Une attaque par des hommes armés dans une église chrétienne du nord-est du Nigeria a fait six morts hier soir, au lendemain de l'expiration d'un ultimatum des  islamistes Boko Haram pour que les chrétiens quittent le nord musulman. Des hommes armés ont attaqué jeudi soir une église du nord du Nigeria où se déroulait un service religieux, tuant au moins cinq personnes et en blessant plusieurs autres.

Le pasteur Johnson Jauro a affirmé que des assaillants avaient ouvert le feu dans son église à Gombe, capitale de l'État du même nom, tuant sa femme et deux autres personnes. Il a fait cette déclaration dans un hôpital de la ville où des soldats et des policiers montaient la garde. Deux autres personnes ont ensuite succombé à leurs blessures à l'hôpital. Un reporter de l'Associated Press a vu les corps.

Un policier de la ville, Ahmed Muhammad, a confirmé l'attaque mais n'a pas voulu dire combien de personnes avaient été tuées ou blessées.

Cette attaque survient alors que le Nigeria fait face aux menaces de la secte islamiste Boko Haram. Le président Goodluck Jonathan a récemment déclaré l'état d'urgence dans certaines régions du pays compte tenu des menaces de la secte, mais l'État de Gombe, situé à environ 570 kilomètres de la capitale, ne fait pas partie des régions couvertes par l'état d'urgence.

La veille, trois attaques à la bombe avaient déjà secoué des villes du nord-est du Nigeria, où l'état d'urgence a été décrété ce week-end par le président nigérian Goodluck Jonathan alors qu'avait expiré l'ultimatum adressé par les islamistes Boko Haram, qui ont revendiqué ces explosions.

La secte islamiste nigériane Boko Haram a-t-elle mis à exécution sa menace de s’en prendre aux forces gouvernementales dans les zones touchées par l’état d’urgence ? L’attaque menée le 3 janvier dernier contre un commissariat de police à Birniwa, dans l’Etat de Jigawa (nord du Nigeria) le laisse croire. La secte semble décidée à semer la graine de la violence au Nigeria. Outre les attentats, elle veut ouvertement une partition du géant ouest-africain entre un nord musulman et un sud chrétien et animiste. C’est, en tout cas, ce qu’il faut comprendre avec son ultimatum de 3 jours donné, le jour de l’an, aux chrétiens vivant dans les Etats du nord de quitter cette région et aux musulmans dans le sud de faire le chemin inverse.

Le secte mène des attaques de plus en plus sophistiquées et meurtrières afin de réclamer l'application stricte de la loi islamique dans ce pays multiconfessionnel de 160 millions d'habitants.

Boko Haram, dont le nom signifie «l'éducation occidentale est un péché» en langue haoussa, est responsable de la mort d'au moins 500 personnes en 2011, selon un décompte établi par l'Associated Press. Le groupe a revendiqué l'attaque qui a tué au moins 39 personnes dans une église d'Abuja le jour de Noël.

 

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