Affaire Merah vue de la gauche.

Ce garçon né dans une famille défavorisée n'a pas pu s'intégrer car il a connu dès l'adolescence le racisme rampant dû à son nom. Bien que Français par sa naissance, le délit de faciès et de patronyme s'est exercé sournoisement en ville ou plus directement lorsqu'il a commis des actes d'incivilité. Alors qu'il aurait dû être soutenu pour sortir de la petite délinquance inhérente à la crise des adolescents qui n'ont pas la chance d'être sous l'autorité d'un père, il a été abandonné au diktat des quartiers de non-droit.

Emprisonné trop jeune, il a subi en détention l'insupportable loi du milieu carcéral qui produit dans notre pays de futurs bandits au lieu de procéder à la mission de réhabilitation et de restructuration qui est sa vocation.

Il a tenté de sortir de cette spirale infernale dans laquelle il se sentait entraîné malgré lui, en voulant intégrer le corps militaire. Son double échec, dû à son passé de jeune indocil, a fomenté une légitime révolte contre le système. Il s'est jeté alors dans les bras des fondamentalistes, sans très bien apprécier le chemin sur lequel il s'était engagé. Son comportement social très urbain au retour de ses voyages en Asie dit assez combien il était dans le paradoxe de ces enfants de la République qui se sentent perdus au milieu de deux traditions et étrangers dans leur propre pays !

Sa révolte s'est alors focalisée sur des victimes de circonstance et proches de sa résidence, sans qu’il mesure réellement la férocité de ses actes.

C'est un grand échec pour notre communauté nationale et les politiques sécuritaires qui ont discriminé et fait éclater le corpus social !

Affaire Merah vue du centre.

Du centre, le champ de vue est étroit et le jugement par conséquent lapidaire. Les nombreux débats successifs sur la laïcité, la citoyenneté et l'identité nationale ont perverti la société en stigmatisant certaines communautés. Il n'est pas étonnant alors que ces humeurs rebelles se fassent jour et conduisent à de tels actes inhumains.

Affaire Merah vue de haut.

Le jeune Merah s'est insurgé contre une société qui lui a donné les chances de l'instruction, l'habitat, la santé et même l'assistanat. Il a été aidé passivement ou activement dans ses délires justiciers par ses proches ou de bons « cousins » éloignés. Il a « convoqué » à sa fin des centaines d'agents et fonctionnaires des grands corps régaliens, jusqu'au Président.

C'est beaucoup pour un seul homme !

Affaire Merah vue du Café du Commerce.

15 délits à 23 ans, ça fait un sacré record ! Gonflé le gus. En plus, y voyageait loin. Devait être curieux – ou furieux ! Pourquoi y l'ont pas chopé vivant ? Maintenant y va faire un martyr. Et on va plus causer de lui que des gens assassinés.

 

 

 

Henri Gizardin
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