Des propos critiques d'un militant laïc berbère sur les manuels scolaires qui "présentent le prophète Mahomet comme véhiculant un discours terroriste" ont suscité un tollé au Maroc, un organisme officiel des droits de l'Homme plaidant toutefois  pour la "liberté d'expression".

Lors du congrès de l'Association marocaine des droits humains (AMDH), le 21 avril, ce militant, Ahmed Assid, a déploré que "les manuels scolaires présentent les lettres du Prophète Mahomet aux rois de l'époque --les appelant à se convertir à l'islam-- comme véhiculant un discours terroriste et menaçant".

"Dans le contexte de l'époque, la violence de ces lettres peut être comprise, mais aujourd'hui, telles qu'elles sont présentées par les manuels scolaires, on peut penser qu'elle véhiculent un discours terroriste. Ils doivent être réformés", a-t-il expliqué.

Les milieux conservateurs ont par la suite dénoncé ces propos, un prédicateur salafiste qualifiant Ahmed Assid de "criminel" et "ennemi de Dieu".

Le chef du gouvernement, l'islamiste Abdelilah Benkirane, a aussi exprimé sa réprobation. Il n'est "pas raisonnable de parler ainsi du Messager d'Allah (...). Ce n'est pas raisonnable et je n'accepterai pas ça", a dit M. Benkirane, lors d'une réunion de son parti Justice et développement (PJD).

Interrogé par l'AFP, le président du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH, officiel), Driss El Yazami a en revanche déploré la polémique, jugeant "essentielle" la "liberté de pensée et d'expression".

Dix-huit associations marocaines ont également exprimé dans un communiqué leur soutien à M. Assid, par ailleurs chercheur au sein de l'Institut royal de la culture amazighe (Ircam), un institut officiel créé il y a plus de 10 ans.

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