Depuis la fin 2011, et plus précisément les fêtes de la nativité et du nouvel an, au Nigéria une ultra violence est organisée systématiquement. depuis le début des premiers attentats à l’encontre des chrétiens, commis par des fondamentalistes musulmans, radinrue.com s’est donné une priorité dans le traitement de cette actualité. Ce dossier a été réalisé par des contacts sur place ainsi que par des correspondants de radinrue.com.

 

fond ★ Les tensions au Nigeria sont courantes dans le Nord du pays, mais depuis la fin de l’année 2010 la situation est devenu très inquiétante, les chrétiens du Nigéria n’hésitent plus à parler de "nettoyage ethnique". Face à la menace intégriste de Boko Haram, chrétiens protestants et catholiques comptent s’organiser et se défendre, faisant lentement régner sur le Nigeria une perspective de jours sombres sur de guerre civile opposant diverses ethnies et propagés par une haine de la part du musulman envers le chrétiens „Au Nigeria nous sommes en face d’une guerre de religions, les victimes sont toujours des chrétiens, ce sont eux les premiers à être attaqués et ce sont eux qui tombent victimes des musulmans, et non inversement, affirme sur Radio Vatican Tomasz Korczyński de la Fondation Pontificale de l’aide à l’Église en Détresse, (lire).

Les combats se poursuivent dans le pays, et si le président de la république a instauré un couvre-feu et un état d’urgence au nord, les combats entre l’armée et les membres du groupe Boko Haram se poursuivent, ainsi hier ont dénombrait plusieurs points où des combats se tenaient entre police et les commandos des extrémistes musulmans, comme dans la bourgade de Potiskum - Etat de Yobe, la police a parlé de morts et de blessés, selon des témoins au moins 3 personnes auraient été tués.

Les chefs des communautés chrétiennes, aussi bien protestants que catholique ont annoncé une mise en place par les extrêmes musulmans d’un nettoyage ethnique et systématique des chrétiens dans le pays. Les chrétiens ont déclaré "avoir le droit de se défendre" et on dès à présent avertit : "on le ferra, c’est notre devoir et droit."

Les chrétiens ont dénoncé avec force les meurtres commis par dizaines par des musulmans sous l’influence de Boko Haram. Une situation intolérable et face à laquelle le silence des états, au niveau international, ainsi que la médiatisation timide de la situation au Nigéria restent un scandale intellectuel frappant ; certains journalistes français n’hésitent pas à remettre en question l’appartenance des assassins de la nuit de noël, qui ont tués près de 70 personnes, en écrivant : "les récents meurtres de dizaines de chrétiens par des islamistes présumés"....

Or, les attaques contre les chrétiens sont bien revendiquée par Boko Haram, que certains se complaisent encore à qualifier de "secte" comme pour dédouaner l’action réelle des islamistes au Nigéria. Haram n’est pas une secte, c’est une communauté intégriste certes, mais une communauté qui prône un islam qui dans cette partie du monde, n’importe quel musulman accepte en tant que tel, Boko Haram a un but simple : celui de vider le nord du pays des chrétiens, quitte à les massacrer, y instaurer la charia, et déclaré le Nord fondamentalement musulman. Un tel programme jusqu’à présent n’est pas unique. Il se produit dans divers pays africain, et différence mondiale n’est pas anodine, masquer les responsabilités et les identités des assassins est le meilleur moyen de faire croire à l’opinion, que ce qui se passe, par exemple au Nigéria, est certes "tragique" mais reste "isolé". Un mensonge !

2012 continu a égrainer les morts, ainsi une recrudescence des violences est revenue sur la scène publique du Nigéria depuis la fin de la semaine dernière. Plusieurs attentats, et des affrontements à l’arme de guerre ont eu lieu dans divers points stratégiques du nord-est nigérian. Il y aurait 39 morts. Peu avant, les islamistes avaient lancé un "ultimatum" à l’encontre des chrétiens. C’était le 3 janvier, Boko Haram s’adressait aux chrétiens vivant dans le nord du Nigeria : « Vous avez trois jours pour quitter le pays ». La région concernée est peuplée par une majorité de confession musulmane. Cet ultimatum a été porté par Abul Qaqa, porte-parole du groupe terroriste.

Samedi, se sont donc réunis ensemble les principaux représentants des chrétiens qui peuplent le Nigéria. Ils ont souligné que "le schéma de ces tueries nous fait effectivement penser à un nettoyage ethnique et religieux systématique", comme le résumait Ayo Oritsejafor, chef de l’Association chrétienne du Nigeria (CAN), regroupant protestants et catholiques.

"Ce type d’évènements nous rappelle les débuts de la guerre civile qui a eu lieu au Nigeria", s’est inquiété le chef de la CAN, dans une allusion à la sanglante guerre sécessionniste du Biafra qui avait fait environ un million de morts de 1967 à 1970.

Les chrétiens ont le droit, et le feront, de se défendre à déclaré l’organisation CAN, la manière avec laquelle les communautés protestantes et catholique du pays mettront en place cette défense n’a pas été précisée. La perspective de la mise en place de milices chrétiennes n’est pas a exclure, le raz-le -bol, la colère et la peur sont des facteurs non négligeables et qui peuvent aboutir à une guerre effectivement civile.

Vendredi 6 janvier, fête de l’Épiphanie, les attaques furent relativement sanglante, notamment dans l’état d’Adamawa - ou un couvre feu à depuis été mis en place, c’est en effet dans cet état qu’a eu lieu l’attaque la plus meurtrière des derniers jours avec la mort de 17 personnes vendredi à Mubi, dans des tirs sur un rassemblement de chrétiens en deuil. Le même jour, dans une église de Yola, ville appartenant au même état, des hommes ont ouvert le feu sur des fidèles ne prière, le bilan est de 10 morts, dont des enfants. D’autres attaques contre des églises, dans d’autres états du nord, on fait plus de 15 morts au total.

Le groupe musulman fondamentaliste a revendiqué tous ces crimes : "Ces attaques sont l’une des conséquences de la fin de notre ultimatum" demandant aux chrétiens de partir des régions où ils sont en minorité, a déclaré vendredi à la presse Abul Qaqa, au nom de Boko Haram.

Fin décembre, l’Agence de Presse Catholique "FIDES" expliquait les origines de Boko Haram, citation :

 

 

« Boko Haram » se traduit par la locution « l’éducation occidentale est interdite ». Il est cependant intéressant de remarquer qu’à l’intérieur même de la communauté musulmane, il existe des notions contrastantes de la signification du terme « Boko ». En effet, le terme a souvent été utilisé en relation avec un autre substantif, « Ilimin » qui signifie éducation. Ainsi, l’expression Ilimin Boko a été utilisée pour se référer de manière méprisante à l’instruction occidentale, la distinguant de la seule forme d’éducation possible dans une société musulmane, à savoir la Ilimin Islamiyya, c’est-à-dire l’éducation islamique. L’Ilimin Islamiyya est une forme de catéchèse centrée sur les enseignements du Coran récités par cœur et constitue la voie pour introduire les enfants dans la foi de l’islam. L’enseignement est imparti en langue arabe.

Avec l’arrivée de la colonisation britannique et l’introduction d’un système éducatif occidental, une opposition s’est créée entre Ilimin Islamiyya et Ilimin Boko. Cette dernière fut considérée comme inférieure et suspecte parce qu’elle n’enseignait pas le Coran ou l’islam. De surcroît, la langue utilisée était l’anglais. Pour l’élite islamique locale donc, l’homme blanc et ses enseignements incompréhensibles étaient souvent associés à la sorcellerie (Boka).

Lorsque les missionnaires et l’Etat colonial lancèrent des programmes d’instruction dans le nord du Nigeria, les classes dirigeantes musulmanes demeurèrent méfiantes. Elles décidèrent pour cette raison d’envoyer dans les « écoles des blancs », à titre expérimental, les enfants des esclaves et des strates inférieures de leurs communautés. Il a fallu du temps avant que les classes dirigeantes du nord commencent à apprécier les valeurs de l’éducation comme instrument de modernisation et commencent à envoyer leurs propres enfants à l’école. Mais les enfants de la première génération des élites musulmanes qui fréquentèrent l’école occidentale furent souvent objet de dérision de la part de leurs camarades et de leurs amis. Ce préjudice persiste encore aujourd’hui et c’est pour ce motif que l’éducation occidentale est qualifiée de Haram (interdite). La défiance vis-à-vis de l’éducation occidentale est démontrée par le faible taux de scolarisation dans tous les Etats du Nord. Aujourd’hui, plus de 80% des parents musulmans des zones rurales mais également urbaines du Nord, continuent à refuser d’envoyer leurs enfants à l’école pour acquérir une éducation occidentale. La situation des jeunes filles est encore plus mauvaise parce que moins de 10% des fillettes vont à l’école. Des nuées d’enfants musulmans qui aujourd’hui errent dans les rues du Nigeria sont des diplômés des écoles islamiques, sous la conduite d’un enseignant itinérant (le Mallam).

Ces jeunes sans travail constituent la lymphe qui alimente des sectes telles que la Boko Haram et autres mouvements millénaristes similaires, qui fleurissent de temps à autre dans le nord du Nigeria. Aujourd’hui, les simples musulmans se sentent accablés par les changements rapides qui interviennent dans leur société. Incapables d’accéder aux instruments de modernisation, ils sont demeurés en grande partie en dehors du circuit du pouvoir. Dans les plus importantes villes de leurs Etats, presque toutes les activités sont gérées par des personnes qu’ils considèrent étrangères : presque tous les commerçants sont du sud et presque tous sont chrétiens. Ces derniers ont introduit des habitudes comme la consommation d’alcool, les fêtes chrétiennes, et un style de vie différent qui alimente la peur des simples musulmans pour l’avenir de leurs familles et de leur foi. Les responsables de la secte Boko Haram ont profité de cette situation en affirmant qu’il faut se défendre des « contaminations » extérieures et revenir à une société pleinement islamique y compris pour faire face aux carences de l’Etats nigérian.

 

RADINRUE.COM a largement ouvert ses colonnes à ce qui se passe au Nigeria, voir les articles.

citation à propos de l’histoire de Boko haram : Fides.org

www.radinrue.com, photo RR/ DR

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