La charia dé...voilée?

La montée en puissance des islamistes se confirme au sein des groupes armés qui ont conquis trois grandes villes du nord du Mali: Kidal, Gao et Tombouctou. Appliquant la charia (la loi islamique), ils invitent les femmes à porter de voile et menacent de couper la main aux éventuels voleurs.

 

Depuis l'arrivée du groupe armé djihadiste, Ansardine, lundi à Tombouctou, cette cité touristique du nord du Mali vit sous les règles de la loi islamique.

 

"Tout le malheur des peuples est dû à leur manque de foi à Dieu et parce qu'ils ont abandonné la pratique de la charia, que nous avons transformée à notre manière sous l'égide des Blancs occidentaux. C'est à cause de ça qu'il y a aujourd'hui des misères, du libertinage et autres fléaux de nos sociétés", a déclaré sur 'Radio Bouctou', à Tombouctou, Iyad Ag Ghali, l'ancien chef rebelle des années 1990, fondateur du groupe islamiste armé 'Ansardine', reconnu parmi les groupes armés qui ont pris la ville de Tombouctou.
Les membres du groupe islamiste ont pris le camp militaire qui était défendu par des miliciens arabes, puis y ont planté deux drapeaux: celui du Mali (Vert jaune et rouge) et celui de leur groupe, un fanion noir sur lequel est inscrit «Allah Akbar» (Dieu est grand) en arabe.

Si le MNLA (Mouvement National de Libération de l'Azawad) était jusque-là connu pour être un acteur important dans la conquête de cette région, la suprématie des groupes islamistes, Ansardine et AQMI (Al Qaïda au Maghreb Islamique) s'est confirmée avec la chute de Tombouctou.

«Les gens ont reconnu plusieurs étrangers parmi les islamistes dont des Nigérians, des Mauritaniens et des Algériens», dit un habitant.

Toutefois, alors que le MNLA déclare se battre pour l'indépendance de la région du nord, le groupe islamiste Ansardine, lui, voudrait voir conserver les frontières actuelles du Mali, mais transformer le pays en une République islamique sous la charia, demandant aux femmes de «se voiler».

Cette poussée de l'islamisme inquiète des femmes maliennes qui sont plutôt habituées à des accoutrements non imposés.

«Je n'aimerais pas vivre dans un pays où les vêtements et les coiffures que l'on porte sont contrôlés. C'est pour ça que j'ai peur que les islamistes parviennent à étendre leur domination sur le Mali. Les femmes vont souffrir si cela arrive», a déclaré Kadiatou Samaké, gérante d'un salon de coiffure pour les femmes à Bamako.
Des exactions sont dénoncées, les femmes étant particulièrement ciblées. «A Gao, des femmes ont été violées et d'autres ont été enlevées», a affirmé la présidente de la Commission nationale des droits de l'Homme au Mali, l'avocate Kadiatou Sangaré.

En outre, les populations de Gao sont dans une situation alimentaire critique, les rebelles ayant «cassé des boutiques et des magasins et pillé des stations d'essence. On ne peut plus s'approvisionner en vivres ici», a dit un autre habitant au téléphone.

Par ailleurs, le consulat d'Algérie à Gao a été attaqué jeudi matin par un groupé islamiste armé qui a enlevé le consul et 6 de ses collaborateurs qu'ils ont emmenés vers une destination inconnue. Le gouvernement algérien a confirmé cet enlèvement dans la journée.

 

 

 

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