Le MNLA qui a déclenché les hostilités dans le nord du Mali, est en train de perdre son pari d’y instaurer une République de l’Azawad. De plus en plus, il est mis à l’écart par ses principaux alliés.

C’est le Mouvement Nationale de Libération de l’Azawad qui a déclenché la rébellion en s’attaquant à la garnison militaire de Ménaka, le 17 janvier 2012. Pour ce faire, le mouvement indépendantiste a bénéficié de l’aide très décisive des courants djihadistes, d’Ançar Dine et du Mouvement unifié pour le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), des cellules terroristes d’Aqmi et des narcotrafiquants. Le Mnla et ses complices ont fait cause commune jusqu’à l’occupation totale des trois régions du nord les 30 et 31 mars et le 1er avril.

Le 06 avril, l’indépendance est proclamée unilatéralement par le Mnla. Ce qui n’a pas été du goût de son principal allié, Ançar Dine, qui entend rester dans le giron national et instaurer la loi islamique (charia) sur tout le territoire national.

Cependant, pour s’acheter la moindre légitimité, l’un et les autres doivent compter avec les populations locales composées en grande partie de communautés sédentaires noires. Et là, les approches sont différentes voire antagonistes.

Dès leur entrée dans les différentes localités conquises, les éléments du Mnla se sont livrés à des actes de vandalisme, de saccages, de pillages, de vols et, pire, de viols, mutilations, exécutions sommaires. Certains de ces actes sont dénoncés dans un récent rapport que vient de publier l’Ong Human right watch. Ce rapport, qui épingle principalement les indépendantistes, confirme de nombreux témoignages en provenance des localités concernées d’où des habitants continuent à actionner la sonnette d’alarme. Et toutes ces voix s’accordent pour dire que les monstres qui sont en train de terroriser les populations restées sur place ne sont autres que les hommes de Mohamed Ag Najim et de Bilal Ag Cherif. Ceux qui, pour justifier leur agression, se plaignaient du manque de développement d’un nord négligé par les autorités centrales ont réussi le tour de force de détruire tout ce qui avait été péniblement consenti en termes d’efforts de développement depuis des décennies. Plus grave, aucune action n’est possible pendant longtemps, les partenaires au développement ayant déserté les lieux. Ils ne sont pas les seuls : plus de 350 000 personnes, toutes communautés confondues, ont préféré prendre le chemin de l’exil plutôt que de cohabiter avec leurs nouveaux maîtres, les monstres en turban. En un peu plus d’un mois, «les hommes en bleu» ont revêtu les atours repoussoirs des «démons à l’âme noire». La cause ? Après avoir dépensé en armes et munitions tout le magot qu’ils ont constitué du temps où ils étaient mercenaires en Libye, les Touaregs du Mnla en sont réduits à vivre d’expédients, de rackets dans les petits villages où ils s’emparent du bétail (y compris du petit) des populations sans défense.

Après avoir dépensé en armes et en munitions tout le magot qu’ils se sont constitués quand lis faisaient le mercenaire en Libye, les Touaregs en sont réduits à vivre d’expédients, rackettant dans les petits villages, s’emparant de petits bétails. Pourquoi les petites localités ?

Parce que du côté des alliés également, la lune de miel est terminée. Le Mnla est contenu aux confins des localités voire dans les campagnes où ses « combattants » sont priés avec insistance d’aller s’occuper de leurs chèvres et de leurs poux.

Dans les villes, les islamistes sont parvenus à entretenir des relations privilégiées avec les autochtones. Ayant commencé leur implantation depuis longtemps, avant même de commencer leur prosélytisme actif, les jihadistes se sont mélangés aux populations. Nombreux sont ceux d’entre eux qui se sont mariés avec des femmes du milieu, un milieu dans lequel ils se fondent aisément maintenant.

Dans différentes localités du nord, les jeunes (y compris ceux issus des communautés noires sédentaires) ont rejoint les rangs des islamistes, espérant gagner quelque chose (emploi, fonds de commerce, occupations, etc.). Aujourd’hui, ce sont les groupes islamistes qui assurent la police et la justice (selon la charia), ravitaille les habitants (en vivres et en carburant), remettent les gens au travail, organisent l’administration et la société civile.

Ce qui rend quelque peu problématiques l’intervention de forces étrangères et le retour des autorités légales accusées par les populations de les avoir abandonnés.

Abdel HAMY

Source : Le Katois/http://maliactu.net/2012/situation-securitaire-le-mnla-perd-le-nord.html

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