Les récents événements en Egypte - la publication du nouveau projet de constitution, les décrets du président Morsi et les émeutes qui ont suivi - ont également eu un impact sur la branche salafiste-djihadiste du pays. Tandis que le courant dominant salafiste approuve le projet de constitution et le défend, les salafistes-djihadistes, eux, le rejettent en bloc, le taxant de document « infidèle », et fustige le régime des Frères musulmans (FM) qui l’a rédigé. Parallèlement, ils menacent de mener le djihad contre les progressistes, qui protestent contre la nature religieuse de la constitution.


Les salafistes-djihadistes présentent leurs critiques du projet de constitution dans des articles mis en ligne sur différents sites Internet et réseaux sociaux. Leurs principales objections sont les suivantes :

1. Le projet ne définit pas explicitement l’Egypte comme un pays islamique et n’instaure pas la charia comme source de législation du pays.

2. Il accorde une légitimité à une législation humaine, ce qu’ils considèrent comme une usurpation de l’autorité exclusive de Dieu.

3. Il définit le peuple comme souverain, ce qui, disent-ils, porte atteinte à la souveraineté de Dieu sur l’homme.

4. Il est fondé sur des principes occidentaux, ce qu’ils considèrent comme une imitation des comportements infidèles.

5. Il ne proscrit pas des pratiques considérées comme immorales et corrompues : la consommation d’alcool, la prostitution, l’homosexualité, etc.

Muhammad Al-Zawahiri, frère d´Ayman Al-Zawahiri, leader d´Al-Qaïda, et lui-même l´un des chefs de file des salafistes-djihadistes en Egypte, explique sa position dans un article : « Etablir une constitution ou un [système] juridique (…) qui empêche les individus, le peuple ou les membres du parlement de faire respecter les préceptes et les voies d’Allah, est interdit selon la loi islamique. La souveraineté appartient à Allah seul, sans aucun associé. Un [problème] encore plus grave, [qui revient] à enfreindre une interdiction précise et à dénigrer [le principe de] soumission [à Dieu], est la nomination de personnes comme souveraines à la place d’Allah, le fait de leur octroyer le pouvoir d’autoriser ou d’interdire [certaines pratiques], d’accepter ou de rejeter [des principes], de donner leur aval sur des sujets qui mêlent les lois d’Allah à d’autres lois, opposées à celles d’Allah. Et, chose encore plus grave et plus stupéfiante : [le référendum] vise à ratifier une constitution et des lois en totale contradiction avec les lois d’Allah. »

Consulter le texte intégral en vous abonnant au JTTM (Jihad and Terrorist Threat Monitor) : http://www.memri.org/report/en/0/0/0/0/0/0/6879.htm

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