A l'origine du mouvement des indigènes, une pétition "nous sommes les indigènes de la république" publiée en janvier 2005 sur le site islamiste Oumma.com (tendance Tariq Ramadan)

Cette pétition violemment antirépublicaine, ethniciste et ultracommunautaire, lancée en janvier 2005 par quelques intellectuels, accusait la France d'avoir une gestion coloniale de ses citoyens issus de l'immigration - notamment par le biais de la loi contre le voile, jugée «discriminatoire, sexiste, raciste» (Marianne N°464)

L'ignoble appel pour les Assises de l’anti-colonialisme post-colonial

Les "indigènes de la République" est un mouvement anti-français et communautaire qui se laisse de plus en plus séduire par le prédicateur islamiste Tariq Ramadan et l'islam politique. Ce mouvement instrumentalise l'histoire coloniale pour alimenter la rancoeur et la haine envers les français de souche accusés d'être des "colons", les populations issues de l'immigration seraient quant à elle d'éternelles victimes. Si il y a bien des problèmes de racisme et de discriminations dans la société française (qui sont bien sûr à combattre), les mettre au même niveau que le colonialisme, qui fût une doctrine prônant l'exploitation et la mise sous tutelle de territoires étrangers par la force, est un amalgame qui joue dangereusement avec l'Histoire. Les indigènes sont soutenus par des intellectuels de gauche comme Pierre Tévanian, Vincent Geisser, François Burgat, Christine Delphy ... Toute cette gauche pro-voile qui, au nom du non racisme, n'hésite également pas à se compromettre avec l'islam politique en France. Les indigènes ont approuvé l'utilisation de la violence dans les banlieues au moment des émeutes de novembre 2005.

  

Certains croyaient à l’époque que ce mouvement ferait long feu, mais il est toujours là et continue de  s’organiser, avec un écho médiatique plus important. Il ne s’agit donc pas de le sous-estimer, mais plutôt de savoir ce qui se cache derrière pour ne pas être surpris dans les années à venir... 

La genèse : affaire du Voile, colonisation positive, Tariq Ramadan et extrême gauche

Le MIR est né dans un double-contexte et suite à un appel aux signataires très divers. Il y a d’abord ce qu’on appelle « l’affaire du Voile » en 2003-2004, quand plusieurs élèves    musulmanes ont été refusées dans leur école à cause de leur hijab, jugé ostentatoire et non conforme à la laïcité française. Le débat n’était pas nouveau puisqu’il était déjà intervenu en 1989,    mais avait été étouffé suite à la lâcheté de Jospin qui s’était départi de sa responsabilité sur le Conseil d’Etat. Entre-temps, et en particulier depuis 2000-2001, les organisations islamistes    (de l’UOIF à tous les groupes autour de Ramadan) s’étaient mieux implantées en France et le voile allait devenir bientôt leur étendard pour stigmatiser l’islamophobie de l’Etat français,    profitant des ambiguïtés de la loi et de la décision du Conseil d’Etat. Ce n’est sans doute pas un hasard si la première « affaire » est intervenue contre les deux filles d’un membre du    MRAP, qui allait faire de l’islamophobie son cheval de bataille, avec un Mouloud Aounit qui a depuis réussi à faire fuir la majorité des membres de son association...Quoiqu’il en soit, le débat a    été vif, a conduit à une loi sur les signes religieux qui a été très vite taxée de « loi coloniale, raciste et islamophobe ». Des associations se sont montées, de « Une école pour    tous(tes) » à « Les Mots sont importants », autour de gens comme Pierre Tévanian et Christine Delphy, tous étant ensuite à l’origine de l’Appel des Indigènes de la République. Ils    étaient appuyés par des groupes plus « communautaires » comme le « Collectif des Musulmans de France », proche de Tariq Ramadan.

L’autre élément de contexte, tout aussi important, a été la loi sur le rôle « positif » de la colonisation (abrogée par la suite), votée à l’Assemblée pour flatter l’électorat pied-noir    mais aussi d’extrême droite. Cette loi a provoqué un tollé quasi-général, mais a été du pain béni pour tous ces groupes qui n’avaient à terme pour objectif que d’attaquer la République,   l’universalisme français, la laïcité et imposer un modèle multiculturel disent-ils mais en fait communautariste. L’Appel lancé début 2005 a profité des restes de l’affaire du Voile et de l’émoi   dû à la loi sur la colonisation pour mobiliser large : en effet, on trouvait dans les signataires des débuts des organisations de défense des Droits de l’Homme, des féministes, des gens de    l’extrême gauche, des artistes dits engagés, des écologistes, des altermondialistes,...et des organisations communautaires à grande majorité musulmanes (cela a changé un peu depuis, on y    reviendra), les premiers étant pour beaucoup des « idiots utiles » comme Bové ou Autain (heureusement certains se sont inquiétés et avaient lu le texte pour ne pas le signer, comme Jean    Daniel dès mars 2005). L’Appel apparut la première fois sur le site proche de Tariq Ramadan, oumma.com. Probablement un hasard... 

Idéologie : une France toujours coloniale, les indigènes contre les « souchiens »

L’Appel dit dénoncer le fait que « la France a été un État colonial [...]. [Elle] reste un État colonial ». Il dénonce les discriminations que subissent les descendants d’esclaves et de    colonisés, et affirme que l’Etat français se comporte avec eux, et en particulier dans les banlieues, comme il se comportait avec les « indigènes » des pays colonisés. Le MIR va plus    loin par la suite quand il affirme que le racisme est intrinsèque à la République, et ce depuis le début (il parle de « racisme républicain ») et qu’il en va de même au sujet de    l’universalisme défendu par la république à la Française. Pour eux, racisme et colonialisme sont synonymes de la République même, il y aurait une « continuité coloniale » entre la   France du XIXè siècle qui a colonisé et celle d’aujourd’hui. La critique va donc bien au-delà de la lutte antiraciste et contre les discriminations, elle attaque les fondements même du pays et    défend au bout du compte une « partition » entre les Français descendants des « damnés de la terre » et les méchants blancs, les premiers étant d’éternelles victimes, les    seconds d’éternels bourreaux. Ceux-ci ont été récemment baptisés par l’égérie du mouvement, Houria Bouteldlja : chez Frédéric Taddei (« Ce soir ou jamais » sur France 3, où elle a    régulièrement droit de cité), elle a employé le mot de « souchiens », jouant habilement sur le mélange « de souche » et le jeu de mots « sous-chiens » (elle s’en    défend bien entendu). Le MIR rejette tout ce qu’il considère comme souchien ou « gaulois », en particulier dans l’enseignement de l’Histoire aux élèves, estimant que les    « indigènes » n’ont aucun intérêt à apprendre une Histoire qui ne les concerne pas.

 Mais le « programme » du MIR, qui veut à présent créer un parti politique, reste nébuleux. On sait ce qu’ils ne veulent pas, ce qu’ils rejettent, mais pas ce qu’ils projettent  d’appliquer concrètement. C’est en voyant qui compose leurs rangs et les combats qu’ils soutiennent qu’on peut sans doute se faire une idée plus précise... 

Au cœur du mouvement : la cause palestinienne, l’antisionisme et un certain islamisme

On peut procéder sur plusieurs couches pour un peu mieux comprendre les Indigènes de la République. On l’a vu, le mouvement a été dès le début soutenu par des gens de l’extrême gauche, des    écologistes ou des altermondialistes, ainsi qu’une partie de l’antiracisme. Logiquement, la cause commune était la lutte contre le colonialisme, le post-colonialisme et bien sûr le racisme et les    discriminations. Pourtant, les « bonnes âmes » qui ont été solidaires au début auraient peut-être dû regarder aux côtés de qui ils se présentaient (ce qu’a finalement fait quelqu’un    comme Clémentine Autain) : le cœur du Mouvement est depuis le début composé d’associations ou de groupes islamiques qui tournent pour la grande majorité dans la galaxie Tariq Ramadan. On    reparlera plus précisément du personnage une autre fois, mais on sait déjà en partie ce qu’il en est...Ainsi, les Indigènes ont fait de l’islamophobie l’un de leurs principaux combats, appuyé par    des revendications « communautaires » et aussi religieuses, et l’attaque « d’ennemis des musulmans », comme Charlie Hebdo (suite à l’affaire des caricatures de Mahomet).    Depuis peu, le MIR a été rejoint par quelques associations « noires » (comme le COFFAD) dans sa lutte contre le néo-colonialisme, mais cela semble peu fonctionner même si des    intellectuels comme Rafaël Confiant leur ont apporté leur soutien ; en effet, les sites qui tournent autour d’un Dieudonné ou d’un Kémi Seba ne semblent pas être (pour le moment) fans du  MIR...

 

 La cause principale, et c’est dans la droite ligne de la base du MIR (extrême gauche et alters compris), que soutiennent les Indigènes de la République c’est bien entendu la cause palestinienne.    En plus d’un antiaméricanisme « classique », le discours du MIR est dans l’antisionisme le plus violent (caricature, parallèles avec le nazisme, théorie du complot,...) et surtout le    soutien aux plus radicaux des ennemis d’Israël. En effet, les héros du MIR ne sont pas les Palestiniens qui veulent faire la paix avec l’Etat hébreu, Fatah compris, mais plutôt le Hamas et le    Hezbollah (certes libanais mais qui lutte pour la Palestine, et surtout contre l'existence d'Israël# ! Bouteldja tresse des louanges à Hassan Nasrallah à chaque fois qu’elle vient chez  Taddei !Logique, pour eux Israël est l’Etat colonial par excellence, n’est et ne sera jamais légitime. Au-delà de l’antisionisme, on sait aussi le discours de ces groupes islamistes sur les   Juifs en tant que peuple comme le Hezbollah et ses émissions antisémites sur sa chaîne Al-Manar, dont nous avons parlé ailleurs...Le vrai visage du MIR est donc bien plus que celui d’un   mouvement qui récupère les luttes contre le racisme, les discriminations et le colonialisme. Pourtant, il suffisait de voir leur manif du 8 mai à Barbès #environ 2000 personnes# pour voir qu’ils    profitent toujours de la confusion pour ratisser encore plus large, aidés par la politique actuelle du gouvernement, le rêve pour ce genre de groupe extrémiste ! Il fallait se pincer pour y    croire : aux effigies de Mandela, Fanon ou Gandhi #et même Louise Michel !# se mêlaient celles de Nasrallah et du Cheik Yassine #fondateur du Hamas qui encourageait les attentats suicide, y    compris ceux des femmes et des enfants, avant d’être mis sur orbite par des missiles israéliens# ; toujours présents également, les drapeaux jaunes du Hezbollah...

On ne sait pas de quoi sera fait l’avenir du MIR, mais il faut espérer qu’il n’est pas sous-estimé par les pouvoirs publics. Il a réussi à instrumentaliser les luttes contre le racisme et le  colonialisme pour défendre pas encore au grand jour) une vision communautariste, et on peut le dire d’inspiration islamiste, contre le modèle républicain français. 

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 Les indigènes de la république sont islamophiles, immigrationistes, pour le port du voile, communautaristes, pro-palestiniens et vouent un culte au fondateur du Hamas Cheik Hassine., à droite sur la photo

Site officiel des indigènes : www.indigenes-republique.org

Autre site des indigènes : www.indigenes.org

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