saoudite ont ouvert un centre pour le dialogue interreligieux à Vienne. Le projet s’est attiré les critiques en Autriche, car il a été initié et financé par l’Arabie saoudite, où règne le wahhabisme qui applique strictement la charia (loi islamique).

Dans un communiqué publié sur le site de leur conférence épiscopale, les évêques allemands également, par la voix du président de la conférence épiscopale allemande, Mgr Robert Zollitsch, archevêque de Fribourg-en-Brisgau, ont qualifié cette situation « d’insupportable » et font part de leur « préoccupation et de leur grande inquiétude ». Aux yeux de Mgr Zollitsch, l’auteur de cette déclaration « ignore le respect de la liberté de religion et la cohabitation pacifique des religions ».

 

 

la Croix

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